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Etats-Unis-Algérie est l’affiche en clôture cet après-midi des rencontres du Groupe C.

Etats-unis-Algérie : la victoire est obligatoire

Les « Yanks » (surnom de la sélection américaine) viennent de prouver une fois encore à la face du monde, après deux sorties en Afrique du Sud, que le « soccer » a retrouvé sa carte de noblesse dans le pays du base-ball et de la NBA. Et ils retrouveront en tout cas, aujourd’hui à partir de 14h, au stadium de Pretoria, des Fennecs algériens aussi plus ambitieux et engagés pour franchir l’obstacle de la phase de poule. Les Américains et les Algériens n’ont pas le choix : tous les deux doivent gagner pour éviter une sortie prématurée du Mondial 2010. Un succès suffirait aux Américains pour être sûrs de disputer les huitièmes de finale. La victoire est d’abord indispensable aux Algériens, mais en plus il leur faut s’imposer par au moins deux buts d’écart, ou espérer que les Anglais ne battent pas la Slovénie dans l’autre match du groupe. Bref, les deux équipes qui ont rendez-vous au stade Loftus Versfeld Stadium auront le même objectif : les trois points ! « C’est une finale qui sera peut-être plus ouverte que les deux premiers matches car il n’y aura pas de calculs. « On va essayer de marquer l’histoire », commente l’attaquant algérien Karim Matmour. Et pour gagner, il faudra marquer, ce que l’Algérie n’est plus parvenue à réaliser en Coupe du monde depuis maintenant 391 minutes, soit plus de quatre matches consécutifs (dernier but marqué en... 1986 contre l’Irlande du Nord). Et les résultats de 2010 ne plaident pas en faveur des buteurs algériens, avec une pitoyable moyenne de 0,5 but par match, cinq buts sur les dix dernières rencontres.
 Le sélectionneur algérien Rabah Saâdane, qui avait basé le jeu de son équipe sur la contre-attaque lors des deux premiers matches (défaite 1-0 contre les Slovènes, nul 0-0 face aux Anglais) est dans l’obligation de revoir ses plans... Et jeter à la poubelle le 3-5-1-1 qui obligeait l’attaquant de pointe à se débrouiller tout seul dans un paquet de défenseurs adverses. « Il nous a souvent manqué un appui offensif en plus. J’aurais bien aimé un soutien qui fixe la défense, qui essaie de garder le ballon pour faire remonter notre bloc », insiste Matmour. Les Américains ne connaissent pas ces soucis offensifs. Leur problème se situe davantage au niveau de la concentration en début de match. « Tant face à l’Angleterre (1-1) que face à la Slovénie (2-2), nous avons oublié de jouer durant les premières minutes. Contre l’Algérie, nous devrons être durs dans les duels dès l’entame du match », insiste le défenseur Ogushi Onyewu, qui ne doute pas une seul instant de la qualification. « Notre équipe est trop forte mentalement. On ne passera pas à côté de ce match », assure-t-il. La seule équipe magrébine présente en Afrique du Sud n’entend pas de cette oreille. On leur prédisait l’enfer, mais les Algériens semblent en route pour le paradis. Après une période difficile en terme de résultats depuis leur qualification pour la Coupe du monde, le dernier en date contre la Slovénie en ouverture du Groupe C (0:1), les Fennecs ont sorti la tête de l’eau au moment où on les voyait couler. En effet, face à l’Angleterre de Wayne Rooney, Steven Gerrard et autres Frank Lampard, la côte de l’Algérie était au plus bas. Mais après 90 minutes d’un combat héroïque, les joueurs de Rabah Saâdane ont gardé leur cage inviolée et repartent avec le point du match nul. Avec un point au compteur avant la dernière journée, ils gardent intacts leurs espoirs de qualification dans un groupe serré. Après l’exploit face à l’un des favoris du tournoi, et avant le match décisif contre les USA, tous les Africains gardent ce sentiment de voir les héritiers de Lakdar Belloumi, Assad, Rabah Madjer et autres conclure héroïquement leurs bonnes intentions offensives. Bien que le résultat obtenu par les hommes de Rabah Saâdane ait été considéré comme positif, Madjid Bougherra, le défenseur des Glasgow Rangers y a trouvé à redire en estimant que les siens auraient pu mieux faire, notamment en attaque :
« On est un peu timides sur le terrain. On arrive à développer un bon football mais on devrait aller plus de l’avant. A mon avis, nous serons meilleurs au prochain match ». Le métronome de la défense algérienne se retrouvera face à son coéquipier aux Rangers, Maurice Edu des Etats Unis, cet après-midi. Bougherra a évoqué ce match attendu avec ferveur par les fans des deux équipes. « On n’a rien à perdre. On va aborder ce match comme une finale. Les Américains ont une superbe équipe et des joueurs extraordinairement combatifs. On a tous vu qu’ils sont capables de revenir dans une rencontre quel que soit le score. Ça va être un match passionnant. Si on gagne et que l’Angleterre ne l’emporte pas, alors on sera qualifiés », souhaite Madjid Bougherra. Getty Images Au même moment dans ce Groupe C, l‘Angleterre jouera sa survie contre la Slovénie à Port Elizabeth, mais pour son sélectionneur Fabio Capello, c’est sa réputation qui est en jeu. En cas de défaite et vraisemblablement de nul, l’Italien rejoindrait son lointain prédécesseur Walter Winterbottom : depuis 1958, l’Angleterre n’a jamais été éliminée d’un Mondial dans la phase de groupes... L’échec serait immense, proportionnel aux attentes que Capello a suscitées, par son palmarès, par des qualifications maîtrisées et par son optimisme quand il a fixé la finale comme objectif minimal. Les critiques contre Sven Goran Eriksson, qui a mené l’Angleterre à deux quarts de finale (2002 et 2006), seraient une plaisanterie à côté de ce qui attendrait l’Italien. Dans le bestiaire du football anglais, le grand Capello rejoindrait sous son parapluie Steve McClaren, connu par ses compatriotes comme « Le crétin avec le pépin » (« The Wally with the Brolly ») depuis une élimination sous la pluie de l’Euro 2008. Deux nuls décevants contre les Etats-Unis (1-1) et l’Algérie (0-0) dans un Groupe C que les Anglais considéraient comme de la petite bière, ont amorcé le désamour. Oublié le « Fabulous Fab » qui devait offrir à l’Angleterre le sacre qu’elle attend depuis 1966.
Ses choix tactiques, sa méthode de gestion humaine et son autoritarisme sont remis en cause au sein même du vestiaire. Pour l’avoir critiqué publiquement (« une grande erreur », selon Capello), l’ancien capitaine John Terry a dû s’excuser. Officiellement, la mutinerie a été écrasée par l’autoritaire Capello. Mais le mécontentement reste palpable. Plus diplomatiquement, le milieu Frank Lampard est venu demander la titularisation de l’ailier gauche Joe Cole qui entraînerait un repositionnement du capitaine Steven Gerrard. Le gardien David James a remis en cause la politique de « Don Fabio » de n’annoncer que tardivement à ses joueurs qui allaient disputer la rencontre. Et lui comme Terry ont reconnu que le vestiaire avait mal vécu les propos de Capello selon qui ses joueurs avaient « peur ». En contact avec l’attaquant Wayne Rooney, l’entraîneur de Manchester United Alex Ferguson a « le sentiment qu’il y a de la tension au sein du groupe ». Terry, qui continue de se considérer comme le « leader à 100% », n’a pas digéré de se voir retirer le brassard aux dépens du discret Gerrard. Lequel, selon la presse, serait insatisfait de l’attitude et du rendement de Rooney. Pendant que Cole ne comprend pas pourquoi il n’a toujours pas joué et que James explique ne se sentir « proche de personne » dans le groupe... Ce n’est pas encore l’équipe de France, mais c’est loin de l’image d’un vestiaire discipliné et soumis, généralement attachée à l’intransigeant Capello. C’est dans cette atmosphère trop lourde que les Anglais vont s’aligner face aux Slovènes.

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14h : Etats-Unis-Algérie