Header ad

Commissariat à la réforme du secteur de la sécurité : CHEVILLE OUVRIÈRE D’UNE STRATÈGIE GLOBALE

Cette structure s’occupe à la fois de la réforme de façon générale et des missions particulières de mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation

L’Inspecteur général Ibrahima Diallo assure que la sécurité n’est pas l’apanage des porteurs d’uniforme

Le Commissariat à la réforme du secteur de la sécurité (CRSS), cheville ouvrière du Conseil national pour la réforme du secteur de la sécurité (CNRSS), s’attèle à l’opérationnalisation d’une stratégie globale qui articule sécurité – défense – gouvernance et relations internationales. Cette approche novatrice répond aux exigences indiquées dans l’Accord pour la paix et la réconciliation, issu du processus d’Alger et elle est conforme à la vision du président de la République. Ibrahim Boubacar Keïta a, en effet, vite perçu la nécessité de reformer ce secteur pour l’adapter aux enjeux nouveaux, afin d’assurer un fonctionnement régulier aux institutions et secteurs pilotes du développement.
Dès 2013, la volonté présidentielle prend corps avec la création du Conseil national pour la réforme du secteur de la sécurité (CNRSS) qui avait, comme organe opérationnel, la Cellule de coordination. Cette cellule devient, avec la signature de l’Accord, le Commissariat à la réforme du secteur de la sécurité (CRSS). Cette mutation est consacrée par le décret n° 2016-0401/P-RM du 9 juin 2016, qui définit également les missions de la structure.
En effet, elle assure la mise en œuvre des décisions et recommandations du Conseil national pour la réforme du secteur de la sécurité (CNRSS), élabore, à l’attention du Conseil national pour la réforme du secteur de la sécurité, les projets de stratégie nationale et de plans à court, moyen et long termes pour la réforme du secteur de la sécurité.
Le Commissariat est chargé également de veiller, en coordination avec la Commission de réintégration, à l’application des décisions et recommandations du CNRSS, notamment en ce qui concerne l’évaluation détaillée du système de défense et de sécurité ; l’établissement des critères, quotas et modalités d’intégration ; la supervision des listes des combattants candidats à l’intégration ; la formulation des propositions sur les modalités d’attribution et d’harmonisation des grades ou des reclassements.
D’autres missions du Commissariat consistent à élaborer périodiquement des rapports sur la situation de la réforme du secteur de la sécurité ; à assurer la cohérence des travaux des points focaux des différents départements ministériels ainsi que des relais au niveau régional et communal ; à veiller à l’appropriation nationale du processus de la réforme du secteur de la sécurité et à assurer le secrétariat du CNRSS.
La sécurité n’est plus l’apanage des porteurs d’uniformes. A sa création, le Commissariat a, de prime abord, travaillé à faire comprendre ce qu’est la réforme du secteur de la sécurité. Car, selon le Commissaire à la réforme du secteur de la sécurité, l’inspecteur général Ibrahima Diallo, « dès qu’on parle de la réforme du secteur de la sécurité, les gens ne voient que le mot sécurité en ayant à l’esprit qu’elle ne concerne que le ministère de la Défense et des Anciens Combattants et celui de la Sécurité et de la Protection civile ». Et pourtant, a-t-il nuancé, « la notion de sécurité a évolué et on est rentré dans ce qu’on appelle la sécurité humaine, c’est-à-dire que la sécurité n’est plus l’apanage des porteurs d’uniformes, mais c’est dans tous les secteurs ».
En appui à ses propos, l’inspecteur général Diallo a rappelé l’épisode des violences qui a secoué le quartier de Lassa (en Commune III du district de Bamako), il y a quelques années, suite à la décision du maire de cette circonscription d’héberger les premiers cas suspects de la maladie à virus Ébola. Comme pour démontrer que tous les secteurs sont concernés par la sécurité. Et cette réforme a justement pour « objectif d’améliorer la gouvernance globale pour éviter que l’on ait des problèmes de sécurité dans le pays et pour faire en sorte que le développement s’installe», a expliqué l’inspecteur général Diallo. Aussi, la réforme du secteur de la sécurité vise-t-elle à améliorer la capacité des forces de défense et de sécurité pour leur permettre de faire face à leurs missions régaliennes.
Une autre activité réalisée a été l’élaboration d’une stratégie nationale de la réforme du secteur de la sécurité qui a été «adoptée par le Conseil national, le 6 juillet dernier », s’est félicité l’officier général. Avant d’ajouter : « En adoptant ce document de stratégie, le Conseil national nous a instruit d’élaborer un plan d’actions que nous venons de finir et le lui soumettre pour adoption».
Cette stratégie nationale met l’accent sur trois domaines spécifiques, à savoir la défense, la sécurité et la justice. « Nous avons estimé urgent de mettre l’accent sur ces domaines, malgré le caractère holistique de la réforme. Et donc, la stratégie a identifié un objectif général qui est de mettre en place des forces de défense, de sécurité et de justice capables de faire face à leurs missions régaliennes pour satisfaire les besoins du citoyen et de l’Etat », a-t-il expliqué.
Spécifiquement, a précisé M. Diallo, le document vise notamment à améliorer les relations entre ces forces et les populations, afin d’atteindre des résultats efficaces. Toujours selon notre interlocuteur, le Commissariat à la reforme du secteur de la sécurité a réalisé des activités en lien avec la mise en œuvre de l’Accord, notamment la définition des critères et quotas d’intégration des ex-combattants dans les corps constitués de l’Etat (défense, sécurité, douane, etc).
« Nous avons travaillé de commun accord avec la Commission d’intégration sur ce document qui a également été soumis au Conseil national, et qui a été adopté au mois de février dernier », s’est réjoui l’inspecteur général Ibrahima Diallo.
« De la même façon, nous travaillons avec la Commission d’intégration et la Commission nationale DDR dans le cadre de l’identification des combattants. C’est ainsi que nos trois commissions ont fait une tournée dans les régions du Nord (Gao, Tombouctou, Ménaka et Kidal) pour remettre des registres pour l’enregistrement des combattants dans la perspective du DDR », a-t-il informé.
En perspective, M. Diallo dira que la définition des quotas et des grades des ex-combattants est également en cours. « Là aussi, nous avons travaillé avec la Commission d’intégration et nous attendons la finalisation de ce document pour le soumettre à l’appréciation du Conseil national», a indiqué Ibrahima Diallo.
En gros, a-t-il résumé « nous avons des missions générales de réforme du secteur de la sécurité et des missions particulières de mise en œuvre de l’Accord».
Par ailleurs, le patron du CRSS, pour qui «nous sommes dans une situation où notre patriotisme est à rude épreuve», a invité l’ensemble des Maliens à s’engager pour défendre notre pays et faire en sorte qu’il soit rayonnant.
Pour l’inspecteur général Ibrahima Diallo, « il est indispensable que nous nous donnions la main et que nous comprenions que nous n’avons qu’un seul pays, le Mali ».
Bembablin
DOUMBIA

Related posts

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *