La 28ème Coupe d’Afrique des nations qui démarre samedi en Guinée Equatoriale et au Gabon promet d’être un grand moment de divertissement, malgré l’absence de certains grands du football africain.
En dépit de ses sept consécrations, l’Egypte, le tenant du titre ne sera pas de cette fête africaine. Les autres absents de marque sont le Cameroun avec quatre trophées à son compteur, le Nigéria deux et l’Algérie qui affiche une unité à son palmarès. Avec cette « défection » des nations favorites, le pronostic devient difficile et très ouvert. Ainsi, la Zambie, le Soudan, la Tunisie et le Mali se présenteront dans un rôle de trouble-fête à côté des favoris du tournoi comme le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Maroc, le Sénégal et la Guinée. Chaque poule possède au moins un outsider de taille. Dans la poule A, il y a la Zambie qui participe sa quinzième phase finale cette année. Après des tentatives infructueuses pour participer à une CAN, l’équipe nationale de la Zambie « les Chipolopolos », arrive à se qualifier pour la première fois en 1974. Ce coup d’essai a été un coup de maître puisque « les Chipolopolos » ont réalisé un beau parcours, se hissant en finale avant de tomber face au Zaïre 0-2. Après huit ans de passage à vide la Zambie refait surface en 1982 et termine troisième du tournoi. En 1986, elle est éliminée au premier tour avec un point récolté contre l’Algérie (0-0). Elle s’incline en 1990 en demi-finale contre le Nigeria, pour récolter enfin la troisième place. En 1992, la Zambie est battue en quarts de finale, une progression en dents de scie qui prouve en cette période que ce pays est une bonne puissance footballistique. Le tragique crash du 27 avril 1993, avait complètement décimé l’équipe de la Zambie, le seul rescapé était Kalusha Bwalya, le capitaine, entraîneur des Chipolopolos qui n’était pas à bord du malheureux vol. Les conséquences de la tragédie : une nouvelle équipe a été rapidement construite, et dirigée par Bwalya, qui a la difficile tâche de qualifier la Zambie pour la Coupe du monde et ensuite préparer la CAN qui n’était que dans quelques mois. Le pays ne sera pas à la Coupe du monde, cependant, l’année 1994 l’ouvrira la porte d’une deuxième finale de CAN qu’il perdra contre le Nigéria 0-2. De 1998 à 2008, la Zambie malgré sa constance n’a plus jamais franchi le premier tour, sauf en 2004 où elle ne s’est pas qualifiée. En 2010, elle sort la tête de l’eau en jouant les quarts de finale. Et 2012 ?, l’outsider de la poule pourra-t-il déjouer les pronostics ? Dans la poule B, le Soudan, champion d’Afrique 1970 est le trouble- fête, qui, en toute logique rêvera d’un second titre continental. Appelée « les Faucons de Jediane » ou « les Crocodiles du Nil » l’équipe du Soudan a intégré la grande famille FIFA depuis 1948. Après une organisation réussie de la première CAN en 1957, le Soudan est sollicité à nouveau en 1970. Le dimanche 22 janvier à Malabo, « les Faucons de Jediane » débuteront leur 8è participation à la CAN, contre un grand favori du tournoi la Côte d’Ivoire. Dans son palmarès très mitigé, le Soudan pays organisateur s’était classé troisième en 1957. Il s’offrait successivement la deuxième place en 1959 et 1963. Fort de leur titre en 1970 de champion d’Afrique « les Crocodiles du Nil » étaient attendus à l’édition de 1972, et ne confirmeront pas leur statut de favori, car, ils seront éliminés dès le premier en concédant deux nuls et une cinglante défaite 2-4 face aux Congolais.Et en 76 et 2008, le Soudan se fait toujours laminer au premier tour. Cette année sera –t-elle la bonne pour « les Faucons de Jediane » ou « les Crocodiles du Nil » ? Le pari est ouvert. Tout comme la Zambie, la Tunisie, outsider de la poule C est aussi à sa quinzième participation dans cette compétition et s’est adjugée un trophée. C’est en 1960 que l’instance supérieure du football tunisien fut affiliée à la FIFA et adhère la même année à la Confédération africaine de football. En 1962 la Tunisie débute les éliminatoires de la CAN, elle se qualifie pour terminer 3è du tournoi tenu la même année. Trois ans plus tard, elle organise la CAN et atteint la finale perdue face au Ghana. La Tunisie ne s’inscrira pas aux éliminatoires de 1970, 1972 et1974. En 1978, la Tunisie s’incline en demi-finale face au Ghana, considérée comme « sa bête noire ». Il a fallu alors attendre la CAN 1994 pour revoir la Tunisie en phase finale. En tant que pays organisateur en match inaugural elle s’incline face au Mali 0-2, et un match nul lors de sa 2è sortie, lui suffisait pour dire au revoir à la compétition. En 1996, « les Aigles de Carthage » sont battus en finale 2-0 par l’Afrique du Sud. A la CAN 1998, c’est le Burkina-Faso qui lui ferme la porte de la demi-finale. Successivement la Tunisie dispute les CAN 2000, 2002 ainsi que la Coupe du monde de 2002 sans engranger la moindre victoire. En 2004, la Tunisie remporte à domicile la CAN face au Maroc battu 2-1. Elle est accrochée en 2006 et 2008 au stade des quarts de finale, respectivement par le Nigéria et le Cameroun. Lors de la dernière CAN, après trois nuls, la Tunisie est éliminée au premier tour. En juin 2010, Bertrand Marchand est désigné sélectionneur de l’équipe avec pour objectif les demi-finales de la CAN 2012. Le Mali est l’outsider de la poule D avec six participations soldées par un bilan très moyen. Pour leur première apparition en 1972, les « Aigles du Mali » ont terminé deuxièmes de la compétition. Un fait d’armes que les « Aigles » n’ont plus jamais pu rééditer. Pendant 22 ans (1972-1994), notre pays ne participe à aucune phase finale et ne se qualifie même pas pour une coupe d’Afrique. Après ce quart de siècle de passage à vide, le Mali refait surface où, il termine trois fois à la quatrième place en 1994, 2002 et 2004. Après ces résultats dans l’ensemble satisfaisants, le Mali enchainera des contre performances d’où son absence en 2006 à la CAN, et sa non qualification à une première Coupe du monde. En 2006 l’objectif principal des Aigles était la qualification à la Coupe du monde, ils ne l’obtiendront pas et pire, notre pays terminera avant dernier de son groupe. En 2008, le Mali se qualifie pour la CAN et fut éliminé pour la première fois son histoire dès le 1er tour. En 2010 pour la Coupe du monde, le Mali est engagé au deuxième tour de qualification et termine premier de son groupe sans grande peine malgré quelques défaites surprenantes (Soudan, Congo) et se qualifie pour le dernier tour de qualification dans ce groupe. Il tombe sur le Ghana, le Bénin et le Soudan qu’il avait déjà affrontés. Résultat : les Aigles ne terminent que troisièmes de leur groupe, mais se qualifient malgré tout à la CAN. Lors de la phase finale, le Mali finit troisième de son groupe àderrière l’Angol et l’Algérie et doit, pour la deuxième fois d’affilée, faire ses valises dès le tour. Alors question : Alain Gerèsse fera-t-il mieux que ses prédécesseurs ?