Quelle que soit l’équipe qui sera alignée samedi par Alain Giresse, les Maliens n’attendent qu’une chose pour cette première journée des éliminatoires : la victoire et rien que ça
Il est indispensable que les Aigles commencent ces éliminatoires par une victoire. Ce succès permettrait, quoi qu’il arrive, de prendre la tête du groupe d’entrée de jeu. Aussi, ce serait une façon pour la nouvelle vague de respecter la logique, d’assumer ses ambitions dans cette campagne continentale. Après celui-là, il n’y en aura, peut être plus. Un nouveau match nul ferait en revanche désordre et servirait les intérêts de tout le monde, sauf ceux de Giresse et ses hommes. Une défaite, qui serait la seconde de l’ère Giresse, entretiendrait l’équipe pour quelques temps dans la fragilité de sa reconstruction. Depuis le début de la semaine, Alain Giresse et la plupart de ses joueurs répètent que ce match est très décisif. Que la course à la qualification sera compliquée ou facile après ça. Que les Aigles sont en reconstruction. Tout ceci est vrai. Mais après plusieurs contreperformances, la victoire est indispensable pour pouvoir poursuivre la progression dans la construction. .« La manière est importante, note Adama Coulibaly dit Police au moins pour les gens et pour la presse. Si on gagne 1-0 en étant nuls, on parlera beaucoup et ce sera normal. Cela dit, même si le match n’est pas super comme le veulent les gens, il s’agira d’avoir les trois points trois points, vaille que vaille. Nous préférons avoir trois points quelle que soit la manière ». Tel risque d’être le dilemme de cette jeune équipe des Aigles. Entre la volonté « d’emballer le match » comme elle sut le faire par intermittence en amical contre la Guinée (0-2) et celle plus vitale de trouver le chemin des filets adverses, il faudra avoir le sang froid et les idées claires, un semblant de retour de la fameuse culture de la victoire. Il ne faudrait pas que le gardien Oumar Sissoko et ses partenaires aient cette envie folle de bien faire et de gagner à tout prix, en oubliant de prendre leurs précautions. C’est pour dire tout simplement qu’il ne faudrait pas que les Aigles se laissent attirer par le jeu simplement. Ils doivent faire attention à la profondeur. Car les Capverdiens ont non seulement cette faculté de développer un jeu vif, fait de petites passes et de mouvement, mais surtout le vent estival des îles Canaris et le terrain synthétique, seront leurs deux principaux alliés pour contrarier l’ambition malienne. Les hôtes de nos Aigles sauront profiter, sans doute des moindres largesses. Cohérente, vive et souvent sans génie réel, comme elle l’a montré en amical contre les Lions du Sénégal et face au Portugal, l’équipe capverdienne peut faire peser sur le Mali une épée de Damoclès à deux lames, avec ses deux attaquants virevoltants. La clef, ce sera sûrement pour les hommes d’Alain Giresse de jouer tout contre eux-mêmes. Tout dépendra de la capacité des Aigles à mettre du rythme. Mais si l’équipe capverdienne peut jouer à son rythme, les choses seront plus compliquées. C’est vrai que la semaine d’entraînement et ses multiples inconnues n’ont pas permis à Alain Giresse de creuser avec autant d’intensité qu’il l’aurait souhaité la cohésion d’une équipe appelée à donner une très bonne copie demain après-midi. Mais comme tous ses prédécesseurs, il sait - et ses joueurs avec, qu’il sera jugé autant sur ses résultats que sur son projet. Ceux-ci font encore défaut, et pas grand-chose ne sera possible sans une première « vraie » victoire. Il faut que les Aigles gardent cela dans un coin de leur tête. Car le monde sportif national attend cette victoire avec impatience. Et il ne souhaiterait pas qu’à la fin du match, qu’on lui dise encore : « on a eu des occasions, mais on n’a pas pu trouver le fond des filets adverses ». Les Aigles ont diffusé ces derniers temps l’idée qu’ils étaient une équipe prenable et que leur place à une CAN n’était pas acquise. Ils sont les seuls à pouvoir changer tout ça. Et paradoxalement, c’est l’équipe possédant peut-être le moins de stars de dimension exceptionnelle qui pourrait enfin gagner le pari d’une première victoire à l’extérieur, demain à Praia. Et puisqu’il est dit que rien ne sera facile pour Giresse et ses hommes, cette légitimité, ils doivent aller la chercher au plus profond d’eux-mêmes, peut-être dans la douleur. Nos aînés se rappellent encore des rencontres épiques Mali-Cap Vert lors des tournois Cabral. Toutes les victoires maliennes ont été acquises dans la douleur. Le Cap Vert est désormais un adversaire difficile et coriace qu’il va falloir respecter. L’équipe capverdienne a son style propre de jeu moulé dans un plan de bataille exigeant qu’elle maintienne pendant 90 ou 120 minutes. Il faut briser leur élan pour enfin asseoir son rythme. A la lumière du premier entrainement effectué mercredi après-midi au stade Mamadou Konaté, sur gazon synthétique, Alain Giresse semble fournir une première impression sur les onze de départ à Praia, ce samedi. Oumar Sissoko devrait en toute logique garder la cage malienne. Car Soumbeyla Diakité quoique pensent ses fans, n’a rien prouvé durant cette saison. Mieux il n’est pas exempt de reproches sur les deux buts guinéens, le 11 août dernier à Marignane. Police et Ousmane Berthé semblent bien partis pour débuter dans l’axe central. Pour les postes de latéraux, les choix semblent moins compliqués à faire : à droite, Drissa Diakité devrait retrouver sa place de titulaire et à gauche, Adama Tamboura. Pour le poste de milieu défensif, si l’option Sidi Yaya Keïta, reste d’actualité, le sélectionneur devrait surtout adjoindre le capitaine Djila, Sambou Yattabaré et Drissa Coulibaly. Pour ce qui est de l’animation, en l’absence d’un vrai animateur de jeu, le poste de meneur reste toujours un casse-tête. Et Giresse peut très bien le résoudre en misant sur un 4-4-2 avec deux milieux offensifs excentrés. En attaque la concurrence est ouverte, mais comme nous l’avons constaté mercredi au stade Konaté, Mamadou Samassa et Modibo Maïga semblent les mieux placés pour occuper le poste. Mais le plus important n’est pas de savoir le nom du onze de départ d’Alain Giresse. Quelle que soit l’équipe qui sera alignée par le technicien français, les Maliens n’attendent qu’une chose : la victoire et rien que ça.