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Doctrines, GARDEZ-VOUS DU MENSONGE

«Au début était le verbe», affirme le théologien. Dans nos civilisations où l’oralité a constitué pour de longues générations le principal, sinon l’unique moyen de transmission de la connaissance et du savoir-faire, la parole est au cœur des relations humaines. Redoutée, elle est maniée avec précaution et son usage mesuré selon les milieux. Le potentiel de signifiants qu’elle recèle en faisait l’apanage d’une couche spécifique de nos sociétés. L’honneur et la considération attachés à un membre de la société, quelque soit son rang parmi les siens, étaient liés au rapport qu’établissait son entourage entre sa parole et les actes qu’il posait. Ainsi ont fleuri dans nos différentes langues diverses expressions autour de la parole. De «l’homme d’une parole», à «l’individu sans parole», les aphorismes situent sans équivoque l’importance de la chose dite dans notre environnement.
Lors des exposés dont ils entretiennent les fidèles à l’occasion, les oulémas rapportent nombre de hadiths relatifs au poids de la parole pour le musulman. Ils relatent ainsi qu’un homme préoccupé par les qualités que devrait avoir un croyant, avait demandé au Prophète (PSL) s’il était admissible qu’il soit un lâche. Oui ! lui avait-il été répondu. «Peut-il être un avare ?», avait relancé l’inquiet. Il reçut encore une réponse affirmative. «Le croyant peut-il être un menteur?», s’avancera l’homme. Non, lui fut-il répondu catégoriquement. Suivant d’autres propos du Guide de l’islam, les exégètes indiquent qu’il est commandé au fidèle d’être sincère dans cet esprit, car «la sincérité mène à la piété et la piété conduit à la félicité». Ils préviennent cependant : «gardez-vous du mensonge, parce qu’il mène à la turpitude et la turpitude conduit au feu».
Se référant à l’histoire d’un patriarche dont la sagesse était reconnue entre tous, les exégètes rapportent qu’il est parvenu à ce degré de sagesse «par la parole sincère, la restitution du dépôt et la modération». Pour le commentateur, la sincérité est au nombre des qualités reconnues à ceux qui mériteront de la grâce divine, car «le discours sincère renferme l’unicité du Tout-Puissant». Tout autant qu’il exprime ainsi sa sincérité dans le témoignage de l’unicité, le fidèle musulman se doit de l’être dans les propos qu’il tient à ses semblables. Pour le théologien, c’est dans cette constance que se retrouve la foi du croyant qu’il cultive et qui en devient une seconde nature. Ce trait le conduit à tenir la promesse qu’il contracte avec son prochain et à s’acquitter de ses engagements.
Quant à la restitution du dépôt, constituant l’un des éléments de la sagesse, les oulémas se réfèrent tout d’abord au dépôt de la foi qui est l’ensemble des obligations incombant à tous les fidèles et dont chacun doit s’acquitter dans les délais requis. En ce qui concerne le dépôt constitué d’un bien matériel, d’un témoignage ou tout autre chose confiée au croyant par son semblable, il se doit de le restituer intact, aussitôt que la demande lui en parvient. Aux créatures qui manquent à leur parole, les oulémas rappellent ainsi qu’elles ne pourront que se retourner contre elles-mêmes, car elles ne pourront se compter au nombre des élus, lorsque adviendra « le jour où les justes recueilleront le fruit de leur loyauté. Le Tout-Puissant les recevra en sa grâce » (5:119).

A. K. CISSé

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