Ni droits nouveaux, ni droits particuliers, mais une prise en compte des besoins et situations des personnes handicapées dans l’expression des droits existants
Les statistiques des Nations Unies dénombraient en 2006, 650 millions de personnes handicapées, soit 10% de la population mondiale. Notre pays en compte environ un million. Du fait de leur handicap, ces personnes ne bénéficient pas des mêmes droits que leurs concitoyens faisant d’elles une couche marginale. Afin de promouvoir et faire respecter ces droits, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté en décembre 2006 à New York, une Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées. Celle-ci a été ratifiée par 71 pays dont le nôtre. La Fédération malienne des associations de personnes handicapées (FEMAPH) a ainsi pu organiser lundi à la Maison des aînés, une journée de plaidoyer pour cette convention internationale. L’événement, présidé par Dioncounda Traoré, le premier responsable de l’Assemblée nationale, a regroupé des membres du gouvernement, le président de la FEMAPH, Moctar Bâh, des représentants des partenaires au développement et des associations et organisations de personnes handicapées. Moctar Bâh a jugé que la convention venait compléter et élargir la Déclaration universelle des droits de l’homme. Sa mise en œuvre permettra aux personnes handicapées d’acquérir les mêmes droits que leurs concitoyens, a-t-il souligné. Le président de la FEMAPH a invité tout un chacun à s’efforcer de comprendre l’autre, car une bonne société est celle qui s’occupe de ses membres et leur donne la chance de participer aux décisions qui affectent leurs vies. Le ministre du Développement social, de la Solidarité et des Personnes âgées a relevé que la mise en œuvre de la convention conduira à un développement inclusif plus global, permettant d’inclure la dimension du handicap dans tous les plans et programmes de développement de notre pays. "Sa mise en œuvre serait un véritable facteur de croissance dans le domaine économique et social et contribuerait ainsi à atteindre les objectifs majeurs du PDES", a jugé Sékou Diakité. Pour le ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, la promotion des droits de personnes handicapées doit s’inscrire de manière durable dans les objectifs prioritaires de développement du pays. Kafougouna Koné a estimé que la lutte contre la pauvreté ne sera effective sans la prise en compte des préoccupations des plus vulnérables, notamment des personnes handicapées. Les deux ministres ont confirmé à la FEMAPH la disponibilité des pouvoirs publics à accompagner toutes les actions allant dans le sens d’une participation accrue des personnes en situation de handicap dans le processus de développement du pays. Dioncounda Traoré a, lui, noté que cette convention constitue une avancée importante dans la lutte contre la marginalisation des personnes handicapées. Le texte, signé par 143 pays et ratifiée par 71 d’entre eux, est maintenant entré en vigueur et le plaidoyer doit passer à une phase nouvelle, celle de son application effective, a préconisé le président de l’Assemblée nationale. La convention, note-t-il, ne crée pas de droits nouveaux, ni de droits particuliers, mais ambitionne surtout de favoriser la prise en compte des besoins et situations des personnes handicapées dans l’expression des droits existants. "Elle vise à changer complètement la perception du handicap dans la société, afin que les personnes handicapées soient considérées comme des citoyens à part entière, qu’elles aient accès aux mêmes droits et opportunités que tout un chacun", a précisé Dioncounda Traoré. L’Assemblée nationale, a-t-il assuré, est disposée à jouer sa partition dans la promotion des droits des personnes handicapées. La cérémonie a été sanctionnée par une remise de diplômes de reconnaissance aux personnes engagées pour la cause des personnes handicapées.