Contrairement à ce qu’assurent certaines rumeurs, il ne contient pas d’éléments radioactifs
Contrairement à des rumeurs qui s’étaient propagées, le riz offert en 2010 par le Japon à notre pays, dans le cadre de l’accord KR9 ne contient aucun élément toxique encore moins radioactif et s’avère propre à la consommation. Cette assurance a été donnée par le Comité national d’éthique pour la santé et les sciences de la vie (CNESS), après un dosage de la radioactivité par l’Agence malienne de radioprotection (AMARAP) et des analyses de paramètres réalisées par le Laboratoire national de la santé (LNS) sur des échantillons. Une conférence de presse a été organisée lundi à la Maison des aînés, à la demande des pouvoirs publics, pour donner toutes les informations utiles sur ce qu’on avait abusivement appelé « l’affaire du riz japonais ». Elle était animée par le Dr Fodé Coulibaly du ministère de la Santé, les professeurs Bocar Sall, président du CNESS, Nagantié Koné, directeur général de l’AMARAP, et Benoît Yaranga Koumaré, directeur général du LNS. Les plus folles rumeurs avaient donc incriminé la qualité du riz japonais offert à notre pays dans le cadre de l’accord KR9. Cette céréale nipponne contiendrait, selon ces rumeurs des éléments radioactifs, notamment du Césium (un élément radioactif qui a une durée de vie de plus de 300 ans, à en croire les spécialistes). Ces rumeurs tirent leur source de coupures de journaux japonais qui auraient titré que le riz de Fukushima serait contaminé par des éléments radioactifs à la suite des dommages occasionnés par le séisme à la centrale atomique de cette préfecture japonaise en mars 2011. A ce propos, des activistes antinucléaires ont organisé des marches de protestation contre la distribution du riz de Fukushima aux pays du Tiers monde. Par ailleurs, sur la base d’une alerte donnée par un haut fonctionnaire malien sur la foi d’un courriel d’un ami de France exerçant dans le domaine agricole, l’Association malienne des droits de l’homme (AMDH) avait saisi le Conseil national de la société civile puis le CNESS. Ce dernier a alors ouvert des investigations sur la question. Il a décidé d’informer le président de la République sur son intention de doser la radioactivité de ce riz et d’effectuer d’autres analyses de paramètres au nom du principe d’éthique de précaution. Ce principe de prévention intègre les mesures d’élimination des risques de contamination donc de protection de la santé des consommateurs. Le CNESS compte 37 membres dont 3 désignés par le chef de l’Etat. Le comité peut s’occuper de plusieurs aspects de la vie de la nation y compris les questions de gouvernance, a-t-il expliqué. Sur la base des rumeurs et des protestations d’activistes antinucléaires à la suite du tsunami de Fukushima, le comité a donc demandé de surseoir jusqu’à nouvel ordre à la distribution du riz japonais et de procéder à des dosages de la radioactivité et à d’autres analyses. Le Pr Bocar Sall a indiqué que le riz provenait d’un financement japonais suivant l’accord KR 9 du 22 mars 2010. Il est arrivé au port de Dakar en décembre de la même année, donc bien avant le tsunami intervenu en mars 2011 au Japon. La céréale n’a été acheminée à Bamako que l’année dernière, précisément au mois d’août et reste stockée depuis. Sur les risques liés à ce riz, les professeurs Nagantié Koné et Benoît Yaranga Koumaré ont, au nom de l’AMARAP et du LNS, levé toute équivoque. Les deux scientifiques ont rassuré sur la qualité sanitaire de ce riz japonais qui s’avère propre à la consommation. Nagantié Koné a précisé que sa structure avait prélevé 14 échantillons et procédé à 28 analyses. Les résultats ont confirmé la non présence de Césium ou d’autres éléments radioactifs. Dans la foulée, le directeur de l’AMARAP s’est voulu plus rassurant sur la qualité des autres riz, américain, thaïlandais et sur la production nationale. Il a également précisé que toutes les denrées de grande consommation méritent d’être analysées avant consommation et que notre pays est en train d’aller dans ce sens. Benoît Yaranga Koumaré a expliqué les paramètres réalisés par son laboratoire. A ce niveau, les analyses ont porté sur les impuretés, les moisissures et autres éléments toxiques qui, à une certaine dose résiduelle, peuvent provoquer des intoxications graves. Il a précisé que le LNS a lui aussi prélevé 155 échantillons et analysé 5 paramètres sur chacun d’eux. Rappelons que le don de riz japonais entre dans le cadre des aides monétarisées. Les recettes des ventes de ce riz pourraient être utilisées, en accord avec la partie japonaise, pour financer des projets.