Culture: EXPOSITION AU LAC DE LASSA

Du 27 avril au 13 Mai 2018, le Laboratoire d’agri culture (LAC) de Lassa abritera une exposition. Les initiateurs ont animé une conférence de presse, vendredi dernier, en présence d’un parterre d’artistes.
Selon le conférencier Amadou Traoré, le LAC de Lassa (un quartier périphérique de la Commune III) est un lieu de création et de recherche. C’est un laboratoire d’agriculture urbaine, un espace de production et de diffusion d’arts et d’artisanat maliens, africains dans le cadre d’une réflexion pratique sur la question climatique et la protection de la biodiversité.
Le co-fondateur du LAC ajoutera que son laboratoire présente également un espace dédié à un processus éco-esthétique par lequel les designers transforment les déchets non-biodégradables ou des matériaux naturels en matière ou en objet.
L’autre conférencière, Mme Carole Refabert-Traoré, commissaire de l’exposition, a expliqué que «cette exposition est un espace de rencontre des arts plastiques, mais aussi autour de la matière et des trois dimensions». Outre les fondateurs du LAC, les œuvres de cette exposition sont principalement de 7 artistes. Il s’agit des bronziers Barro & Traoré (Moulage à la cire perdue), le designer Badian Camara (l’éco-esthétique), le peintre Mohamed Diabagaté (mi-peintre mi-sculpteur), le sculpteur (peintre) Thierno Diallo, Ousmane Keïta (Plongée dans une abstraction malienne), le designer peintre Sidiki Traoré (Vibrations maliennes) et le designer Abdoulaye Yampa (Matières sans gravité)
Pour la commissaire de l’exposition, la sculpture est un domaine où la force de la créativité ouest-africaine s’est fait historiquement remarquer car c’est le cœur vivant du patrimoine artistique ouest-africain. «Du design artisanal à la sculpture, il n’y a qu’un pas et la créativité se met au profit de l’utilitaire.  Cette liberté de créer, d’inventer, si propre à notre continent, permet à ces sculpteurs, designers et artisans de proposer des objets hors normes», a-t-elle déclaré. Par ailleurs, Mme Carole Refabert-Traoré a souligné qu’au Mali, pour le plus grand nombre, il n’y a point de désir de représenter le monde tel qu’on le voit. Il faut faire peser sur la toile de l’émotion brute, une vibration, cette vibration si singulière au continent.
Une visite guidée de ce laboratoire de création artistique a permis au public d’observer des œuvres aussi agréables qu’utiles. Il y a aussi plein d’enseignements à tirer comme l’installation du «Kolongalani», cet objet qui, autrefois, permettait aux plus sages de retrouver les auteurs de méfaits.
Aussi la table de café parisien en plastique recyclé, la bassine en plastique recyclé, le fauteuil golf en calebasse, le fauteuil pneu recyclé, la peinture en bogolan (des tableaux d’une force fascinante). Des objets que les Maliens peuvent se procurer facilement et en faire un usage quotidien. Un artisanat fait ici avec des matériaux locaux, recyclés, importés ou naturels, comme base d’une économie locale.
Issa Baradian TRAORé

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