Header ad

DOCTRINES, «CELUI QUI PREND L’INITIATIVE DE SALUER EST LE MEILLEUR»

Dans nos échanges quotidiens, il nous arrive de recourir à des termes qui sont aisément compréhensibles dans le contexte de leur usage, bien qu’ils se démarquent par leur consonance du lexique de nos langues locales. Le phénomène classé par le linguiste dans la catégorie des emprunts, est présent dans les parlers de toutes les communautés, reflétant les influences des langues les unes sur les autres. Ces greffes sont souvent si bien intégrées que ne transparaît plus sous le terme banalisé tout le poids du concept emprunté. Il en va ainsi de la notion de «ladamu», par laquelle hommage est rendu à la bonne éducation dont fait preuve un adolescent en présence de personnes âgées. Une inconduite caractérisée peut aussi bien appeler l’expression négative contre l’impertinent. Pour les exégètes, diverses notions s’étendant de la courtoisie au respect de la convenance et des principes de la morale sont ainsi véhiculées. Un érudit rappelait à ce sujet des hadiths stipulant que la bonne éducation fait partie de la foi. Selon ce théologien, «la beauté et la correction de toute affaire, religieuse ou temporelle, dépend de la façon dont on a été éduqué».
Sur le plan humain, cette éducation se traduit par la noblesse d’esprit et sur le plan religieux elle se manifeste dans l’observance de la Sunnah, de même que dans le respect de l’autre. Pour le théologien, l’individu doit s’astreindre à cette discipline, aussi bien dans son comportement privé que public. Évoquant par ailleurs les relations interpersonnelles, l’exégète indiquait «qu’il n’est pas un bon compagnon celui à qui il faut dire : souviens-toi de moi dans tes prières. Il en est de même de celui qu’il faut flatter ou auprès duquel il faut s’excuser». Dans le même registre, les oulémas aiment à rappeler que «les règles de la conduite morale dépassent celles de la science et que la morale de la science est bien supérieure à la science».
Illustrant ces propos le sage dira qu’il ne saurait regretter la compagnie d’un homme qui a acquis la science des peuples premiers et des derniers, mais qui n’observe pas les règles de la moralité. Il affirme par contre qu’il aurait été profondément affligé de n’avoir pas l’occasion de rencontrer tel autre qui se distingue par sa moralité. Pour lui, l’importance du respect des convenances en islam est ainsi soulignée en maints passages du Livre saint, du simple salut aux plus subtiles attitudes.
« Quand donc vous entrez dans des maisons, adressez-vous mutuellement des salutations au nom du Seigneur, usage on ne peut mieux béni et agréable. C’est ainsi qu’Allah vous expose ses versets, vous incitant à réfléchir. » (24:61)
Les théologiens rapportent par ailleurs, les propos du Messager (PSL) selon lesquels le salut échangé met fin au boycott réciproque entre croyants : « il n’est pas permis à un musulman de boycotter un frère musulman au-delà de trois nuits, de sorte que, quand ils se rencontrent, chacun se détourne de l’autre ». En fait, a-t-il conclu à ce sujet, « le meilleur des deux est celui qui prend l’initiative de saluer ».
A. K. Cissé

Related posts

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *