AGRICULTURE

PostHeaderIcon Riziculture à Niono : UN REMèDE CONTRE LA PAUVRETé des femmes

La lutte contre la précarité, passe aussi par l’accès des femmes rurales aux facteurs de production

Riziculture à Niono : UN REMèDE CONTRE LA PAUVRETé des femmes

En Afrique, et particulièrement dans notre pays, les femmes jouent un rôle central dans le système de production agricole.Alors qu’elles doivent s’occuper des travaux ménagers, elles sont également des agricultrices rompues aux travaux champêtres. Cependant la plupart des femmes vivent dans la pauvreté. Cette précarité affecte plus les femmes rurales. L’une des rares opportunités pour les femmes rurales de se procurer des revenus dans les zones comme Bougouni, Kadiolo, Niono, semble la riziculture. Elles restent confrontées à des problèmes de terres dans la plupart des cas. Elles ont aussi des difficultés d’accès aux facteurs de production comme la formation en techniques agricoles, les crédits, l’équipement et l’encadrement. Dans la zone de l’Office du Niger, de nombreuses femmes cultivent le riz. Dans la zone sèche, elles cultivent le riz pluvial, le sorgho, le maïs, le fonio, l’arachide et le niébé. Nous sommes allés à la rencontre de ces dames en cette période d’hivernage afin de voir le déroulement de la campagne agricole de cette année. Mme Kadiatou Kanté est une productrice de riz par excellence dans la zone office de Niono. Elle possède 10 hectares. Elle fait la culture de saison ainsi que la contre saison. Pour cette campagne Mme Kadiatou Kanté explique qu’elle attend une production de 60 sacs de riz par hectare. Notre interlocutrice indique qu’elle illustre à suffisance la réussite des femmes dans le domaine de la riziculture. “ Je suis convaincue que si on met les femmes dans toutes les conditions requises, on atteindra d’ici quelques années la sécurité alimentaire dans notre pays ” a-t-elle lancé.

400000 à 900000 Fcfa par hectare. Malgré les campagnes de sensibilisation, la majorité des femmes n’a pas encore accès à la terre. Selon notre interlocutrice, la promotion de la culture du riz chez les femmes rurales peut être une réponse à la pauvreté rurale. Pour argumenter cette thèse Mme Kadiatou Kanté indique que ces bénéfices atteignent souvent 400000 à 900000 Fcfa par hectare. Cependant Mme Kanté reste confrontée à des problèmes de commercialisation. Cette production est destinée au seul marché de Niono. Elle invite les autorités pour qu’elles développent des stratégies pour la commercialisation du riz surtout par les femmes. Ceci permettra de son point de vue d’augmenter les revenus des femmes rizicultrice. Mme Keïta Djénébou est aussi rizicultrice. Mais contrairement à notre première interlocutrice Djénébou dispose de peu de terre. Elle évolue à côté de son mari riziculteur dans la zone office de Niono qui lui a cédé un demi hectare. Elle indique que sa production est très limitée, car elle a difficilement accès aux équipements familiaux et surtout les intrants “ Je n’ai pas accès aux équipements tant que mon mari n’a pas terminé ses travaux champêtres. En plus j’ai peu de temps pour me consacrer à mon champ, car je dois aider aussi mon mari dans son travail ” dit-elle. Malgré toutes ces difficultés Djénébou arrive à s’en sortir. “ Grâce au peu de production, j’arrive à subvenir à mes besoins personnels et familiaux ” lance t-elle en souriant. Si ces deux dames ont eu la chance d’avoir des terres cultivables, tel n’est pas le cas de Mme Nia Dansira. Elle indique que la période de l’hivernage est la plus difficile pour elle. “ Je n’arrive pas à joindre les deux bouts. Car je dois arrêter mes activités de maraîchage pour venir aider mon mari ” explique t-elle. Le rêve le plus cher de notre interlocutrice est d’avoir un jour l’accès à la terre. “ Même si j’arrive à avoir un petit lopin de terre rien que pour moi je serai la femme la plus heureuse du monde. Car je suis convaincue qu’avec mes revenus, je serai plus autonome, épanouie et indépendante ” explique t-elle. Elles sont malheureusement nombreuses les femmes comme Nia à n’avoir pas accès à la terre. Ces dames sont beaucoup plus dans la zone sèche à Niono. Dans ces localités, presque toutes les femmes évoluent dans les champs familiaux. Mme Aminata Traoré est originaire Tirabougou. Un village situé à quelque kilomètre du cercle de Niono. Elle indique que dans sa localité, les femmes ont accès à des terres qui ne sont pas assez rentables. Malgré tout la majorité des femmes de cette localité cultive des céréales sèches comme le mil, le sorgho etc… Notre interlocutrice révèle que c’est grâce à cette activité que les femmes de son village arrivent à faire face à leurs dépenses quotidiennes. Aminata ajoute que pour lutter contre la pauvreté rurale qu’il faut nécessairement permettre à la femme d’accéder à la terre et d’autres privilèges comme les équipements et les crédits agricoles. “ C’est seulement à ce prix qu’on pourra parler de lutte contre la pauvreté rurale et l’épanouissement ainsi que l’autonomisation de la femme rurales ” a-t-elle conclu.