vendredi 19 janvier 2018

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Violences basées sur le genre au Mali: PLUS DE 6127 CAS DECLARES ENTRE JANVIER 2013 ET JUILLET 2016

Le Centre Aoua Keita a abrité, mercredi dernier, un atelier de validation du plan de mobilisation communautaire et de plaidoyer en appui à la commission dans le processus d’élaboration et d’adoption de la loi sur les violences basées sur le genre (VBG). La rencontre était organisée par le Projet justice prévention et réconciliation (JUPREC) au Mali, en collaboration avec Care International au Mali et la Commission de travail sur la loi VBG. L’ouverture des travaux était présidée par le représentant du Programme national de lutte contre l’excision (PNLE), Issouf  Bagayoko. Celui-ci a expliqué que la socialisation des femmes et des hommes, selon des normes traditionnelles définissant les rôles inéquitables des deux sexes, est traduite par des comportements, pratiques et attitudes pouvant être destructifs pour ces couches sociales. Le gouvernement du Mali, a-t-il rappelé, a ratifié plusieurs conventions internationales liées à la promotion et la protection des droits des femmes et filles. «Le contexte mondial de développement actuel se caractérise par un investissement considérable dans la promotion des droits des femmes et des filles, et le renforcement de leurs capacités (économiques, politiques etc. Dans de nombreux pays, ces efforts existent en parallèle avec de forts taux de violence contre les femmes et les filles », a dit Issouf Bagayoko.
Depuis la crise qui a secoué notre pays en 2012, la problématique des violences basées sur le genre est davantage visible et discutée. En effet, les viols, les mariages forcés et précoces, les violences physiques et psychologiques commis pendant cette période trouble ont marqué les esprits et choqué les populations. Le cumul des données disponibles de janvier 2013 à juillet 2016 est de 6127 cas de VBG déclarés au Mali. Ce chiffre n’étant pas une représentation de la prévalence des VBG au Mali. Il s’agit ici de données des services fournis dans un nombre limité de localités et qui n’ont enregistré aucune décision de justice à ce jour.
Selon l’enquête démographique et de santé du Mali (EDSM), le taux national de prévalence est de 50%. Par exemple dans la région de Kayes, l’âge médian de la première union des femmes de 20 à 40 ans se situe à 17, 2 ans.
Celui des femmes de 25 à 49 ans étant fixé à 17,7 ans. Pour la région de Koulikoro, le taux du mariage précoce est estimé à 71,70% avec une grande ampleur dans les aires culturelles de Banamba et de Kolokani où les filles sont collectivement mariées à une période de l’année. Le taux de prévalence du mariage précoce pour Gao est de 73, 20%. Il est important de préciser que le nombre de cas signalés ne cesse d’augmenter et ce chiffre est loin de refléter la situation réelle.  Sans oublier que la plupart des pays de l’Afrique de l’Ouest ont voté une loi sur les MGF ou les VBG : Sénégal, Burkina-Faso, Bénin etc…
Par contre dans d’autres pays comme le Mali, on constate l’absence des textes spécifiques relatifs à certains types de violences faites aux femmes et aux enfants. Par ailleurs, le manque d’insuffisance de protection de la justice et les pesanteurs socio- culturelles pourraient exposer les survivants et les témoins à des risques de stigmatisation et de sécurité. La prise de dispositions doit aussi être prévue pour les indemnisations, réparations et la sensibilisation des communautés. De  ce constat apparaît clairement la nécessité de faire de la lutte contre les violences basées sur le genre une priorité cruciale des efforts de reconstruction et de consolidation de la paix.

Tènimba KIABOU

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