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Faune sauvage : QUAND LES POPULATIONS VEILLENT SUR LEUR HIPPOPOTAME

Dans la Commune rurale de Toguéré-Coumbé (Région de Mopti), les habitants de deux villages veillent jalousement sur un pachyderme qui vit paisiblement dans un cours d’eau.

Le monde célèbre chaque année, le 15 février, la Journée internationale dédiée à la protection de l’hippopotame. Cette célébration a pour but de protéger cette espèce qui est aujourd’hui l’un des mammifères emblématiques les plus menacés d’extinction à l’échelle mondiale. Dans notre pays, les hippopotames sont menacés à la fois par la sécheresse et surtout par le braconnage.
Animaux des marais et des forêts d’Afrique, les hippopotames appartiennent à la famille des «mammifères cétardiodactyles». Un ordre de mammifères ongulés qui possèdent un nombre paire de doigts (2 ou 4). Particularité qu’ils ont en commun. Ces mammifères, dont de nombreuses espèces se sont déjà éteintes, sont représentés par deux espèces vivantes, à savoir l’hippopotame amphibien et l’hippopotame nain, dont l’espérance de vie est d’environ 40 ans.
Il faut indiquer que l’hippopotame a rejoint depuis 2006 la longue liste des animaux menacés de disparition. Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), les hippopotames sont en voie de disparition. La destruction de leur habitat naturel, le braconnage sont, entre autres, les menaces qui ont milité en faveur de leur inscription sur la liste rouge de l’UICN.
Les habitants de deux villages de la Commune rurale de Toguéré-Coumbé (Région de Mopti) semblent avoir bien compris l’importance de protéger leur hippopotame. En effet, un hippopotame vit paisiblement depuis 30 ans dans le cours d’eau appelé Mayel. Désigné sous le vocable N’Gabbou Mayel (l’hippopotame de Mayel), le pachyderme bénéficie d’une protection particulière de la part des habitants des deux villages : Mayel Kôndo et Mayel Tari. Les deux localités totalisent à peine 1000 âmes avec lesquels N’Gabbou (l’hippopotame) semble avoir contracté depuis longtemps des liens frôlant la fraternité. «Pour moi, cet animal fait partie de la famille et même de mon enfance, car je ne crois pas que je suis plus âgé que lui», nous a confié Afô Ousmane Tioulenta, 1er adjoint au maire de la Commune rurale de Toguéré-Coumbé.

LA SOLITUDE- Les habitants de la contrée s’inquiètent de la solitude de cette femelle. « C’est une femelle qui est seule depuis des années. Si nous le pouvions, nous trouverions la solution à sa solitude», regrette le maire Tioulenta.
Pour sa part, N’Gadda se souvient qu’en 2013, des hommes ont débarqué à Mayel avec l’intention d’abattre le seul hippopotame des deux villages. « Ils voulaient, disaient certains, en faire un sacrifice pour la campagne électorale et selon d’autres, ils voulaient offrir sa viande à des invités de marque », a expliqué notre interlocuteur. Les populations se sont dressées contre le funeste dessein des nouveaux arrivants et l’animal ayant flairé le danger s’est évanoui dans la nature pendant un temps.
L’hippopotame passe ses journées dans l’eau boueuse du Mayel. Il y a quelques années, la femelle esseulée avait mis bas un petit. Les habitants se sont interrogés sur ses chances de s’accoupler avec un mâle. Mais elles se sont souvenues ensuite que la femelle avait fait de longs mois d’absence pendant la décrue du Mayel. Le bébé hippopotame a été capturé par un villageois qui l’exposait sur la place du village. L’animal fragile a fini par succomber en captivité. Comme si elle reconnaissait la personne qui avait capturé son bébé, la maman hippopotame aurait interdit à ce monsieur de traverser seul le cours d’eau.
Les villageois tiennent beaucoup à leur hippopotame. Ils veillent jalousement sur lui et sont prêts à éconduire tout étranger qu’ils assimileraient à un braconnier.
Khalifa DIAKITÉ

L’HABITAT NATUREL EN PÉRIL

La faune au Mali compte pas moins de 136 espèces de mammifères, dont 70 sont des grands mammifères. Ceux-ci vivent dans les savanes soudaniennes occidentales et dans la zone sahélienne. Un nombre non négligeable d’espèces ne sont plus présentes que sous la forme de populations décimées. Selon la Direction nationale des Eaux et Forêts du Mali, la période de sécheresse qui a commencé en 1970, a entraîné des déficits pluviométriques. Cela a eu pour conséquences la modification de la structure du couvert végétal et la réduction massive de la faune sauvage et du cheptel. Ces aléas climatiques ont soumis les écosystèmes et les habitats de la faune à des perturbations. Les changements ainsi induits, associés aux activités anthropiques ont détruit l’habitat naturel de la faune.
K. D.L’HABITAT NATUREL EN PÉRILLa faune au Mali compte pas moins de 136 espèces de mammifères, dont 70 sont des grands mammifères. Ceux-ci vivent dans les savanes soudaniennes occidentales et dans la zone sahélienne. Un nombre non négligeable d’espèces ne sont plus présentes que sous la forme de populations décimées. Selon la Direction nationale des Eaux et Forêts du Mali, la période de sécheresse qui a commencé en 1970, a entraîné des déficits pluviométriques. Cela a eu pour conséquences la modification de la structure du couvert végétal et la réduction massive de la faune sauvage et du cheptel. Ces aléas climatiques ont soumis les écosystèmes et les habitats de la faune à des perturbations. Les changements ainsi induits, associés aux activités anthropiques ont détruit l’habitat naturel de la faune.
K. D.

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