lundi 21 mai 2018

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Zimbabwe: l’ombre des tueries de Gukurahundi plane sur le nouveau pouvoir

Jochonia Moyo, survivant des tueries de Gukurahundi au Zimbabwe, montre le site de l’ancien camp de détention de Bhalagwe, le 20 décembre 2017

Jochonia Moyo cueille des herbes sauvages pour « se purifier » de peur que sa visite dans l’ancien camp de détention de Bhalagwe au Zimbabwe ne lui porte malheur. Ici, en 1984, il a été battu à coups de gourdin et contraint de frapper d’autres prisonniers politiques.

« Je me rappelle parfaitement ce 8 mars 1984, quand ils m’ont arrêté et amené à Bhalagwe », raconte le sexagénaire. « Pendant notre sommeil, les soldats nous urinaient dessus et certains nouveaux détenus étaient obligés de lécher le sang des femmes qui avaient leurs règles. »

Le tort de Jochonia Moyo ? Avoir participé il y a près de quarante ans, juste après l’indépendance du Zimbabwe, à des réunions du parti Zapu alors que le nouveau maître du pays, Robert Mugabe, voulait instaurer un parti unique.

Entre 1983 et 1984, environ 20.000 civils – responsables et partisans de la Zapu mais pas seulement – ont été tués dans la région du Matabeleland (sud-ouest), selon les chiffres avancés par les historiens.

Emmerson Mnangagwa et le général Perence Shiri figurent au premier rang des exécuteurs de la sanglante répression ordonnée par Robert Mugabe, affirment les experts. Le premier a succédé fin 2017 à M. Mugabe à la présidence du Zimbabwe. Le second a été promu ministre de l’Agriculture.

Le « camarade Bob » a été poussé vers la sortie après 37 ans au pouvoir mais « les coupables des massacres de Gukurahundi sont toujours au pouvoir », s’indigne Mbuso Fuzwayo, de l’association de défense des victimes Ibetshu Likazulu.

Au début des années 1980, Emmerson Mnangagwa était le conseiller sécurité du chef de l’Etat et, à ce titre, en charge des services de renseignement du Zimbabwe (CIO), explique Stuart Doran, historien et auteur du livre « Kingdom, Power, Glory » consacré aux tueries de Gukurahundi.

Avant le coup d’envoi de la répression, c’est le CIO, affirme-t-il, qui a méthodiquement récolté les noms et adresses des responsables de la Zapu qui devaient être éliminés.

Le général Shiri, commandant de la 5e brigade de l’armée, a lui supervisé « les massacres indiscriminés de civils dans le Matabeleland », ajoute Stuart Doran. « Ce fut la période la plus noire de l’histoire post-coloniale » du Zimbabwe.

 

AFP

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