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PostHeaderIcon Passage au numérique d’ici 2015 : ÇA PRESSE !

Le chemin à parcourir pour relever le défi de la numérisation est, en effet, encore long et le temps, court

Passage au numérique d’ici 2015 : ÇA PRESSE !

Le processus de transition de l’audiovisuel de l’analogique au numérique reste encore un défi pour nos états francophones. C’est le constat établi par les responsables du Réseau de l’audiovisuel public d’Afrique francophone (RAPAF) réuni la semaine dernière en séminaire de formation sur le thème : "Passage au numérique d’ici 2015 : enjeux stratégiques et techniques". La cérémonie de clôture des travaux s’est déroulée samedi au Centre international de Conférence de Bamako (CICB). C’était en présence du président du RAPAF et directeur général de l’Office de la radiodiffusion télévision du Mali (ORTM), Sidiki N’Fa Konaté, des représentants de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), Emmanuel Adjovi, de l’Union internationale de la télécommunication (UIT), Mme Ilham Ghazi, et de nombreux experts africains du domaine de l’audiovisuel. Organisée par l’ORTM, en collaboration avec le RAPAF et en partenariat avec l’UIT et l’OIF, la rencontre a permis aux responsables de l’audiovisuel des Etats francophones d’évaluer le chemin à parcourir pour relever le défi de la numérisation. Plusieurs sujets avaient ont été passés en revue sur les stratégies et les voies et moyens propres à assurer le passage au numérique dans des conditions satisfaisantes. L’objectif a-t-il été atteint ? Pour le représentant de l’OIF, Emmanuel Adjovi, la rencontre de Bamako a été plus que bénéfique. Ce séminaire, indique-t-il, a été un espace d’échange de connaissance et d’expertise qui a favorisé une appréhension pointue sur les systèmes analogique et numérique. Pour lui, il est nécessaire de comprendre d’abord en quoi consistent que les deux systèmes. "Pour un profane, il faut comprendre le processus de radiodiffusion. Ce sont des fréquences qu’on utilise et qui propagent des ondes électromagnétiques à travers lesquelles on capte les signaux radio et télé. Il s’agit de canaux imaginaires par lesquels passent les fréquences. Pour le numérique, c’est à peu près la même chose. A la différence qu’avec les technologies de l’information et de la communication, on peut compresser plusieurs fréquences ensemble. Cela veut dire qu’avec une seule fréquence avec les TIC, on peut mettre plusieurs programmes. Alors qu’avec l’analogique, chaque programme nécessite une ou plusieurs fréquences. D’où la nécessité d’espace", explique avec didactisme l’expert de l’OIF et enseignant à l’Université de Reims en France. Emmanuel Adjovi ne tarit d’éloges sur les avantages du numérique : très bonne qualité d’images, possibilité de stockage de programmes en même temps, meilleure diffusion et diversité de programmes etc... Mais le passage au numérique n’a pas seulement que d’avantages. La mise en application du processus nécessite un investissement aussi bien au niveau des stations de diffusion que chez les usagers : changement radical des équipements radio et télé pour les stations, tandis que les usagers devront se mettre à la technologie en s’offrant de nouveaux postes récepteurs adaptés. A l’issue de la rencontre, les participants ont fait des recommandations dont la mise en œuvre suscitera une avancée notable dans le processus. Il s’agit entre autres de la mise en place de mesures fiscales et douanières propices aux investissements dans le secteur de l’audiovisuel numérique ; la garantie de l’octroi des licences pour les fréquences numériques aux télévisions et radios existantes sans passer par la procédure d’appel à candidature ; la création d’un fonds de soutien à l’acquisition des décodeurs ou des postes récepteurs par les populations les plus démunies. La ratification de l’accord de Genève en 2006 par nos Etats ; l’élaboration de textes adaptés au contexte en constante évolution de l’audiovisuel dans le respect des droits fondamentaux, notamment la liberté d’expression et le pluralisme des médias ; la mise en place d’un mécanisme de préfinancement de la transition numérique notamment à travers les ressources générées par le dividende numérique sont d’autres dispositions nécessaires au passage au numérique, ont–ils estimé. Au nombre des recommandations figurent aussi l’imposition d’une obligation de mutualisation des sites de diffusion pour optimiser les investissements et minimiser les coûts ; l’instauration d’une autorité de régulation unique indépendante de tous pouvoirs, doté d’un statut législatif ou constitutionnel. Le temps presse pour mener à bien ce vaste chantier, a averti le président du RAPAF. "2015, ce n’est ni demain, encore moins après-demain. C’est aujourd’hui et c’est tout de suite. Car les choses doivent aller vite et elles vont vite et très vite. Nous avons de gros chantiers. Je veux parler de la prochaine rencontre prévue au Cameroun et le Fespaco qui nous servent de sources de motivation pour diligenter les procédures", a détaillé Sidiki N’Fa Konaté. Il a invité le secteur privé à se joindre au public pour réussir ce pari : « Le secteur de l’audiovisuel, ce n’est pas un secteur en noir et blanc. C’est un secteur en couleurs. Et nous avons besoin de toutes les sensibilités pour réussir notre ambitieux challenge ».