D’une capacité théorique de traitement de 1344 tonnes par jour, elle va contribuer à valoriser les fruits et légumes frais et créer beaucoup d’emplois directs et indirects
La transformation des produits agricoles figure en bonne place dans la stratégie nationale de développement de l’agroalimentaire et la stratégie de promotion des exportations de notre pays. Cette politique doit se concrétiser par la création d’unités de transformation partout dans le pays. C’est ainsi que le ministre de l’Industrie, des Investissements et du Commerce, Mme Sangaré Niamoto Ba, a posé lundi à Yanfolila la première pierre d’une usine de transformation des fruits et légumes frais. Ce projet est porté par la société « Centre d’études et de développement industrielle et agricole du Mali » (CEDIAM sa). L’évènement s’est déroulé en présence du président directeur général de CEDIAM sa, Andréa Soave, du préfet du cercle de Yanfolila, Mamadou N. Touré, du maire de la commune de Wasssoulou Ballé, Issa Sangaré, et des notabilités de la localité. La construction d’une usine de transformation des fruits et légumes frais à Yanfolila est, après la route bitumée, la consécration d’une des promesses du président Amadou Toumani Touré, a indiqué Issa Sangaré. L’édile a rappelé combien le cercle de Yanfolila était une zone par excellence de production de fruits et légumes frais. 60 millions de tonnes de mangue y sont produites chaque année soit le 1/3 de la production nationale. L’usine devrait permettre de valoriser l’exploitation fruitière et de créer de l’emploi, a-t-il estimé. Yanfolila a un climat propice à l’exploitation fruitière. La qualité des fruits produits offre des conditions optimales à l’usine qui pourra fonctionner durant toute l’année, confirme Andréa Soave. Cependant par manque de traitement phytosanitaire adéquat, les mouches causent environ 75% de perte des récoltes, a déploré le PDG de CEDIAM-Sa. Pour le ministre de l’Industrie, des Investissements et du Commerce, ce projet vient en complément du Projet cadre intégré renforcé du commerce dont les actions ont contribué à améliorer la qualité de la mangue de notre pays grâce à l’appui au traitement phytosanitaire des vergers. L’unité va permettre à notre pays de relever un double défi : transformer une grande partie de la production des fruits et légumes de Yanfolila, Bougouni et d’autres localités de la région de Sikasso et lutter contre la pauvreté dans ces zones par la création d’emplois. Il contribuera à créer environ 60 000 emplois indirects et 110 emplois permanents dont plus de la moitié sont destinés aux femmes. La capacité théorique de transformation de l’usine est de 1344 tonnes par jour soit 480.000 tonnes de fruits par an. Elle va produire essentiellement de la purée et du jus concentré de mangue, papaye, goyave, fruits de la passion, d’avocat et de tomate. Pour couvrir ses besoins en matière première, le projet travaillera en synergie avec environ 10 000 propriétaires de vergers du cercle de Yanfolila, mais aussi de l’ensemble de la région de Sikasso. CEDIAM-Sa va mettre en valeur 30 000 hectares de terre, dont 20 000 hectares pour la mangue et 10 000 ha pour les autres fruits et légumes. Le projet coûtera environ 6,8 milliards Fcfa et le chantier durera trois mois. La production sera essentiellement exportée. Ce qui va contribuer à améliorer notre balance commerciale. Selon Mme Sangaré Niamoto Ba, en dehors de la transformation de fruits, le projet aura un volet logistique important lié au transport de la matière et des produits finis. Le chantier de l’usine est situé à environ 5 kilomètres de la ville. Il est le fruit du partenariat qui existe entre notre pays et la principauté de Monaco. Le ministre et sa délégation ont également visité la confiturerie des femmes de la coopérative Djiguiya de Yanfolila. Mme Sangaré Niamoto Ba a constaté avec satisfaction le bon déroulement des activités de transformation des fruits en confiture dont la production est importée essentiellement sur l’Europe.