jeudi 22 juin 2017

Soudan du Sud : retrouvailles d’une mère et d’un fils déplacés

L’étreinte est longue, émouvante, maladroite: Jorgina, des larmes pleins les yeux, peine à serrer son fils Emmanuel dans ses bras tant celui-ci a grandi depuis que le conflit au Soudan du Sud les a séparés.

C’était il y a plus de trois ans et demi. Longtemps sans nouvelles de sa famille, le jeune homme de 17 ans qui mesure désormais 2 mètres vient de retrouver sa mère, elle-même déplacée par la guerre, dans son Etat natal de l’Upper Nile, frontalier du Soudan.

La guerre civile au Soudan du Sud, déclenchée en décembre 2013 deux ans et demi après l’accession du pays à l’indépendance, a fait des dizaines de milliers de morts et poussé plus de 3,7 millions d’habitants à fuir leurs foyers : 1,8 million sont réfugiés dans les pays voisins. Elle a également disloqué des milliers de familles qui, prises dans les combats et les mouvements de fuite, ont perdu de vue un parent, souvent un enfant.

La séparation fin 2013

Fin 2013, Emmanuel suivait sa scolarité à Malakal, alors deuxième ville du pays, non loin du berceau familial de Kodok où se trouvaient ses parents. Le 24 décembre, quelques jours après le début des hostilités opposant les troupes du président Salva Kiir à celles de son ex-vice-président Riek Machar, il fuit une offensive rebelle sur Malakal.

« J’ai marché jusqu’à Kodok. Ça m’a pris deux jours et là j’ai retrouvé ma famille », raconte Emmanuel, filiforme jeune homme au visage juvénile, avant de raconter la suite. Peu de temps après son retour, le jeune homme a été envoyé faire des courses au marché : « quand je suis rentré à la maison, mes parents et mes proches n’y étaient plus. »

La petite ville bruissait alors de rumeurs sur l’imminence d’une offensive et sa famille, comme de nombreux habitants, venait de fuir précipitamment.

AFP

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