Les produits ont un lien étroit avec la région de leur provenance, l’influence du milieu géographique et les conditions de production et de transformation
Le Centre malien de promotion de la propriété industrielle (CEMAPI) a organisé mercredi dernier un atelier de validation de l’étude sur les indicateurs géographiques. Adama Konaté, conseiller technique au ministère de l’Industrie, des Investissements et du Commerce en a présidé la cérémonie d’ouverture en présence de Moctar Boukenem du Programme de compétitivité et diversification agricole (PCDA). Les indicateurs géographiques sont des signes qui servent à identifier un produit originaire d’une région déterminée et qui présente des qualités propres liées à son origine géographique. Les bienfaits des indicateurs géographiques sur le développement se sont avérés profitables à tous les niveaux économiques : micro, méso et macro économiques. En France par exemple, les IG dans le domaine laitier ont permis une augmentation de 0,27 d’euro sur le litre (177,1 Fcfa). En Italie, l’huile d’olive de Toscane a gagné 20% grâce au même procédé. Ces exemples doivent servir chez nous. Les indicateurs géographiques permettent de maintenir des systèmes de production menacés et de contribuer à la biodiversité et à l’entretien des paysages. Leur connaissance permet à ces produits d’affirmer leur identité, de structurer une organisation économique et de développer la valeur ajoutée. L’atelier du mercredi devait valider les résultats de l’étude sur les indicateurs géographiques destinés à protéger les produits régionaux spécifiques sujets aux fraudes et aux usurpations d’identité. De ce fait, il va permettre une reconnaissance de l’identité et de l’origine des produits fabriqués dans notre pays en vue de faciliter leur structuration en organisation économique, et de développer leur valeur ajoutée. Selon Adama Konaté, le fait de désigner des produits originaux par le nom du lieu de leur récolte ou de leur fabrication est très ancien. Les produits ont souvent un lien étroit avec la région de leur provenance, l’influence du milieu géographique local et les conditions de production et de transformation, ou encore de savoir-faire particulier. Il faut dire que des commerçants n’hésitent pas à utiliser la réputation et la confiance d’un produit déterminé pour vendre les leurs. Cela est indigne et porte préjudice aux produits originaux. C’est la raison pour laquelle une meilleure identification des produits remarquables qui font partie du patrimoine agricole, alimentaire local permettra de mieux valoriser cette ressource cachée du développement rural, a expliqué le conseiller technique au ministère de l’Industrie, des Investissements et du Commerce. De même, que les producteurs et leurs régions en tirent un meilleur avantage. Il y a lieu également au-delà de cette connaissance, de préserver cette originalité par un droit de propriété intellectuelle. Selon Adama Konaté, notre sous-région dispose des bases juridiques et de potentialités agricoles et artisanales énormes. Mais aucun pays n’a développé une politique de valorisation des produits locaux par les indicateurs géographiques. Pour relever le défi, les ministres en charge de l’Agriculture et des Industries des Etats membres de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI) ont affirmé leur engagement à intégrer dans les politiques et projets de développement, la promotion des IG et à élaborer dans les États un projet de valorisation des produits locaux par le biais des indicateurs géographiques.