Cinq Maliens figurent parmi les 26 prétendants au titre de champion d’Afrique. Les quatre premiers du classement se qualifient pour le Championnat du monde
Le coup d’envoi du 14è Championnat individuel d’Afrique a donc été donné vendredi. Au total, huit pays participent à la compétition qui se déroulera du 11 au 26 juin à l’hôtel les Colonnes sise à Hamdallaye ACI : le Mali, hôte du tournoi, le Sénégal, la Gambie, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Cameroun, l’Ouganda et le Burkina Faso. Excepté le champion d’Afrique en titre, le Sénégalais Macoudou N’Diaye qui n’a pu effectuer le déplacement (le Grand maître international participe actuellement à un tournoi en Belgique), tous les grands noms du jeu de Dames continental sont présents à Bamako à commencer par Léopold Kougueu et Jean Mark Ndiofan que nombre d’observateurs présentent comme les deux grands favoris de la compétition. Le premier a été plusieurs fois champion d’Afrique, tandis que le deuxième est champion d’Afrique des parties rapides. Les deux joueurs évoluent chez les « pro » depuis plusieurs années et n’ont raté aucun grand rendez-vous de l’élite mondiale ces dernières années. Lors de la présentation des différentes délégations, le superviseur du tournoi, Ndiogo Fall n’a pas tari d’éloges sur les Grands maîtres internationaux (GMI) du Cameroun qui, dira-t-il, font partie des meilleurs joueurs de l’histoire du jeu de dames africain. « Ce sont de redoutables joueurs avec qui il faut compter pour ce 14è championnat individuel d’Afrique », ajoutera l’arbitre international sous les ovations de la salle. Mais la partie n’est pas gagnée d’avance pour Léopold Kougueu et Mark Ndiofan car plusieurs joueurs peuvent prétendre à la couronne continentale cette année. En tête de cette liste, on placera sans hésitation le Sénégalais Bassirou Bâh sacré champion du monde des maîtres en 1976, recordman des parties simultanées et plusieurs fois champion d’Afrique. Selon Ndiogo Fall, Bassirou Bâh est considéré en Europe comme le meilleur joueur africain du moment. Outre le Grand maître international, le Sénégal peut compter sur deux autres joueurs capables chacun de se hisser sur la plus haute marche du podium : N’diaga Samb et Mody Seck appelé à la dernière minute pour remplacer Macoudou N’Diaye. Du côté de la Guinée, les regards sont braqués surtout sur Moussa Camara, l’un des grands artisans du sacre de son pays lors du dernier Championnat d’Afrique par équipe. « Moussa Camara est un joueur qu’on ne présente plus. Il ambitionne de prouver que le titre de champion d’Afrique par équipe de la Guinée n’est pas usurpé », indiquera Ndiogo Fall en rendant hommage au N°1 guinéen et à son cadet, Abdoulaye Junior Fofana. Le grand moment de la cérémonie d’ouverture sera la présentation des cinq joueurs maliens en lice pour le titre de champion d’Afrique. Dès l’annonce du nom de notre pays par l’arbitre international sénégalais qui présentait les pays par ordre alphabétique, toute la salle de conférence de l’hôtel les Colonnes se leva spontanément pour ovationner. Ndiogo Fall commencera par les deux meilleures chances du Mali-du moins sur le papier- à savoir, le vice-champion d’Afrique 86, Souleymane Bâh et le MI Daouda Diakité. « Tous les deux ont leur mot à dire dans cette compétition et je n’oublie pas la grande révélation du dernier Championnat d’Afrique, Sadhibou Dramé et les deux autres représentants du Mali, Yacouba Traoré et Ibrahim Kanda Touré », dira l’arbitre sénégalais qui sera assisté pendant le tournoi par le Directeur technique national (DTN), Abdoulaye Kaba Diakité. Après la présentation des huit délégations, le secrétaire général du ministère de la Jeunesse et des Sports, Seydou Dawa, le président de la Fédération malienne du jeu de Dames (FMJD), Abraham Douah Sissoko, son homologue de la Confédération africaine du jeu de Dames, Malick Camara et le vice-président exécutif de la Fédération mondiale du jeu de Dames, Ibréhima M’Bouillé Fofana se succéderont à la tribune pour manifester leur joie et témoigner leur reconnaissance aux plus hautes autorités de notre pays qui ont accepté d’organiser la compétition après le forfait du Burkina Faso. Le championnat qui doit durer deux semaines (11-26 juin), est doté du trophée du président de l’UEMOA, Amadou Toumani Touré et parrainé par le président de la commission de l’Union, Soumaïla Cissé. Les quatre premiers de la compétition se qualifient pour le Championnat du monde lui-même qualificatif des Jeux olympiques, ou Jeux d’esprit que la Chine abritera en septembre 2011. A défaut du titre continental, notre pays ambitionne d’obtenir au moins deux places qualificatives au Championnat du monde. Depuis le lancement du championnat d’Afrique, aucun Malien n’a encore réussi à se hisser sur la plus haute marche du podium continental, le meilleur résultat obtenu par notre pays étant la médaille d’argent décrochée par Souleymane Bâh en 2005. Cette prestation avait permis à notre compatriote de devenir Maître international (MI) et de participer, quelques mois plus tard, au Championnat du monde, mais sans grand succès (14è). Question : Souleymane Bâh pourra-t-il rééditer la performance réalisée en 2005 ou faut-il s’attendre à voir un autre joueur malien émerger à l’occasion de ce 14è Championnat individuel d’Afrique ? Comme le disent les Anglais, Wait and see !