C’est déjà un bon point de gagner pour le football malien. Deux partenaires très précieux de l’environnement sportif national viennent de profiter de cette veille des joutes continentales pour les sélections nationales de notre pays, pour entamer une conscientisation des acteurs majeurs en faveur de la patrie.
Le sponsor officiel de Malifoot a donné le ton, en organisant une soirée de gala à l’honneur des Aigles, le lundi. Orange-Mali a été suivi hier par l’Association des supporters indépendants des Aigles du Mali, « ASIAM » qui a remis au goût de ces deux importants sportifs, la question de la violence sur les stades. Concernant le gala, ils étaient tous réunis ou presque, lundi soir autour du ministre de la Jeunesse et des Sports, Hamane Niang. Les représentants des différentes générations des Aigles, réunis au sein de l’UNAFOM, (Union des anciens footballeurs du Mali), la presse sportive, les responsables de l’instance nationale de football, les supporters, pour renforcer les sens du devoir et du sacrifice pour la patrie des hommes d’Alain Giresse. « Cette soirée de gala à l’honneur des Aigles vise à réunir toute la famille du football autour des acteurs que sont les joueurs de l’équipe nationale fanion. Et Orange-Mali se fixe comme objectif de renforcer son rôle et sa contribution. C’est pour cette raison que nous avons réuni les autorités de tutelle, les dirigeant sportifs, les encadreurs, les anciens joueurs et le douzième aigle, autour du thème évocateur « les Aigles face au drapeau », a indiqué la responsable de communication d’Orange, Mme Coumba Sangaré. Tour à tour, les anciennes gloires, Kidian Diallo, Issa Traoré dit Laïs, Idrissa Traoré dit Poker, Yacouba Traoré dit Yaba, Bakary Diakité dit Bakarini, témoigneront face à leurs jeunes cadets, toute la symbolique pour un joueur de manifester sa confiance en soi, la générosité de son enthousiasme et la sincérité d’être porte-drapeau de son pays. Cette compétition vient donc à point nommé pour ce nouveau contingent des Aigles de conforter l’image d’un pays qui, au prix de multiples efforts, tente de surmonter ses doutes sportifs et voudrait regarder à nouveau l’avenir en face. Au vice capitaine des Aigles, Samba Sow de rassurer l’assistance qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Car il témoigne, au delà du soutien à l’équipe nationale, de la confiance d’un peuple en lui-même et de sa foi dans l’avenir : « nous allons tout donner samedi pour rassurer le peuple malien de notre sens patriotique et notre foi inébranlable à défendre jusqu’au bout les couleurs de notre pays », a promis Samba Sow. Le douzième aigle, à travers l’Association des Supporters indépendants des Aigles du Mali (ASIAM) et son président Cheickna Demba, a fait appel, hier à la conscience de toutes les composantes du paysage sportif, pour s’efforcer de rester fairplay aussi bien dans la victoire que dans la défaite. L’ASIAM qui a organisé une conférence-débat sur la lutte contre la violence dans les stades, espère que toutes les rencontres sportives, amicales ou officielles se déroulent dans un esprit de fête, dans le respect des règles et qu’elles soient toujours très fair-play. Les panelistes de la rencontre dont le 2e vice président de CNOS-Mali, Tidiani Median Niambélé, le responsable de la commission lutte contre la violence dans les stades du CNOS, le Lieutenant-colonel Diabaté, la directrice du Carrefour des jeunes et capitaine de l’équipe nationale féminine de basket-ball, Djénébou Sanogo et le secrétaire exécutif du Comité national olympique et sportif, Oumarou Tamboura, ont insisté chacun sur le principe sacro saint qui fait que le sport sans esprit sportif n’est plus le sport. Car il perd toute portée éducative, toute dignité. Il conduit aux débordements et aux pires excès. L’esprit sportif est, selon les conférenciers, la loyauté envers son propre engagement de respecter la règle du jeu, l’adversaire et l’arbitre. Le fair play est un peu plus à l’esprit sportif, l’élégance du comportement, en sachant gagner sans insolence et perdre sans rancœur. Il n’y a que le résultat qui compte, la manière de l’obtenir ajoute ou retire à sa valeur humaine. Dans son exposé liminaire, le premier responsable de l’ASIAM, Cheickna Demba avait indiqué que c’est pour sensibiliser tous les Maliens que l’association a décidé d’organiser une conférence-débat sur la lutte contre la violence. « La violence est fléau qui menace notre football. Elle interpelle tous les acteurs », dira le président de l’ASIAM, avant d’inviter les supporters à sortir massivement samedi et dimanche pour soutenir les Aigles et la sélection nationale olympique. Visiblement content de la grande mobilisation des siens venus très nombreux hier au Carrefour des Jeunes, Cheickna Demba profitera de la rencontre pour témoigner sa reconnaissance aux plus hautes autorités du pays notamment au président de la République, Amadou Toumani Touré pour ses efforts en faveur du développement de notre football. Le président de l’ASIAM dont on sait qu’il est très proche de la plupart des joueurs de l’Equipe nationale, a également plaidé pour un retour de Frédéric Kanouté en sélection. « La nouvelle génération a besoin des conseils des cadres dont Mahamadou Diarra, Seydou Keïta, Adama Coulibaly, Frédéric Kanouté pour ne citer que ces joueurs », dira le président de l’ASIAM sous les ovations de la salle. Mais le plaidoyer de Cheickna Demba sera-t-il entendu par le meilleur buteur de l’histoire des Aigles ? Comme le disent les Anglais, Wait and see !