Alain Giresse aura-t-il enfin compris la dure réalité de gestion du football malien ?
Les aveux d’impuissance proférés par le technicien français lors de son point de presse d’hier, démontrent une certaine ambigüité de raisonnement. « Nous sommes dans un système de réglage et d’amélioration. Ce n’est pas en recommençant à zéro que l’on y arrive. Il faut un peu de continuité même s’il y a de gros travaux à effectuer sur le chantier. Je vais vous communiquer une liste de 25 joueurs, car je ne sais pas à ce jour, quels sont les joueurs qui seront présents à Monastir en Tunisie. Il y a plein d’incertitudes dues à des blessures, des joueurs sans clubs et ensuite à des décisions de certains joueurs de ne pas venir », a avoué d’entrée de jeu le sélectionneur. Échaudé par la frustrante expérience du match passé, (Zimbabwe -Mali), Alain Giresse avait présenté ses excuses à la fédération et promis de ne commettre les mêmes erreurs. " Je ne recommencerai plus. C’était un choix, on l’a fait, mais après l’avoir vécu, on a vu toutes les difficultés que cela pose". Aujourd’hui, les mêmes joueurs sont revenus sur le tapis, avec la simple précaution pour le technicien d’élargir l’effectif à 25 joueurs, au cas où il y aurait encore des défections. Seydou Keita figure bien sur la liste, malgré son refus. « J’ai envoyé à Seydou la convocation. Il m’a ensuite rappelé pour me dire qu’il déclinait la sélection. Je n’ai aucune nouvelle de Garra Dembélé, du SC Fribourg. Les autres attaquants, Dramane Traoré et Mohamed Traoré sont blessés. Samba Sow est toujours souffrant. Ténéma Ndiaye, Sidi Yaya Keita sont sans club », a commenté le sélectionneur national. Alors qu’on s’attendait à un Alain Giresse suffisamment courageux à assumer comme il faut ses choix, c’est un technicien dépité, agacé par les impondérables situations qui prévalent au sein de l’équipe nationale qui s’est présenté hier devant la presse. Si les supposés cadres ont pris de la bouteille, il appartient au technicien de les suppléer de recrues, fussent-elles des joueurs locaux. Alain Giresse répond : « Nous n’allons pas jusqu’à bâtir une sélection basée sur des joueurs locaux. Car le niveau du championnat national, ne permet pas de conférer à ces derniers, un bon niveau pour disputer les éliminatoires d’une CAN. Tous les clubs maliens engagés cette saison en compétitions africaines ont été éliminés dès le premiers tour », explique Alain Giresse. Car il n’aura plus non plus d’excuses et un échec serait cette fois le sien. Toute l’opinion sportive nationale est d’avis que le technicien français ose enfin conjuguer avec des joueurs compétitifs qui manifestent la ferme détermination à servir le pays. C’était cela la philosophie initiale qui a permis à Alain Giresse d’adhérer, même les plus sceptiques, à son projet pour l’équipe du Mali. A l’analyse, Alain Giresse n’est plus l’homme providence qui puisse offrir au Mali une équipe compétitive même à plus long terme. « Nous continuons le travail de fond qui fait notre force", se défend le technicien français. Une vision réaliste d’avenir qui ne doit pourtant pas sans cesse occulter les exigences du présent et qui réclame aussi au Mali, de sortir premier de son groupe des éliminatoires de la CAN 2012 et de pouvoir s’installer durablement dans le gotha de l’élite continentale, et donc de pérenniser sa présence au niveau africain et mondial. Mais le technicien français a étalé tellement de lacunes, que tout le monde s’accorde à reconnaître, qu’il n’a pas de profondeur, ni la carrure pour réaliser cet important projet pour le football malien. Habitué à user d’un discours poli et réfléchi, Alain Giresse s’autorise évidemment à dire ce qu’il a sur le coeur, sans s’énerver, allant jusqu’à prendre la défense de son adjoint et sélectionneur des Aiglons, Cheick Diallo. « On demande à Cheick Diallo de faire des miracles, alors que le plan de préparation que ce dernier a proposé n’a pas été respecté. Il n’est pas arrivé à effectuer un stage en altitude », affirme Alain Giresse. Et l’ancien international français d’ajouter que s’il se contente d’envoyer des convocations aux joueurs, c’est parce que ses déplacements ne sont pas payés. Le département de tutelle et la Fédération malienne de football apprécieront.
LISTE DES JOUEURS
Gardiens : Soumbeyla Diakité, (Stade malien) ; Oumar Sissoko, (F.C Metz) ; Almamy Sogoba, (Réal).
Défenseurs : Drissa Diakité, (Nice) ; Idrissa Coulibaly, (Etoile Tunis) ; Adama Tamboura, (Metz) ; Amadou Sidibé, (Auxerre) ; Cédric Kanté, (FC Panaïthinakos) ; Kalifa Cissé, (Bristol City) ; Mohamed Fofana, (Toulouse FC) ; Adama Coulibaly, (Auxerre).
Milieux : Seydou Keita, (FC Barcelone) ; Kalilou Traoré, (OB Odense) ; Ismaël Keita, (Nantes) ; Mahamane Traoré, (Metz) ; Bakaye Traoré, (Nancy) ; Abdou Traoré, (Bordeaux).
Attaquants : Sidi Koné, (Lyon) ; Sambou Yatabaré, (Caen) ; Modibo Maïga, (Sochaux) ; Garra Dembélé, (Fribourg) ; Mamadou Samassa, (Valenciennes) ; Siriman Magassouba, (Réal de Bamako) ; Mamadou Diallo, (Sedan) et Cheick Tidiane Diabaté, (Bordeaux).
NB : Le match se déroulera le 10 août à Monastir