SOCIETE

PostHeaderIcon Reforme des lycées techniques : DANS LE BON SENS

L’enseignement est plus fonctionnel et mieux adapté aux besoins du marché de l’emploi

Reforme des lycées techniques : DANS LE BON SENS

La reforme du lycée initiée par le ministère de l’Education, de l’Alphabétisation et des Langues Nationale s’étend aussi aux lycées techniques. Il faut rappeler que conformément aux recommandations du Forum national sur l’éducation (30 octobre au 2 décembre 2008), une révision des curricula des lycées (classiques et techniques), avait été opérée. Le décret du 26 novembre 1969 portant statut du Lycée technique de Bamako avait créé trois séries : « Technique économie » (TE), « Technique génie civil » (TGC) et « Technique industrie » (TI). Face au développement spectaculaire des nouvelles technologies, ces différentes séries ont, jusqu’à la rentrée scolaire 2010-2011, affiché leurs limites dans la préparation des élèves à une poursuite des études dans l’enseignement supérieur. Or, celui-ci offre de plus en plus d’opportunités de formation avec la création de l’Université de Bamako, la multiplication des écoles et des Universités privées. Le département de l’Education, de l’Alphabétisation et des Langues nationales a donc opté pour la création d’une 10ème commune dans les établissements d’enseignement secondaire technique. Celle-ci est conçue comme une année d’adaptation au cours de laquelle les élèves sont évalués dans toutes les matières. Elle permet ainsi de les préparer et de les orienter dans l’une des 8 séries prévues en 11ème en fonction de leurs aptitudes dans les matières qui sont l’objet d’exécution : un élève qui a, par exemple, de bonnes notes en mathématiques, physique, dessin technique en travaux pratiques (TP) sera orienté dans l’un des 6 génies. Par contre, celui qui affiche de bonnes notes en mathématiques, histoire et géographie, économie ou en statistique sera orienté soit en comptabilité ou en « gestion et commerce ». L’enseignement de la 10ème commune a débuté à la rentrée scolaire 2010-2011 et concerne 325 élèves du Lycée technique de Bamako. Le système est obligatoire pour tous les élèves de la 10ème des lycées techniques. C’est à partir de la 11ème année que le choix des élèves s’effectue en fonction de leurs compétences et capacités dans les différentes disciplines. Le programme d’études de la 10ème commune couvre 4 domaines de compétences. Les mathématiques sciences et techniques (MST) comprennent les mathématiques, la physique et chimie, l’histoire et géographie, le dessin technique, la statistique, l’économie, l’informatique , la science de la vie et de la terre. Les langues et la communication (LC) sont composées du français (technique d’expression), de la langue vivante I (anglais et arabe), des langues vivantes II (anglais, allemand, arabe et russe) et des langues nationales. Le 3ème domaine de compétences, le Développement de la personne (DP), se compose de l’éducation civique et morale (ECM) et de l’éducation civique et sportive (EPS). Quant au 4ème domaine, l’Orientation professionnelle (OP), elle comprend les travaux pratiques (TP). Les programmes d’études ont été élaborés suivant l’approche par compétence (APC). Celle-ci a le mérite de rendre l’enseignement plus fonctionnel et d’adapter les programmes aux besoins du marché de l’emploi tout en facilitant l’insertion socio-professionnelle des apprenants. A partir de la 11ème année, une diversification des filières permet d’entamer la pratique par spécialité. En 12ème année où la dernière phase d’une formation d’un volume horaire compris entre 2700 et 3200 heures, cette pratique est renforcée pour l’obtention du baccalauréat technique. La répartition retenue est donc la suivante : une 10ème commune constituant une année d’adaptation, une 11ème et une 12ème années de spécialisation avec deux séries. La série Sciences et technologiques de gestion (STG) propose de 2 spécialités : comptabilité et finances (CF), gestion et commerce (GCO). La série Sciences et techniques industrielles (STI) comprend 6 spécialités : génie mécanique (GM), génie civil (GC), génie minier (GMI), génie énergétique (GEN), génie électronique (GELN), génie électro-technique (GEL). La mise en œuvre de ces nouvelles séries a démarré à la rentrée scolaire 2011-2012 par la 10ème année commune. Elle se poursuivra en 2012-2013 par la 11ème année et atteindra la 12ème année en 2013-2014. Le baccalauréat dans ces nouvelles séries et spécialités interviendra ainsi à la fin de l’année scolaire 2013-2014. Abdoulaye Kanté, un élève en 10ème commune, estime que les matières enseignées sont vite assimilables. Il y a, juge-t-il, une différence entre cette méthode et celle qui était jusque-là enseignée. La méthode de la 10ème commune, explique l’élève, permet aux élèves de s’initier au cours dispensé. Certains élèves sont timides, mais la méthode les fait réfléchir, indique, Abdoulaye Kanté. Son camarade, Ibrahima Coulibaly, confirme que le système permet aux élèves de déterminer précisément leur filière préférée. La méthode de la 10ème commune parait plus fiable que l’ancienne méthode, a jugé un autre camarade de classe, Aboubacar Boubou Kanté. Elle aide les élèves à mieux comprendre la leçon. Dans la méthode classique, l’enseignant recopiait et expliquait la leçon, tandis que dans la 10ème commune ce sont les élèves eux-mêmes qui rédigent la leçon. L’enseignant explique ensuite les parties non comprises, détaille Aboubacar Boubou Kanté. Un enseignant confirme lui aussi que la 10ème commune met l’élève au centre de son apprentissage. Avec le nouveau programme de la 10ème commune, c’est l’approche par compétence. La méthode a changé mais le contenu de l’apprentissage reste le même. Pour le proviseur du Lycée technique, Mahamadou Kéita, les anciennes méthodes avaient montré leur limite créant des difficultés qui ont rendu difficile l’accès des lycéens à l’Ecole nationale d’ingénieurs (ENI). Selon lui, cette reforme est pertinente au regard des insuffisances actuelles de l’offre de formation, de la non adaptation des filières de formation et du manque de compétitivité des sortants de l’enseignement technique. Rappelons qu’il existe actuellement dans notre pays 2 lycées techniques fonctionnels, ceux de Bamako et de Ségou. Deux autres sont en finition à Sikasso et Sévaré. A terme, il est prévu un lycée technique par région.