L’image et le prestige de la Nation

PostHeaderIcon Aigles du Mali : L’image et le prestige de la Nation

En novembre 1988, Kidian Diallo, alors entraîneur national, avait conduit ses poulains en Algérie, à un stage de préparation négocié par le canal diplomatique. Kidian Diallo avait demandé, pour la clôture du stage, un match amical contre la sélection nationale algérienne.

Aigles du Mali : L’image et le prestige de la Nation

L’Algérie, invoquant l’impossibilité de rassembler son équipe nationale à cette date, déclina l’offre. Kidian et ses joueurs se frottèrent par conséquent à des clubs algérois pour, en fin de séjour, s’entendre proposer un match d’entraînement avec l’équipe olympique algérienne. Un match d’entraînement n’a rien d’officiel et ne figure pas sur les palmarès (contrairement au match amical), il est habituellement ouvert gratuitement aux spectateurs. Et dans le cas d’espèce, hormis l’engagement de la fédération algérienne d’aligner des olympiques, aucune restriction ne fut imposée sur le nombre de remplacements possibles. Kidian utilisa ainsi 21 joueurs, ce jour là (le 22è était malade). Ce match d’entraînement se solda par un 7-0 en faveur des Algériens. Un score dur pour l’amour-propre mais qui n’aurait guère prêté à conséquence sur le prestige si une feuille de match n’avait miraculeusement fait son apparition après coup, avant d’atterrir à la FIFA pour officialiser la rencontre -et surtout son score- et la faire immortaliser sur les tablettes. Nous nous étions fait piéger à bon compte et aucune explication ne pourra effacer cette ligne peu glorieuse de notre palmarès dans les archives des instances mondiales. Une autre affaire aussi peu orthodoxe met en scène un Gabon-Mali. L’EN fut regroupée quasiment à l’aéroport où l’attendait un vol "spécial" pour un match amical, le lendemain, à Libreville. Le Gabon n’avait pas lésiné sur les moyens pour avoir "son sparring partner" à qui il proposait un stage à Libreville avant un Cameroun-Mali. Nous étions en 1990 et l’EN s’était entendue avec le Gabon pour jouer deux matches amicaux avec la sélection gabonaise. Les Aigles dominèrent la première rencontre qui s’acheva néanmoins sur un score nul (0-0). Les Gabonais échaudés, décidèrent du coup d’arrêter là les frais. Ils annulèrent sans autre forme de procès le second match, expliquant qu’une éventuelle défaite affaiblirait le moral de leur troupe. C’était de bonne guerre jusque là mais ce qui le fut moins c’est qu’estimant que l’EN malienne ne leur était plus d’une quelconque utilité, ils l’expédièrent sur Douala deux jours avant la date convenue pour la prise en charge par le Cameroun. En fait si l’on excepte la période allant de 1975 (avec Kéké) à 1980 (avec Nikolaï Golovko), l’EN a rarement maîtrisé son agenda de rencontres amicales ou de préparation. Les différentes fédérations ont beaucoup improvisé, souvent accepté n’importe quoi, n’importe quand, sans se soucier expressément de la production de l’équipe et du prestige qui lui est attaché. Le Guingamp-Mali de vendredi dernier, pour planifié qu’il fut, n’est pas exempt de reproche dans la manière dont les choses furent organisées. Pourquoi, en effet, se passer des pros s’ils étaient disponibles et qu’on avait vraiment besoin d’eux ? Pas pour gagner obligatoirement contre Guingamp mais faire ce qui nous a le plus manqué jusqu’ici : jouer ensemble.