SPORTS

PostHeaderIcon CAN 2012, Cap Vert–Mali : le coeur seul n’a pas suffi

L’espoir de réaliser une très bonne entrée dans les éliminatoires de la CAN 2012 n’a pas vaincu la peur de pouvoir redorer les couleurs de l’équipe nationale chez Giresse et ses hommes

CAN 2012, Cap Vert–Mali : le coeur seul n’a pas suffi

En quittant samedi soir le stade de Praia, devenu en l’espace d’un après-midi, celui de toutes les désillusions, les Aigles pouvaient encore s’interroger sur les raisons de leur mésaventure pour cette première journée des éliminatoires de la CAN 2012. L’équipe expérimentale des Aigles pourra toujours regretter son manque de projet offensif devant des adversaires moins impressionnants. Pourtant, les Aigles avaient donné pendant toute la semaine de préparation l’impression de se présenter à Praia avec l’appétit des mauvais jours. Celui-là même qui rend une équipe de 18 joueurs prête à tout et surtout à ne rien laisser à ses adversaires. Face au Cap Vert, samedi dernier, au Estadio Da Varzea de Praia les protégés de Giresse comptaient bien sur ce genre de match pour se faire une première cerise. C’est ce qu’ils ont raté, s’inclinant (0-1) face à des hôtes qui auraient eu du mal à défaire une de nos trois sélections de catégorie d’âge. L’équipe fanion du Mali aura donc appris à ses dépens que le cœur seul ne suffit pas pour enlever une affaire tant qu’on n’y ajoute pas un maximum d’organisation, de méthode, mais surtout de bon sens. Nos Aigles viennent, une fois encore de rater la marche d’un premier match de tour qualificatif à l’extérieur. Devant une affluence des grands soirs au stade de Praia, le round d’observation dure pendant un quart d’heure au cours du quel, chaque équipe tente de marquer son territoire. L’équipe malienne menace timidement mais manque de clairvoyance dans l’agencement de ses intentions offensives. Modibo Maïga sonne la première charge, mais le portier Fock est beaucoup plus prompt. La riposte capverdienne est immédiate, suite à un centre de Varela, Dady dévie de la tête, mais le keeper Oumar Sissoko était là, (4e). Si l’équipe du Mali tente de montrer un visage plutôt séduisant, il reste encore ces petits riens agaçants, ces petites broutilles qui vous hérissent le poil qui, au final, font qu’une équipe ne sorte pas en vainqueur du terrain. Car les Aigles ont beaucoup joué derrière. A défaut d’un vrai animateur de jeu, l’encadrement technique semblait de toute évidence trouver la solution d’inspirateur du jeu, à travers les couloirs. Drissa Diakité à droite et Adama Tamboura sur l’autre flanc sont chargés de pistonner l’équipe.

Cartons jaunes Mais avec neuf joueurs sur onze à vocation défensive et moins compétitifs que fallait–il tirer de cette nouvelle équipe des Aigles. Sauf que Amadou Sidibé chargé de relayer vers l’attaque les contres orchestrés par Tamboura, n’avait ni les ressources physiques, ni l’intelligence, pour jouer au dépositaire du jeu sur le flanc gauche. A l’image du joueur d’Auxerre, les autres porteurs d’eau à l’attaque : Bakaye Traoré et Sambou Yatabaré, perdaient toutes leurs inspirations pour fournir à Modibo Maïga et Samassa, esseulés dans la fourmilière défensive de l’équipe capverdienne, des ballons propres. Le jeu devient poussif au milieu de terrain pour les deux équipes. L’arbitre dut user des cartons jaunes pour adoucir les ardeurs, Rony le demi capverdien écope du premier carton, (22e). Il sera suivi plus tard par Adama Tamboura, (35e). Les Aigles jouent beaucoup sur le couloir droit avec à la baguette Drissa Diakité, dont les centres rentrants ne trouvaient personne. Djila tente de percer par le milieu, un abordage frontal vite maîtrisé par la densité défensive capverdienne. Sans véritable animateur, toutes les velléités maliennes sont réduites à néant, avec Samassa et Modibo condamnés à redresser impuissamment la situation dans la nasse capverdienne. Pire, ils se mettent à perdre le cuir, provoquant ainsi des situations de contres pour des attaquants adverses. Si Sambou Yatabaré échoue, (13e) sur la défense adverse dans la conclusion de la première vraie alerte malienne orchestrée par le capitaine Djila, (lui aussi dans une petite forme), les Aigles n’ont démontré pendant toute la première période aucune prétention pour pouvoir troubler la quiétude de la défense adverse, pendant la première période. Et ce sont bien les Capverdiens qui terminent la rencontre avec l’avantage au tableau d’affichage (44e, 1-0). Suite à une énième perte de ballon des avants maliens, Rony amorce la contre offensive et exécute un centre à partir de la droite de l’attaque capverdienne. Et Varela profite du tâtonnement de la défense du Mali pour mettre une tête et placer le cuir hors de la portée du gardien Sissoko. Une avance que les Aigles auraient très bien pu prendre s’ils n’avaient pas manqué de rigueur et de fraicheur physiques dans leurs approches offensives. Il y a bien sûr des tentatives pour mieux faire, comme il y a eu des actions isolées de forcing de la part de Drissa Diakité, Adama Tamboura et même du capitaine Djila ou de Samassa et Modibo Maïga, mais cette arme ne vient pas quand l’équipe est sur une bonne dynamique offensive, et n’est franchement pas celle sur laquelle une équipe doit se reposer pour vaincre. Car la différence doit se faire à travers une bonne humeur collective. Amadou Sidibé, qui a été d’ailleurs intronisé titulaire suite au mal récalcitrant du genou gauche de Sidi Yaya Keïta, en compagnie de Bakaye Traoré livre au final une partition décevante au cours de la première mi-temps. Erratique jusque-là, le secteur intérieur a en effet pris un peu plus d’ampleur avec l’entrée du jeunot Ismaël Keïta, à la place de Yatabaré trois minutes après la reprise. Malgré le pressing très haut proposé par les hôtes capverdiens au retour des vestiaires, avec deux rideaux de quatre défenseurs tirés devant le portier Fock, Ismaël Keïta s’est lui montré un peu plus investi offensivement, alors que Modibo Maïga et Mamadou Samassa tentent de sortir de leurs réserves et commencent à prendre la mesure de leurs rôles de finisseurs. Ce trio a d’ailleurs l’occasion d’établir la parité. Modibo Maïga place un joli lob dans le dos de la défense, Samassa propulse le cuir sur Ismaël Keïta venu en appel, mais le Nantais voit sa reprise instantanée effleurer le montant droit de la cage du portier Fock. C’était l’occasion de la dernière chance malienne à refaire son handicap. Car malgré l’entrée de Souleymane Keïta à dix minutes de la fin, la messe semblait bien dite pour les nôtres. Au final, et malgré la défaite, il n’est pas question de jeter le bébé avec l’eau du bain. Cette équipe malienne en chantier a aussi montré de belles choses, notamment au niveau de l’état d’esprit. Les joueurs étaient certes mobilisés face à ce défi. Mais cette mobilisation s’est finalement montrée illusoire, à cause du manque de compétitions pour beaucoup d’entre eux. Sinon ils avaient à cœur de hausser leur niveau, leurs adversaires ne leur ont donné aucun répit. Il reste donc pour Giresse à peaufiner les détails. Rien n’est encore perdu, si d’aventure l’encadrement technique et la fédération mettent cette mésaventure au compte des défaites utiles.

Envoyés spéciaux à Praia M. N. TRAORE A. Sissoko

Samedi 4 septembre au stade de Praia Cap-Vert-Mali : 1-0 But de Varela, (44e) Bon arbitrage du quatuor algériens : Benouza Mohamed ; Tahir Belaid ; Berous Moramed. Commissaire : Badara Sène (Sénégal).

Cap Vert : Fock ; Moreno ; Nando ; Varela ; Stopira ; Dario ; Marcos ; Rony ; Babancu, (Ze Luis) ; Lito, (Nhuku) ; Dady, (Tony Varela).

Entraineur : Lucio Antunes

Mali : Oumar Sissoko ; Adama Coulibaly ; Amadou Sidibé, (Moustaphe Yatabaré) ; Ousmane Berthé ; Drissa Diakité ; Adama Tamboura ; Mahamadou Diarra cne ; Sambou Yatabaré, (Ismaël Keïta) ; Bekaye Dabo, (Souleymane Keïta) ; Mamadou Samassa et Modibo Maïga.

Entraineur : Alain Giresse