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Pari mutuel urbain : LES POINTS DE COURSES EN DIRECT, UN REFUGE POUR BEAUCOUP DE PARIEURS

Le siège d’un PCD dans un quartier de Bamako

à travers tout le pays, on compte 47 points de courses en direct dont 28 à Bamako.

Nous sommes dans un point de courses en direct (PCD) sis à Magnambougou. La salle est pleine à craquer. Des yeux imperturbables des parieurs sont fixés sur l’écran. C’était une partie de quinté, une course à laquelle assistaient les parieurs. Elle consistait à trouver les 5 chevaux à l’arrivée dans l’ordre ou le désordre.
Communément dénommés «diguinkononla», les points de courses en direct ont été lancés en octobre 2007 par le Pari mutuel urbain (PMU). Il sont devenus, aujourd’hui, de vrais centres d’occupation pour beaucoup de parieurs. A travers tout le Mali, on compte 47 points de courses en direct dont 28 à Bamako.
Ils se composent d’une salle principale et d’une salle VIP dont l’accès est conditionné au paiement de la somme de 2000 FCFA pour toute la journée avec consommation. Les points de courses en direct sont ouverts du lundi au dimanche. Sauf les jours de fête. Une responsable de la direction de l’exploitation du PMU que nous avons rencontrée au siège a expliqué le fonctionnement de ces points de courses. Ainsi, dira-t-elle, dans les agences, il y a des écrans sur lesquels les parieurs suivent en direct toutes les courses proposées dans la journée. Dès que l’arrivée est validée, les gagnants se font payer sur le champ. La création des points de courses en direct s’inscrit dans le cadre de la politique d’innovation et de diversification de produits du PMU-Mali, a-t-elle ajouté.
En effet, plusieurs produits du Pari mutuel urbain sont, aujourd’hui, disponibles au niveau des PCD. Il s’agit des paris simples consistant à parier sur un cheval unique. Le second lot, appelé les paris composés, propose plusieurs paris. Il s’agit, entre autres, du jumelé ordre, jumelé gagnant, jumelé placé, du trio, quinté et triplet.
Notre interlocutrice explique la différence entre les PCD et les kiosques PMU. «Ainsi, les PCD sont ouverts tous les jours alors que les kiosques travaillent 4 à 5 fois par semaine. En plus, l’ambiance est festive dans les points de courses que dans les kiosques. «Nous avons l’impression d’assister à un match de football dans les PCD», a-t-elle commenté.
De son côté, Mme Sylla Tenin Diarra, chef d’agence adjointe à Magnambougou a affirmé que si l’ambiance est généralement paisible, parfois, certains parieurs arrivent difficilement à digérer leur défaite. Ils profèrent des injures très graves. « Quand d’autres perdent, ils proposent aux guichetiers des parfums, des vêtements. Certains sollicitent des crédits. Tout ceci est prohibé par les règlements du PCD. Il est également interdit aux jeunes de moins de 18 ans de parier. Nous les expulsons même si quelqu’un les commissionne», a-t-elle souligné. Autre réalité, les jeunes hommes viennent passer toute la journée dans la salle au lieu de rester à la maison. C’est devenu aussi un vrai refuge pour certains chefs de famille qui n’ont plus d’emplois. « Pendant 5 ans, une femme croyait que son époux partait au boulot alors que celui-ci avait perdu son job et venait se réfugier au PCD», a laissé entendre Sylla Tenin Diarra. S’agissant des avantages économiques engendrés par la création de son PCD, la responsable adjointe dira que beaucoup d’emplois ont été créés aux alentours (ouverture des boutiques, installation de parking et des gargotes.)» Le point de courses de Magnambougou suscite l’indignation des voisins, a reconnu SyllaTenin Diarra. «Nous garons nos véhicules devant les concessions des voisins. Ils s’en plaignent. l’emplacement de notre PCD n’est pas bon car nous sommes dans un carré» a déploré Mme Sylla.
Selon Moussa Danfaga, un vétéran du jeu PMU, les PCD sont plus avantageux que les Kiosques, en ce sens que le paiement se fait au plus tard dix minutes après la victoire dans les PCD. Pour lui, si le parieur joue un billet qu’il n’apprécie pas, il peut l’annuler avant la course. Un autre point avantageux est que l’argent déboursé pour un cheval non partant sur lequel un parieur a misé lui est remboursé. De son côté, un quadragénaire, concentré sur son programme étalé sur une table, ajoute : «Les points de courses en direct paient plus que les kiosques. Il y a une série de courses par jour, donc à chaque 15 min, il y a un départ». Pour lui, les PCD distraient beaucoup de personnes qui pourraient s’adonner à des activités mafieuses capables de compromettre la tranquillité des citoyens. «C’est un calvaire mais nous n’avons pas le choix», a t-il souligné. Moussa Danfaga, lui dira : « Je suis menuisier quand je ne travaille pas je viens jouer contrairement à certaines personnes qui refusent carrément de travailler pour rester au PCD. Il y a aussi des gens pour ramasser les billets jetés par les novices. S’il y a un cas de non partant, ils vont chez le guichetier pour retirer l’argent ».
Ici c’est un autre monde, poursuivra-t-il, en ajoutant que certains apportent des sommes d’argent incroyables. D’autres peuvent gagner de gros montants et être tentés davantage. « Un homme a gagné 400 000 FCFA et après avoir rejoué, il n’est réparti à la maison qu’avec 25 000 FCFA», raconte Moussa Danfaga.
Mohamed D
DIAWARA

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