jeudi 14 décembre 2017

Header ad
Header ad

Tombouctou : LA PRISE EN CHARGE DES RAPATRIES BIEN ORGANISEE

Depuis que les bandes armées et terroristes, qui occupaient les régions septentrionales, ont été chassées de leurs positions, nos compatriotes qui avaient fui leur terre natale, ont pris le chemin du retour. Le gouvernement organise leur accueil avec l’appui des partenaires

Ces sont déjà des centaines à revenir auprès des siens dans la Région de Tombouctou où une délégation du ministère de la Solidarité et de l’Action humanitaire a séjourné, du 2 au 5 mai derniers, pour évaluer les conditions d’accueil et de réinsertion des rapatriés du Burkina Faso, du Niger et de la Mauritanie. La délégation était conduite par Abdoulaye Maïga, conseiller technique au ministère de la Solidarité et de l’Action humanitaire. Elle comprenait des membres du cabinet, des directeurs nationaux du Développement social et de l’Economie solidaire et le coordinateur national chargé du rapatriement. Aussitôt arrivée dans la ville sainte, la délégation a rencontré, dans la salle de conférence du gouvernorat de Tombouctou, les acteurs humanitaires intervenant dans la gestion post-crise. Cet exercice, présidé par Kantara Diawara, conseiller aux affaires économiques, aura permis à la délégation nationale de mieux cerner les activités de ces partenaires et d’expliquer le cadre de cette mission instruite par le ministre de la Solidarité et de l’Action humanitaire, Hamadou Konaté. En effet, le chef de la délégation a rappelé qu’en octobre 2015, notre pays a signé un accord avec le Burkina Faso et la Mauritanie pour faciliter le retour volontaire des Maliens qui avaient trouvé refuge dans ces pays voisins, suite à l’occupation du Nord en 2012. « Nous sommes venus pour évaluer les zones de retour des personnes rapatriées dans la région, singulièrement dans les villages de Teherdjé et Adiachou », a-t-il expliqué. Il a aussi souligné que cette démarche trouve sa justification dans l’Accord pour la paix et la réconciliation, issu du processus d’Alger. Au cours de ces échanges, des propositions intéressantes ont été faites pour l’amélioration de la collaboration entre services publics et acteurs humanitaires, en vue d’une meilleure prise en charge des réfugiés à leur retour. Mercredi, la délégation a mis le cap sur Teherdjé (commune de Ber). Une démarche fortement saluée par les populations de la localité. Pour elles, il s’agit là d’une marque de considération. D’où la grande mobilisation pour l’accueillir. Ici, 76 ménages sont revenus auprès des siens. « C’est une initiative que nous avons tous prise, de commun accord, suite aux étapes qui ont été franchies dans la mise en œuvre de l’accord. Nous avons jugé utile d’apporter notre contribution au processus. Vraiment, le retour a été très facile. On nous a accordé une considération particulière», a confié Mohamed Ould Alwata, chef de village de Teherdjé et chargé du retour des réfugiés du camp de M’Berra. Depuis l’éclatement de la crise, ces familles vivaient principalement en Mauritanie. Leur retour a été organisé en partenariat avec les organisations humanitaires et avec l’appui des autorités, a souligné le leader traditionnel. En effet, depuis leur arrivée, ces ménages ont reçu des aides dont 20 tonnes de mil, 20 tonnes de riz, 10 sacs de sucre et 20 bidons (de 20 litres) d’huile. 100 couvertures, 400 moustiquaires, 5 colis de nattes et des kits scolaires ont été aussi mis à leur disposition. La valeur de cet appui est estimée à 14 millions de Fcfa, selon Mohamed Ould Alwata. Le maire Haboua Ould Hamadi, le chef du village et plusieurs rapatriés, ont témoigné de leur reconnaissance au ministère en charge de la Solidarité. Et, au-delà, ils ont aussi soumis de nouvelles doléances à la délégation. Ils ont, entre autres, souhaité l’augmentation de l’assistance alimentaire, le renforcement du personnel enseignant pour l’école qui a reçu 160 élèves venus de M’Berra, le financement de microprojets, le renforcement des points d’eau, la réhabilitation des habitations et l’extension du périmètre villageois. la délégation a visité cette infrastructure communautaire. Après cette étape, la délégation s’est rendue, jeudi, à Adiachou, situé à cinq kilomètres de la ville de Tombouctou. À l’accueil, il y avait le chef du village, accompagné d’hommes et de femmes qui ont regagné le bercail après des années passées dans des camps de réfugiés. Près de 30 familles sont revenus. Un retour qui a redonné de la vie à Adiachou où tout ou presque est à reconstruire. Même la mosquée n’a pas été épargnée par les forces du mal. Certains réfugiés, faute d’abris, ont été accueillis par d’autres familles. « La situation n’est pas facile », a avoué Amgar Ag Yahia, représentant du chef du village. « Mais on préfère souffrir ici que de rester dans un camp de réfugiés », dit-il. Pour soulager ces rapatriés, le ministère de la Solidarité et de l’Action humanitaire, à travers la direction régionale du développement social et de l’économie solidaire, a offert des denrées alimentaires (mil, riz, huile) et des nattes. Un forage aussi a été réalisé dans le village, grâce auquel, les femmes d’Adiachou font du jardinage qui leur procure des revenus supplémentaires. Cependant, les populations voudraient plus de points d’eau, la réhabilitation de leurs maisons, un meilleur accès aux services de santé et d’éducation. A Adiachou comme Teherdjé, les autorités coutumières encouragent leurs parents, encore présents dans les camps de réfugiés, à revenir au pays. « Personne ne viendra construire chez nous », selon Amgar Ag Yahia. À la fin de la mission, le chef de la délégation a exprimé sa satisfaction. « Nous avons remarqué qu’il y a vraiment une coordination des acteurs humanitaires sur le terrain, sous le leadership de la direction du développement social et de l’économie solidaire. Nous pensons qu’avec un peu plus d’implication de tous les acteurs, nous pourrons atteindre les résultats escomptés. Il s’agit de pouvoir aider ces populations qui sont revenues afin qu’elles se consacrent à des activités génératrice de revenus », a affirmé Abdoulaye Maïga. Notons que pour la Région de Tombouctou, près de 300 tonnes de céréales ont été distribuées aux rapatriés et déplacés, repartis entre 14 sites d’accueil.
Issa DEMBELE

Articles connexes

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *