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PostHeaderIcon CAN 2012 : Editorial : LA CAN DES PETITS POUCETS ?

Au petit jeu des pronostiques de cette édition, la Côte d’Ivoire se présente pour nombre d’observateurs parmi la short-liste des favoris, au même titre qu’un postulant plus régulier, le Ghana et dans une moindre mesure le Sénégal et le Maroc.

CAN 2012 : Editorial : LA CAN DES PETITS POUCETS ?

Il est vrai que les statistiques de rêve ne jouent guère dans la pratique et qu’il faudra beaucoup plus d’humilité et de rigueur en soi pour décrocher la couronne dorée de roi d’Afrique au soir du 12 février 2012. C’est une Coupe d’Afrique des nations, (CAN) inédite à tous les points de vue que le continent s’apprête à vivre du 21 janvier au 12 février 2012 au Gabon et en Guinée Equatoriale. Cette 28e édition de la grande fête du football africain qui s’impose comme une mini révolution des pieds tendres, va être celle des surprises agréables, des passions délirantes, mais surtout des pires désillusions, à l’image de ses tours éliminatoires impitoyables pour les ogres continentaux. C’est sans doute une première dans la longue histoire de la CAN. Cinq des dix équipes figurant dans le Top 10 continentales seront absentes au grand banquet de Libreville, Franceville, Bata et Malabo. L’Egypte, l’Algérie, le Nigeria, le Cameroun et l’Afrique du Sud respectivement classés 2e, 4e, 6 e, 7e et 8e, n’ont pas réussi à franchir le cap des éliminatoires. Quatre des six représentants du continent à la dernière Coupe du monde, trois des quatre demi-finalistes d’Angola 2010 ne seront pas là. Et, à elles seules, elles représentaient 15 des 27 titres attribués depuis 1957. Les surprises de cette année sont au nombre de trois. La Guinée Equatoriale, de par son statut d’organisateur, le Botswana et le Niger, qui viennent de bouleverser la hiérarchie, ne manqueront pas de hanter le sommeil des convives traditionnels de cette grande messe africaine. Le Ghana, quatre fois lauréat et finaliste de la dernière édition, la Côte d’Ivoire, victorieuse en 1992, le Sénégal finaliste en 2002 et le Maroc sacré en 1976 font figurent de favoris, au regard de leurs bons parcours pendant les éliminatoires. Alors que la Tunisie, sacrée en 2004 et finaliste à deux reprises, (1965 et 1996), la Zambie finaliste (1974 et 1994), la Guinée, finaliste (1976) et le Mali vice champion en 1972, quatrième (1994, 2002 et 2004) sont de sérieux prétendants au sacre continental. Le Burkina Faso, le Soudan, le Gabon et la Libye joueront à fond leur rôle de trouble-fête, comme ils peuvent aussi nourrir des ambitions légitimes de disputer les premiers rôles. Les groupes sont, dans l’ensemble, bien équilibrés, même si l’un ou l’autre pourrait donner lieu à des batailles plus spectaculaires au regard des performances récentes des équipes. En l’absence du quintette évoqué plus haut, certains parlent déjà d’une finale entre la Côte d’Ivoire et le Ghana. C’est faire peu de cas du Sénégal et du Maroc et peut-être d’une autre équipe qui n’est pas installée, avant le tirage au sort, parmi les premiers favoris. Les surprises sont peut-être encore pour demain. Les dés sont jetés. Chacune des 16 équipes qualifiées pour la CAN peut rêver au sacre. Les présumés favoris Ghana, Côte d’Ivoire et aussi Sénégal ont tous des atouts a priori pour accéder aux quarts de finale. Mais dans quatre poules d’un niveau sensiblement égal d’autres surprises après celles de la phase éliminatoire ne sont pas à écarter. Cette CAN offre une occasion pour les deux pays organisateurs d’accueillir les hommes qui vivent de partout à travers l’Afrique et le monde entier, afin de partager leurs joies et leur passion du football. Durant 21 jours, le Gabon et la Guinée Equatoriale seront heureux d’exposer aux yeux du monde leurs patrimoines historiques, leurs cultures diversifiées, leur peuple accueillant et volontaire. Cette fête africaine est aussi une opportunité que les organisateurs gabonais et équato-guinéens ne manqueront pas de saisir pour créer un climat favorable aux investissements. Après tout, les hôtes ne manqueront pas de monnayer chaque instant de divertissement, de plaisir de réussite et de satisfaction d’avoir bien fait des visiteurs. Ils doivent cependant savoir qu’après avoir rentabilisé leurs affaires, la plus grande victoire doit résider dans le fait d’avoir été en mesure de renforcer les liens qui fédèrent, comme un seul peuple uni par une passion commune, le football. Le Mali se présente donc à cette 28e CAN avec le souci légitime de défendre son prestige et d’écrire son histoire. Cette ferme détermination est appelée à s’exprimer en toute humilité, dans un esprit fairplay. Dans leurs ambitions d’assurer une participation digne à ce tournoi, les Aigles sont conscients de leurs atouts, dont le premier est le soutien du peuple malien qui sait faire corps avec son équipe nationale malgré la déception des nombreux insuccès qui le ronge. L’exemple est toujours donné par le président de la République, Amadou Toumani Touré même, qui s’est toujours engagé à veiller personnellement sur les Aigles. Promesse forte et ferme, le chef de l’Etat malien et le gouvernement n’ont jamais lésiné sur les moyens pour mettre les équipes nationales dans les meilleures conditions de préparation. C’est donc une sélection malienne, en pleine mutation, mais motivée et conquérante qui va descendre dans les areines gabonaises et Equato-Guinéennes pour défendre l’honneur de la patrie, avec un objectif majeur, celui de pâlir l’éclat des Blacks stars, dévorer le Syli guinéen, pour se tailler enfin la part des Lions et de l’Eléphant ivoirien.