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PostHeaderIcon ODRS et PAPIM : LE RIZ SOUS LES EAUX

Les eaux de pluie ont endommagé les canaux de drainage et se sont déversées dans les deux périmètres

ODRS et PAPIM : LE RIZ SOUS LES EAUX

Les parcelles rizicoles de l’Office de développement rural de Sélingué (ODRS) et ceux du Projet d’appui au périmètre irrigué de Maninkoura (PAPIM) sont complètement submergées par les eaux de pluie. C’est le constat fait le secrétaire général du ministère de l’Agriculture, Moussa Léo Sidibé qui a conduit une importante délégation samedi dernier sur les parcelles. La délégation dépêchée pour constater les dégâts, a été accueillie par les responsables de l’ODRS et de Maninkoura respectivement Ibrahima Siby et Issa Samaké pour les conduire sur les périmètres submergés. En effet, la localité a enregistré jeudi, au soir de la fête de l’Aid El Kébir à partir de 19 heures jusqu’au lendemain matin vendredi aux environs de 09 heures une pluie diluvienne. Les hauteurs de pluies recueillies pendant ce laps de temps ont été de 170 mm d’eau. Cette quantité tombée dans la plaine a contribué à son engorgement en eau noyant plusieurs parcelles de riz. Inquiets et désabusés en raison des dégâts occasionnés, des personnes ont entrepris d’ouvrir une brèche de 2 mètres de large pour permettre l’évacuation des eaux et sauver ainsi leurs parcelles. Mais leur acte a provoqué des dégâts beaucoup plus importants. Car, de deux mètres, la brèche s’est élargie de près de 25 mètres au passage de la mission samedi aux environs de 13 heures. L’inquiétude se lisait sur les visages car, les eaux continuaient d’affluer dans le périmètre à une vitesse de 3 à 4 mètres cubes secondes, selon les constats des spécialistes. Les responsables de l’ODRS et de Maninkoura étaient aussi d’autant plus inquiets qu’ils étaient embarrassés et démunis face à l’ampleur des dégâts. Ibrahima Siby, directeur général de l’ODRS expliquait que la zone a enregistré depuis deux semaines des quantités exceptionnelles de pluies. Le périmètre est situé dans une plaine qui accueille en temps normal toutes les eaux de ruissellement des collines environnantes. Mais un canal de contournement de la plaine est réalisé pour recueillir ces eaux et les drainer vers une mare qui se jette quelques kilomètres plus loin dans le fleuve Sankarani. Aussi, ce canal connaît des difficultés de drainage en raison des brèches présentes un peu partout sur son parcours. Sous la pression, l’eau s’est déversée dans la plaine et a rejoint rapidement les parcelles rizicoles de Maninkoura (1094 hectares). La situation est similaire pour le périmètre de l’ODRS (1200 hectares), où les eaux de pluie recueillies dans un canal sauvage parallèle se déversent dans le canal d’irrigation réalisé par l’Office et comme un système de vase communicant atterrissent dans le périmètre. Cette situation a provoqué l’engorgement des parcelles de rizicoles de l’ODRS. Environ 180 hectares de riz étaient repiqués au moment du sinistre. Le reste du périmètre attendait d’être repiqué quand le sinistre est survenu. La mission a constaté des pépinières engorgées d’eau qui attendaient d’être repiquées. La mission a eu l’impression d’être en face d’une grande mare, tant les plants de riz étaient invisibles à l’œil nu. Un communiqué de la direction du barrage de Sélingué informe d’ores et déjà, les populations riveraines du fleuve Sankarani et du Niger des lâchers d’eau qui interviendront à partir d’aujourd’hui. Ces lâchers d’eau ont pour but de désengorger le barrage qui a atteint la côte critique. Ces lâchers d’eau sont obligatoires afin de ne pas fragiliser l’ouvrage. Pour légitimes qu’ils soient, le directeur général de l’ODRS, craint que ces eaux ne viennent davantage compromettre les efforts de colmatage de la brèche et d’évacuation des eaux des parcelles. Comme mesures urgentes Moussa Léo Sidibé a demandé au directeur national du Génie rural (DNGR), Soumaïla Samaké d’envoyer deux motopompes de 400 m3 pour permettre à l’ODRS de procéder au pompage de l’eau des parcelles. La disposition des sacs de sable et la recherche de palplanches pour colmater la brèche en attendant les travaux de réparation. Le temps presse, car la brèche s’élargit d’heure en heure. Et les responsables de l’ODRS et du PAPIM scrutent le bulletin météo et prient pour une accalmie des pluies dans les prochaines heures, voire prochains jours. Si toutes les actions de sauvetage sont mises en route dans les meilleurs délais, il sera certainement possible de sauver un peu le calendrier agricole, même si les spécialistes et les paysans ont un avis réservé sur la question. Moussa Léo Sidibé a proposé le recensement exhaustif des paysans touchés par le sinistre pour les dispositions futures à prendre. Fodé Traoré, président de la coopérative des producteurs de riz de l’ODRS est lui aussi peu optimiste. Il pense que le calendrier agricole est compromis et même la contre-saison qui souffrira du retard accusé par les cultures de l’hivernage.