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L’absence des équipes nationales de l’Egypte, du Cameroun et du Nigeria à cette phase finale ne passera pas inaperçue

D’ILLUSTRES ABSENTS

L’absence à la CAN 2012 de très gros calibres du football continental va donner un goût particulier à cette grande messe footballistique. Entre les Pharaons - septuple champion d’Afrique ; le Cameroun - quadruple vainqueur ; les Super Eagles du Nigéria - triplement couronnés et les Fennecs d’Algérie, demi-finalistes malheureux en 2010, ce sont les trois-quarts du dernier carré angolais qui suivront la compétition devant leurs postes téléviseurs.

L’Égypte

Les Pharaons, l’équipe nationale d’Egypte, détiennent le record de titre (7). Ce sont eux qui ont remporté les trois dernières éditions. En 1957, lors de la première CAN l’Egypte forte d’une expérience sur le plan international avec une participation au mondial de 1954 et aux Jeux Olympiques de l’été 1956, n’a fait que confirmer son statut de favoris au cours des deux premières éditions, d’abord en 1957 à Khartoum (Soudan), puis deux ans plus tard en 1959 à domicile. Après une longue traversée de désert, les Pharaons ne remportent le troisième titre qu’en 1986… chez eux. Leur quatrième titre sera conquis au Burkina Faso en 1998, lors de la 21è édition de la CAN, face à l’Afrique du Sud. L’entraineur de cette équipe était d’ailleurs Mahmoud El Gohary, qui avait remporté la deuxième édition de la CAN en tant que joueur. L’histoire des trois autres titres on la connait tous. Sous la houlette du très respecté entraineur Hassan Shehata, les pharaons avec pour capitaine l’emblématique joueur Hossam Hassan et menés par le talentueux milieu offensif Mohamed Abu Treika raflent deux titres : d’abord en 2006 en Egypte, puis au Ghana en 2008. Lors de la dernière édition de la CAN en Angola, c’est sans les deux joueurs précédemment cités qu’ils conquièrent un troisième titre d’affilée. Un triplé historique qui en fait l’équipe la plus couronnée d’Afrique. Au total, l’Egypte compte 7 coupes d’Afrique des nations, dont trois remportées à domicile en 1959, 1986 et 2006. Les Egyptiens qui ont participé à une coupe du monde (1990) ont, grâce à leur palmarès, réussi à se créer une flatteuse réputation même au delà du continent. Les Pharaons détiennent également le record de participations à une phase finale de la CAN de cette compétition (22), seront l’absent n°1 du grand rendez-vous continental.

Le Cameroun

Tout comme les Pharaons d’Egypte, les Lions indomptables du Cameroun ont une remarquable expérience internationale. En effet, après leur première participation à une coupe du monde en 1982, les Lions Indomptables remportent leur premier sacre à la CAN en 1984. Deux ans plus tard, en 1986, ils sont finalistes (face à l’Egypte). En 1988, bien que présentant une équipe vieillissante, le Cameroun, s’impose encore face au Nigéria par le plus petit des scores : 1-0. Après quelques années d’absence dans le dernier carré de la compétition, les Camerounais reviennent à la charge en 2000, et remportent leur 3è finale contre le Nigéria à Lagos devant un public médusé. Deux ans plus tard en 2002 au Mali, les Lions Indomptables rayonnent au sommet du continent. Ils atteignent la finale de la compétition en s’imposant pour la 4ème fois en finale face au Sénégal. Deux finales consécutives remportées à l’issue de l’épreuve de tirs aux but présageaient ils un chant de cygne ? Toujours est-il que depuis le sacre dans notre pays, les coéquipiers de Samuel Eto’o n’ont plus jamais brillé sur le continent. Certes ils ont atteint la finale au Ghana en 2008 mais c’était là sans doute les derniers rugissements de Lions qui ne sont plus indomptables. Le Cameroun, qu’il soit de Roger Mila, de Patrick M’Boma, ou de Samuel Eto’o a toujours été considéré comme une place forte du football continental comme en témoigne ses 6 participations à une phase finale de la Coupe du monde mais sa marge de manœuvre s’est considérablement rétrécit à cause du renouvellement peu réussi d’un effectif en déclin et surtout Eto’o dépendant.

Le Nigeria

Les seules absences des Super Eagles du Nigeria à une phase finale de coupe d’Afrique des nations remontent au boycott de 1996 et à la suspension par la CAF de 1998. Hormis ces contretemps le Nigeria a remporté deux titres continentaux, disputé et perdu quatre finales et fini à cinq reprises sur la troisième manche du podium. Un bilan exceptionnel. Seuls l’Egypte et le Cameroun ont fait mieux. Le Nigéria, dont les joueurs autrefois appelés les Green Eagles sont aujourd’hui connus sous le nom de Super Eagles. Entre 1980 et 1990, les Nigérians comptent une victoire en CAN en 1980 en finale après avoir battu l’Algérie à domicile devant 80 000 personnes dans le Suruléré Stadium, de Lagos (3-0). Et deux finales ratées, une en 1988 et l’autre en 1990. A partir de 1994, on assiste à la naissance d’une nouvelle génération de joueurs qui marquent à jamais les esprits. Emmenés par Nwanko Kanu, les Super Eagles ont porté haut les couleurs du pays en remportant la médaille d’or aux Jeux Olympiques 1996 et le trophée de la CAN 1994. Cette génération s’est créée un style et a imposé le respect à tous ses adversaires. Les noms de Rachidi Yékini, Okocha, Kanu, Sunday Oliseh, Daniel Amokachi ou West qui ont fait trembler tout le continent et forcé le respect jusqu’en Europe. En 1996 et en 1998, les Nigérians voient leur élan brisé à cause de susceptibilités politiques déplacés vis à vis du pays de Nelson Mandela. Il boycotte la CAN 96 en Afrique du Sud et sont suspendus pour celle de 1998. Au cours des six dernières éditions, les Nigérians ont toujours tenu leur rang de favori : une finale et quatre 3ème place : 2004, 2006, 2008, et 2010, une médaille d’argent aux JO de Pékin et deux huitièmes de finales lors des Coupes du monde 94 et 98. Les Super Eagles ont à leur actif quatre qualifications à la phase finale de la Coupe du monde (1994, 1998, 2002, 2010). Leur absence à cette édition de la CAN ne passera pas inaperçue. On peut également joindre à cette liste les Sud-africains qui se sont fait éliminer sur le fil du rasoir par une surprenante équipe du Niger dont les moyens humains et logistiques sont réduits au strict minimum. En l’absence de ces ténors, ce sont quatre petits poucets la Libye, le Soudan, le Botswana et le Niger (une première pour les 2 derniers) qui font leur entrée dans la compétition. L’inédit aura fini par jeter un brin de sel dans la compétition en la rendant plus « inpronosticable » que jamais.