Dans le cadre de la mise en œuvre du projet de réduction des besoins non satisfaits en planification familiale, le ministère de la Santé, en collaboration avec le consortium « Terikunda Jekulu », a organisé vendredi un atelier de concertation avec le Groupe technique consultatif (GTC).
La cérémonie d’ouverture des travaux était présidée par Mme Bintou Tine Traoré, représentant le ministère de la Santé. C’était en présence du manager de « Terikunda Jekulu », Ben Moulaye Idriss, des représentants de l’Institut de la santé de la reproduction de l’Université Georgetown (IRH) aux Etats-Unis. Il ressort du constat général que les 30 années d’efforts d’exécution de programmes de planification familiale dans notre pays ont permis une amélioration des connaissances sur les méthodes de contraception des hommes et des femmes. Selon Mme Bintou Tine Traoré, les besoins non satisfaits ont augmenté de 26% en 1996 à 31% en 2006. Selon différentes enquêtes de santé réalisées, le taux de prévalence contraceptive des méthodes modernes est resté autour de 6%. Le consortium « Terikunda Jekulu » est né dans le cadre de la coopération bilatérale entre le ministère de la Santé et l’Agence américaine pour le développement international (USAID) qui le finance pour une durée de cinq ans (2011-2012). Il est dirigé par l’Institut de la santé de la reproduction de l’Université Georgetown. Le programme se propose de s’attaquer aux problèmes des besoins non satisfaits en la matière dans notre pays, grâce à des interventions axées sur les réseaux sociaux. Celles-ci s’appuient sur une théorie et une analyse basées sur les réseaux pour passer d’une approche des femmes en tant qu’individus isolés à une approche des femmes en tant que membres de réseaux formels et informels. Dans le cadre de la mise en œuvre du projet, le consortium « Terikunda Jekulu » a décidé de créer un Groupe technique consultatif (GTC). Ce groupe doit orienter et conseiller le projet sur les aspects stratégiques et innovants en lien avec la politique sanitaire auprès des structures et individus intéressés. L’atelier visait à analyser et apporter une contribution du consortium à l’interprétation des résultats de la recherche et à l’application des concepts de réseau social et des résultats de la recherche aux activations du programme. Ben Moulaye Idriss a souligné que, récemment, une attention croissante a été accordée à l’influence que les hommes exercent sur l’utilisation par les femmes de la planification familiale. Selon le manager du projet, la désapprobation explicite ou implicite du partenaire constitue un facteur contribuant fortement à l’incapacité des femmes à utiliser avec succès la contraception. Aussi, une meilleure communication dans le couple augmente l’utilisation du planning familial. Dans notre pays, les responsables religieux exercent une grande influence sur leurs frères et représentent un puissant canal de communication. Le projet doit constituer des cadres afin d’évaluer l’influence qu’exercent les membres des réseaux des femmes et des hommes sur les attitudes, croyances, désirs, intentions et comportements en matière de planification familiale. Et prendre en compte la communication au sein du couple, la prise de décisions relative au moment opportun pour avoir des enfants ainsi que le nombre de ces enfants, l’adoption et la poursuite de la planification familiale ; de même que le choix et le changement de méthodes. La rencontre de vendredi était destinée à élaborer et tester des interventions dans le but d’activer les acteurs clés des réseaux sociaux afin de réduire les déterminants négatifs et renforcer les influences positives sur les attitudes en matière de fécondité ainsi que d’utilisation de la planification familiale.