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Projet « Donko Ni Maya » : LA CULTURE COMME MOYEN DE LUTTE CONTRE LA CRISE

Financé par la Coopération allemande, il sera développé autour du soutien à la production culturelle urbaine, de la diffusion d’initiatives de la création culturelle et du renforcement institutionnel

Mme N’Diaye Ramatoulaye Diallo préside la première session du Comite de pilotage

La ministre de la Culture, Mme N’Diaye Ramatoulaye Diallo a présidé hier la première session du Comité de pilotage du projet « Donko Ni Maya ». C’était en présence notamment de l’ambassadeur d’Allemagne Dietrich Becker, des représentants de la Fédération des artistes du Mali (FEDAMA) et de l’Union des associations des artistes, producteurs et éditeurs du Mali (UAAPREM).
Ce projet est d’une importance toute particulière pour deux raisons. Il est doté d’un budget de 2,5 millions d’euro soit un peu plus de 1,6 milliard de Fcfa. Jamais un projet de soutien à la culture malienne venant d’un seul pays n’a atteint un tel montant. En second lieu, la Coopération allemande qui s’intéressait jusqu’à présent à d’autres secteurs, se tourne vers le développement des activités artistiques et culturelles, estimant que celles-ci contribuent à la paix, à la prévention des conflits et à la lutte contre le chômage. C’est pourquoi, dira l’ambassadeur d’Allemagne, la prévention de la crise et le renforcement de la cohésion sociale à travers le secteur de la culture, est une nécessité pour le département allemand des Affaires étrangères. Ce projet est donc une opportunité pour les acteurs de la culture notamment la couche juvénile en manque de repères. Son objectif est d’offrir des alternatives aux jeunes face aux positions extrémistes religieuses. L’idée est de leur donner en tant qu’agents du changement un rôle positif et actif dans la lutte contre l’extrémisme violent. C’est une manière d’assurer leur participation politique, via des formes d’expression culturelle, au processus de renforcement de la cohésion sociale et de la prévention des crises.
«Donko Ni Maaya», est un projet de prévention de crise et de renforcement de la cohésion sociale à travers la promotion du secteur de la culture au Mali. Il est mis en œuvre par la GIZ pour le compte du ministère fédéral allemand des Affaires étrangères. Le projet sera développé autour de trois principaux champs d’actions : le soutien à la production culturelle urbaine, le soutien à la diffusion d’initiatives de la création culturelle ainsi que le conseil politique et le renforcement institutionnel dans la promotion du secteur de la culture immatérielle. Sa zone d’intervention principale est Bamako avec l’ambition de produire un effet de rayonnement sur toute l’étendue du territoire. Pour la ministre de la Culture, « donko » ou l’art en bambara vaut plus l’argent et plus que l’or. Pourquoi ? Parce que l’art est une ressource infinie, inépuisable, que l’on ne peut enlever à celui qui le possède. En outre, le « donko » est une ressource que l’on peut partager sans jamais s’appauvrir. Mieux, cette ressource ne se multiplie et ne se bonifie que lorsqu’elle est mise en commun, lorsqu’elle est partagée.  Quant au « maaya » ou l’humanisme en bambara, la sagesse malienne le définit comme étant un lien, un réseau des liens du vivre ensemble. Au Mali, depuis le 13ème siècle, ces liens ont été pensés et convertis en pactes et en alliances, érigés en normes et en valeurs sociétales pour notamment prévenir les conflits et faciliter le vivre ensemble. Les drames qui endeuillent actuellement notre pays ne sont que la manifestation de la rupture brutale de ces liens, et la remise en cause de notre « maaya ».   Mme N’Diaye Ramatoulaye Diallo a ensuite fait remarquer que « présentement, la crise persistante que traverse le pays incite à reléguer au second plan les actions culturelles au moment même où elles devraient être amplifiées pour reconstruire la mémoire en perte de repères, de valeurs sociales et conforter le vivre ensemble » L’ambition de ce projet « Donko Ni Maaya » est d’amplifier les actions culturelles afin d’y puiser des solutions à la crise. Elle rappellera à ce propos que notre pays a une riche tradition de gestion des crises, aujourd’hui marginalisée ou galvaudée.
Quelque soit la complexité d’une situation de crise, les différentes formes du « sinankuya » (parenté à plaisanterie)  et les interventions des « nyamakala » (griots) étaient en mesure de la réduire.
Youssouf DOUMBIA

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