2015 est la date fixée pour remplir les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). C’est dans moins de 6 ans. Notre pays qui s’y était engagé depuis le sommet des Nations Unies en 2000 accuse un sérieux retard dans la réalisation de ces objectifs.
Le constat a été établi hier par le secrétaire général du ministère de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, Mamadou Sow, lors de la cérémonie d’ouverture d’une séance d’information sur l’Initiative 166, réunissant plus de deux cents maires du pays. L’initiative concerne 166 communes et 3000 villages et fractions des régions de Tombouctou, Kidal, Gao, Mopti, Kayes, Koulikoro et Ségou. Soit une population de 2,5 millions de personnes. La rencontre qui s’est déroulée au Centre international de conférences de Bamako en marge des festivités de la Journée des municipalités, est organisée par le Commissariat à la sécurité alimentaire représentée par Yaya Tamboura, le commissaire adjoint de cette structure. Il s’agit, en gros, d’accélérer la progression vers les OMD dans les communes ciblées. Selon Mamadou Sow, celles-ci rencontrent des difficultés en matière de sécurité alimentaire. Elles sont également en retard dans tous les autres secteurs des OMD. Cette situation justifie la mise en route de l’initiative 166 qui « traduit le souhait du gouvernement de fournir un effort supplémentaire, afin que les couches les plus vulnérables du pays puissent rattraper leur retard et bénéficier de la croissance et du développement ». L’Initiative 166 est ainsi la première phase de la mise en œuvre du plan décennal OMD qui concerne l’ensemble du territoire malien et doit produire dans les 5 années à venir, des résultats concrets et mesurables dans tous les secteurs. Ce plan prévoit des interventions énergiques dans les domaines du développement rural, de la sécurité alimentaire, de l’éducation, des questions du genre et d’autonomisation des femmes, de la santé, de l’accès à l’eau potable, de l’énergie, du transport, de l’environnement et de la communication. Le principe de gestion est simple : l’identification des besoins se fait à la base. Les actions à conduire, explique le commissaire adjoint à la sécurité alimentaire, sont évaluées et planifiées par les communes elles-mêmes et ceci à travers un processus d’élaboration ou de révision des Plans de développement économique social et culturel (Pdesc). Les communes ont ensuite en charge la mise en œuvre des actions programmées avec l’appui technique et l’accompagnement de l’ensemble des acteurs du développement à la base. Au cours des travaux, les maires des 166 communes ont été informés des résultats d’une étude sur la situation de référence dans leurs circonscriptions ainsi que les outils développés pour le suivi de la mise en œuvre de l’Initiative 166. Cette rencontre sera suivie, dès demain, d’une visite du Projet villages du millénaire dans les communes de Dioro et Farakou Massa qui a produit des résultats significatifs en 4 ans et dont s’inspire d’ailleurs l’Initiative 166.