PostHeaderIcon VIH-Sida : AFAS AU SECOURS DES FEMMES INFECTÉES

L’association lutte contre la propagation du fléau. Elle promet la création de ressources pour le soutien aux malades

VIH-Sida : AFAS AU SECOURS DES FEMMES INFECTÉES

L’enquête démographique EDSM-IV établit que la prévalence générale du Vih dans notre pays est de 1,5 % chez les femmes de 14 à 49 ans. De 1,7 % en 2001, le taux de prévalence du VIH-Sida a baissé à 1,3 % en 2008 au Mali. Au même moment, la couverture de traitement ARV a atteint 85 % des malades. Les

femmes et les jeunes constituent les couches les plus vulnérables. Une enquête a été effectuée en 1997 dans le district de Bamako par l’Institut national de recherche en santé publique (INRSP). Elle concernait les femmes enceintes. Elle a révelé une séroprévalence variable selon les communes. Le taux le plus élevé, soit 4,5 % sont enregistrés en Communes II et V. La transmission du VIH de la mère à l’enfant est de nos jours la principale voie de contamination pédiatrique. Les études placent le risque de transmission sans chimiothérapie périnatale dans une fourchette de 15 à 35 %. Ces chiffres démontrent encore une fois la vulnérabilité des femmes, des jeunes et surtout des enfants. Face au virus, les femmes sont plus vulnérables. Elles ont quatre à huit fois plus de risques d’être contaminées dans un rapport hétérosexuel que les hommes du fait de leur constitution biologique. Les femmes et les orphelins sont les plus affectés par les conséquences sociales de la maladie notamment la pauvreté. Ces deux catégories de personnes se prennent difficilement en charge. Dans la plupart des cas, les femmes et leurs enfants sont exclus par leurs entourages. Cet ostracisme fait que beaucoup d’entre elles vivent de façon très précaire sans soutien ni aide. Il y avait nécessité de créer une structure où elles peuvent se retrouver, se soutenir mutuellement, mener des activités génératrices de revenus. Aujourd’hui plusieurs centres d’écoute et d’associations couvrent le territoire. Auparavant la prise en charge de ces femmes posait beaucoup de problèmes. Tel n’est pas le cas de nos jours. La mise en place de plusieurs “Activités génératrices de revenus” (AGR), comme des commerces de quartier, des jardins potagers est effective. Les associations tentent ainsi de réduire la vulnérabilité des personnes. Elles leur procurent un revenu pour faire face au quotidien et faciliter l’accès aux soins de première nécessité. La lutte contre le VIH-Sida est une préoccupation nationale qui doit concerner toute la communauté.

ACTIONS CONCRèTES. Cette nécessité est aujourd’hui bien perçue chez nous. Elle se décline en une multitude d’actions concrètes de solidarité en faveur des personnes atteintes. L’Association féminine d’aide et de soutien aux veuves et orphelins du Sida (AFAS) fait partie de ces associations. Créée en 1997, l’association a pour but de promouvoir et développer la solidarité et l’entraide entre les femmes infectées par le VIH. Elle œuvre pour freiner la propagation du fléau à travers l’information, l’éducation et la communication. AFAS compte actuellement plus de 4 000 adhérentes. L’association propose aux femmes membres de se former et de réaliser des Activités génératrices de revenus. Ces activités couvrent le petit commerce et la couture. Compte tenu de leurs maladies, ces femmes ne mènent plus des activités comme la teinture ou la fabrication de savon. AFAS arrive à financer les activités génératrices des femmes membres grâce à des fonds alloués sous forme de micro-crédit que l’association de recherche, de communication et d’accompagnement à domicile des personnes vivant avec le VIH ARCAD/Sida met à la disposition de l’association. Nous avons rencontré quelques-unes de ces femmes. Elles ont bien voulu nous parler sous couvert de l’anonymat. Le regard pétillant, F. B affiche d’emblée sa détermination : "nous voulons montrer qu’il est possible de vivre normalement avec le virus du sida". Elle affirme qu’elle doit cette volonté à son adhésion à l’association féminine d’aide et de soutien aux veuves et orphelins du sida. "Quand j’ai appris que j’étais séropositive, j’ai cru que j’allais mourir dans les jours suivants. J’étais angoissée. Je croyais que j’étais seule à vivre avec le virus du sida, dit-elle. Après mon adhésion à AFAS, je me suis rendue compte que nous sommes plus nombreuses qu’il n’y paraît" indique t-elle. Membre de l’association depuis trois ans, F.B, est actuellement une commerçante confirmée grâce aux fonds dont elle a bénéficié de l’AFAS. Notre interlocutrice est veuve depuis cinq ans. Elle s’occupe seule de ses trois enfants. De nos jours dans le cadre de ses activités B.F voyage entre Abidjan et Burkina Faso. Elle s’approvisionne en tissus et autres articles pour les revendre au Mali.

TOUT VA à MERVEILLE. Notre commerçante révèle qu’elle vendait auparavant des aliments. Mais à cause de son statut, personne ne venait acheter chez elle. "Comme c’était des bien comestibles, les gens pensaient qu’ils seraient contaminés" se rappelle-t-elle. À cause de la stigmatisation, notre bonne dame a été obligée de trouver une autre activité. Seule, désorientée face aux dépenses familiales, B.F a été conseillée d’aller à l’AFAS. De nos jours, notre interlocutrice a tourné la page de ces jours de détresse. Elle reconnaît que grâce à son adhésion à l’AFAS tout va à merveille pour elle. Notre interlocutrice est financièrement indépendante. Elle arrive à se prendre en charge et à subvenir aux besoins des enfants. "Dieu merci, j’arrive à m’en sortir. Grâce à ce commerce j’arrive à subvenir à mes dépenses. Depuis un certain temps, je ne me soucie plus de mes dépenses. Tous mes trois enfants sont inscrits à des écoles privées" révèle- t-elle. F.B. Vu notre statut, nous sommes très vulnérables aux maladies. Il faut pour se maintenir en forme se soumettre périodiquement à des contrôles. Toutes les femmes malades ne sont pas toujours dans les conditions idoines. La plupart d’entre elles cherchent plutôt à manger. C’est pour cette raison que F.B remercie ceux qui lui ont donné les moyens de s’épanouir et de vivre a l’abri des besoins sans être stressée par son statut de séropositivité. H.T aussi a bénéficié de l’appui de l’AFAS dans le cadre du financement des AGR. Elle tient un atelier de couture. Cette activité permet à H.T d’être autonome. Elle nous raconte son histoire. À la mort de son mari, sa belle famille sachant que son défunt mari est mort du Sida, l’a mise dehors avec son enfant. Elle a vécu le calvaire avant son adhésion à l’AFAS. "Il m’arrivait souvent de ne pas manger. J’avais l’impression que tout le monde me fuyait. C’était terrible" se souvient H.T. À présent ce mauvais souvenir ne hante plus pour notre interlocutrice. Grâce à sa nouvelle activité elle s’est réinsérée dans la vie sociale. " Dès que j’ai adhéré à l’AFAS, je suis arrivée à surmonter ma honte. En plus, mon métier de couturière m’a ouvert beaucoup de portes. J’ai beaucoup d’amis aujourd’hui" confesse-t-elle souriante. La plus grande satisfaction de notre femme est de se savoir indépendante au plan financier.