Journées nationales du patrimoine culturel : AU CŒUR DE L’HISTOIRE À SIKASSO

Une foule de personnes devant le monument dédié aux frères Traoré: Tièba et Babemba

Des nouveaux sites et monuments du patrimoine culturel du Kénédougou ont été inaugurés par le Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga, en présence de ses homologues burkinabé et ivoirien
Le Kénédougou s’ouvre au monde pour revivre son histoire. «Patrimoine culturel et changements climatiques : Enjeux, impacts, stratégies de conservation et de gestion des biens culturels et naturels», était le thème de l’édition 2018 des Journées nationales du patrimoine culturel qui s’est déroulée du 12 au 14 mai dans la cité du Kénédougou. Ce choix s’explique, selon le ministre de la Culture Mme N’diaye Ramatoulaye Diallo, par la destruction massive des biens culturels et l’intérêt pour la protection et la sauvegarde du patrimoine culturel. Malheureusement, les biens du patrimoine culturel national sont de plus en plus exposés à des menaces d’ordre humain ou naturel comme la destruction volontaire des biens culturels, le vol, le pillage, les fouilles clandestines, le trafic illicite, l’incendies, l’érosion et l’ensablement.
Notre pays dispose de 37 biens matériels et immatériels, classés dans le patrimoine culturel dont 12 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. En plus, il y a 248 autres biens matériels et immatériels inscrits à l’inventaire. Ces résultats reflètent l’engagement de l’Etat à protéger, soutenir et promouvoir le patrimoine culturel comme le stipule le préambule de notre constitution.
Les Journées nationales du patrimoine culturel ont été marquées par d’importantes activités, notamment l’inauguration de la nouvelle maison du Tata et des monuments dédiés aux frères Traoré : Babemba et Tièba. Il y a eu aussi une soirée traditionnelle, une exposition photos sur le patrimoine de la Région, une exposition sur des produits artisanaux, des conférences-débats et des visites guidées. Une particularité : la présence des ministres de la Culture de trois pays, à savoir la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et le Mali. Ces pays africains qui partagent le même espace géographique et regroupements sous-régionaux, sont aussi liés par l’histoire, notamment celle du Kénédougou. Ils ont également en commun des éléments de culturels comme le balafon. Partout dans la ville de Sikasso, on apercevait des gens habillés en tenues traditionnelles. Sur certains murs et monuments, les affiches claquaient au vent des messages sur l’importance de la culture Sénoufo. L’ouverture officielle était présidée par Mme le ministre de la Culture, samedi dernier dans la salle de spectacle Lamissa Bangali, en présence de ses homologues ivoirien, Maurice Bandaman et burkinabé Abdoul Karim Sangho et nombre d’invités.
La prestation des artistes comme ceux du groupe Banzani Théra de Bougouni, des troupes de la Côte d’Ivoire et du Burkina Faso, celle du jeune slameur, Sakarose Bukale et la remise d’un recueil de poème aux lycéens ont été les temps forts de l’événement.
Ces trois jours de rencontres culturelles ont été aussi une niche pour commerçants et restaurateurs de la ville. C’était aussi une occasion pour les ministres en charge de la Culture dans les différents pays présents de partager des préoccupations liées au patrimoine commun. «Nous sommes ici ensemble pour fortifier et célébrer les liens qui nous ont unis hier, qui nous unissent aujourd’hui et le feront encore demain», a souligné Ramatoulaye Diallo. Pour elle, la réalisation des monuments des frères Traoré (Tièba et Babemba) et la construction de la maison du Tata sont la concrétisation de la promesse faite aux populations de Sikasso par le président de la République, Ibrahim Boubacar Keita.
Aujourd’hui, notre pays célèbre l’inauguration des monuments construits en hommage à des figures de la résistance à la pénétration coloniale, notamment Tièba Traoré et son frère Babemba. A ce propos, Mme le ministre a remercié les autorités politiques et administratives et traditionnelles de la Région pour leur enthousiasme, créativité et générosité. Ramatoulaye Diallo a aussi souligné que ces journées ont été une réussite à hauteur de grandeur historique de la cité du Kénédougou. Elle a singulièrement remercié ses homologues du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire pour leur participation fraternelle.
L’un des temps forts de ces journées a été l’inauguration des nouveaux sites, notamment la coupure du ruban symbolique par le Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maiga, en présence de ses homologues burkinabé, Paul Kaba Thieba et ivoirien Amadou Gon Coulibaly.
Amadou SOW

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