Les Rouges qui disputent la Ligue des champions, ambitionnent de se qualifier pour la phase de poule, tout comme que les Verts qui renouent les compétitions continentales après huit années d’absence
C’est la veillée d’armes à Hérèmakono et au stade du 26 Mars à quelques jours des préliminaires aller des coupes africaines des clubs. En Ligue des champions, le Djoliba croisera, ici, à Bamako Al Ahly de Libye, tandis qu’en coupe CAF le COB se déplace en Sierra Leone pour affronter Central Parade de Freetown. A Hérèmakono l’on se mobilise et chacun veut se montrer à la hauteur des ambitions du club. La coupe d’Afrique des clubs pour le Djoliba est un éternel recommencement, semblable au "mythe de Sisyphe". Car c’est toujours tout près du but que le club échoue. Incapable d’atteindre les sommets 1982, le Djoliba est aujourd’hui un géant malien aux pieds de l’argile africain. "Le Djoliba est une grande équipe. Le bloc est donc bien regroupé derrière. Il y a de la vitesse et de la percussion en attaque. Mais qu’est ce qui ne va pas dans les compétitions continentales ? Pourquoi ce mauvais sort ?, s’interroge un supporter blotti derrière le grillage qui délimite l’aire du jeu. Pour cette rencontre préliminaire, le ton est donné depuis la séance d’entraînement de vendredi dernier. "On n’a qu’un seul objectif, c’est d’aller d’abord dans la phase des poules, le reste on verra. On va jouer avec beaucoup d’ambitions. Le seul mot d’ordre, c’est la qualification", annonce Jacques Koffi N’Guessan qui renchérit : "une vraie semaine d’entraînement, cela permet aussi de revenir aux fondamentaux, de retrouver ses repères. C’est important". Le transfuge du Réal qui disputera la Ligue des champions pour la première fois, entend marquer de son emprunte la compétition. Si les Rouges seront renforcés par un nouveau joueur, Mamadou Dosso qualifié pour la circonstance, ils seront toutefois privés des services de Lamine Diawara, suspendu pour cumul de cartons. Il faut dire que Mamadou Dosso avait déjà endossé le maillot du Stade il y a quelques années. A Hérèmakono, sous les regards des inconditionnels, les Rouges tentent de démontrer la qualité de leur groupe. Tous rêvent de briller en C1. Histoire de donner une autre saveur à leur saison. Et le bon parcours jusqu’ici en championnat semble leur donner quelques clefs pour réaliser l’exploit. En tout cas, tous les cadres de l’équipe se veulent sereins. Le défenseur Sékou Bagayoko ne s’affole pas. Mais il reconnaît que le Djoliba "devra travailler" davantage pour espérer passer le cap des Libyens.. L’objectif pour le Djoliba sera de confirmer la performance du championnat en gagnant d’abord à Bamako par un écart conséquent. Les supporters ne cessent de répéter que la phase de poule est l’objectif principal avant de songer au dernier carré puis à la finale. Le défi est de taille. Le technicien Michel Kingoma ne veut négliger aucun aspect, aucun détail dans la préparation. Aux exercices physiques, se succèdent les balles arrêtées, les séances des tirs au but, la vitesse et les placements des joueurs. "On doit maintenir notre niveau d’exigence intact jusqu’au match retour", a indiqué l’entraîneur congolais. Sur leur terrain, les Rouges se préparent sous les regards attentifs des leaders du club : Karounga Kéïta, Lassine Diarra, Boubacar Monzon Traoré, Modibo Coulibaly pour ne citer que ceux-ci. Du côté du COB, l’on se réjouit d’abord des retrouvailles du club avec les compétitions internationales. 8 ans sans compétitions continentales, c’est long. Et ce ne sont pas les supporters olympiens dont Shani qui diront le contraire. Alors, quand l’occasion de mettre un terme à cette longue attente pointe le bout de son nez, il n’est pas question de prendre l’événement à la légère. Les Verts qui disputeront la coupe CAF pour la première fois, ambitionnent de marquer de leur emprunte la compétition. Le cas du Stade sert de référence pour les Verts qui retrouvent la coupe d’Afrique des clubs pour la 3è fois de leur histoire et croiseront le fer avec Central Parade de Sierra Leone. En 2000, en 1/16è de finale de la défunte coupe d’Afrique des vainqueurs de coupe ou la coupe des coupes, les Verts avaient été éliminés par les Angolais de l’Inter club. En 2002 toujours en coupe des coupes, le COB tombeur de l’AS Douanes de Dakar lors des préliminaires tomba en 1/16è devant le Club Africain de Tunis. Cette fois, c’est un groupe confiant certes mais inexpérimenté qui entend jouer parfaitement son rôle d’outsider. Si le coach Bréma Diallo évoque la passe difficile traversée par le club depuis son 2è sacre en coupe du Mali en 2002, il reconnaît toutefois le manque de sérénité des joueurs. Mais il soutient mordicus que les Olympiens ont tiré tous les enseignements des différents échecs. Les séances d’entraînements qui se déroulent dans un stade du 26 Mars vide, sont identiques à celles des Rouges : position des joueurs, balles arrêtées etc. Pour l’heure tout le monde savoure les retrouvailles avec la coupe d’Afrique des clubs. "ça fait longtemps qu’on n’a pas joué une coupe d’Afrique des clubs, on veut montrer qu’on a mûri techniquement, qu’on a acquis de l’expérience et donc on a envie de faire quelques choses de positif et c’est ce que nous prouvons ici aux entraînements", affirme Amadou Diamoutené l’un des rares rescapés de 2000 et 2002. Le coach Bréma Diallo ambitionne de conduire l’équipe très loin dans cette coupe. "Les gars ont un moral de gagneur. Avant la rencontre aller à Freetown, ils ont tous pris conscience que c’est un rendez-vous important", indique le technicien. Le caractère affiché au terrain de l’ex Base est cette volonté de ne pas perdre d’abord en Sierra Leone. Et la qualification au premier tour fera du bien mentalement. Les Verts doivent donc batailler dur dans un complexe qui sera totalement acquis à la cause des locaux.