SOCIETE

PostHeaderIcon Mère-enfant : « MAMAN EST CAPABLE ! »

Cette confiance est centrale dans les relations entre la maman et ses enfants

Mère-enfant : « MAMAN EST CAPABLE ! »

Le socle de ces rapports sacrés entre les membres du même foyer est la maman. Les parents, surtout la maman représente pour l’enfant, ce que représente la canne pour l’aveugle. La mère est pour son enfant le début et la fin de tout. Cette conviction se construit dès la tendre enfance lorsqu’il commence à distinguer sa mère des autres membres de la famille. Il reconnaît sa génitrice à travers l’odeur, le toucher, le son de la voix, bien avant de la voir. L’enfant se sent plus en sécurité, plus confiant à côté de sa mère. La mère c’est l’amie unique, la confidente. Elle comprend les babillages. Elle décripte le sourire insistant, le regard brillant ou triste du petit être reposant sur ses genoux. L’enfant qui parle n’hésite pas à lui confier un secret ou lui soumettre un besoin. Quelle que soit la nature. L’enfant n’a cure que sa mère ait le pouvoir ou les moyens de réaliser ses demandes. " Ma mère est capable ! " Cette notion de confiance est centrale dans les relations entre la maman et ses enfants. Ce sentiment est vivace à tous les âges de la vie. L’amour maternel constitue le fondement affectif de cette relation mutuelle. Dans l’ensemble, les relations jusqu’à un certain âge restent assez bonnes. Le dialogue existe. La mère a globalement le sentiment de savoir gérer les difficultés éventuelles rencontrées par ses enfants, seuls ou en communauté. Le plus important pour l’enfant est que sa mère lui signifie toute son affection en tant que personne. Elle s’engage auprès de lui pour qu’il ait une existence remplie et reçoive ce dont il a besoin. La maman est la mieux placée pour assurer la sécurité de l’enfant. Cela dès les premières heures de la vie. Ce rapport confiant demeure tout au long de la petite enfance, période durant laquelle justement l’enfant se fortifie de l’intérieur. Le tout petit a sans cesse besoin d’être réassuré dans le fait qu’on le respecte et qu’on est là, à ses côtés, prêt à l’aider à grandir. "L’enfant en tant qu’être innoncent ne doit pas connaître de limite à la capacité de sa mère. Cela n’est pas bon pour sa vie future, et il faut surtout éviter de reprimander l’enfant lorsqu’il émet un besoin", estime Faco Diarra, sociologue à l’Institut national des sciences humaines. Les spécialistes de l’enfant s’accordent à dire que le rapport entre la mère et l’enfant est un phénomène mystérieux voire divin. Il fait intervenir à la fois le sang et le lait. L’attachement de l’enfant à sa mère ou le fait que c’est toujours vers elle qu’il se tourne en cas de besoin s’explique par le fait que c’est sa maman qui le porte dans son sein durant neuf mois.

toujours aux petits soins. Après l’accouchement, c’est encore elle qui s’occupe du chérubin jusqu’à ce qu’il arrive à se prendre en charge lui-même. Cette proximité permanente de la mère et l’enfant est déterminante dans son comportement. Le petit se tourne toujours vers elle. Cette complicité entre eux peut continuer jusqu’à l’âge adulte. Une maman, malgré l’âge avancé de son enfant "voit" ce dernier toujours dans le berceau. Elle est toujours aux petits soins pour lui. Minata Doucouré est coiffeuse. Elle est mariée et mère de trois enfants dont le petit dernier âgé d’un peu plus de trois ans se prénomme Kader. Elle confie que son petit garçon n’exprime ses besoins qu’à travers elle. Chaque fois qu’il veut quelque chose, c’est vers elle que le petit accourt. Elle a souvent l’impression que Kader ne reconnaît pas de pouvoir à son père pour réaliser ses désirs. "L’autre jour, alors qu’il jouait avec ses camarades, mon fils est venu me demander de lui acheter une chaussure dont le vendeur passait devant la maison. Lorsque je lui ai répondu que je n’avais pas d’argent, il s’est mis dans tous ses états. Il s’est mis à pleurer en disant que je le lui avais promis. J’ai essayé de le calmer en arguant que son papa va lui ramener une paire de chaussures en rentrant du travail" Mais rien n’y fait. Kader répétait sans cesse : "papa n’a pas d’argent. Mais maman si". La bonne dame trouva le moyen de donner au môme les chaussures neuves qu’il voulait. "Devant son air si innocent, je ne pouvais pas lui refuser ce plaisir" confie la maman. Il existe aussi une catégorie d’enfants qui ramènent tout à leur maman. Ils ne sont reconnaissants envers personne. Quand vous leur faites un cadeau et que vous leur demandez la source de ce présent ces petits qui placent leur mère au centre de tout répondent toujours : "c’est maman qui me l’a offert !". C’est le cas de la fille de Hamed Traoré, fonctionnaire de son état. Notre interlocuteur voyage fréquemment dans le cadre de son travail. Au retour de chaque mission, il prend soin d’apporter un présent à sa petite Kady âgée de quatre ans. La dernière fois, son papa lui a fait cadeau d’une jolie robe. A sa grande surprise, Kady racontait que c’est sa maman qui lui a offert la robe. "Ce jour là j’ai vraiment réalisé le lien sacré qui lie l’enfant à sa mère" déclare Hamed. Les familles sont peuplées de gentils petits qui ne reconnaissent pas de limite à la puissance de leur mère. Cette Niélé et papou sont couchés devant leur case. Papou parle de tout et de rien. Niélé approuve tout. Soudain Papou se redresse et pointe son doigt sur la pleine lune : "Mâ ! Tu m’achèteras la lune demain au marché." D’une voix persuasive, mère Niélé répond : " j’achèterai "ta" lune demain". Papou émet un rire cristallin à la sonorité modulée sur la gamme très particulière que seuls les enfants savent utiliser pour récompenser leur mère d’être à leur diapason. Les sages ont raison. Dans nos communautés maliennes " n’den ta m’bâ sèguin né n’don". C’est vrai : impossible n’est pas maman. Dans certaine situation, la grand-mère ; maternelle ou paternelle ; joue le rôle de la maman. Cette situation arrive lorsque l’enfant est séparé prématurément de sa mère. Telle est l’histoire de Awa koné. Elle nous la raconte avec enthousiasme. Cette jeune fille est aujourd’hui employée de bureau. Elle a été élevée par sa grand mère paternelle depuis l’âge de quatre mois. Sa vielle grand mère représente tout . Elle s’est occupée d’elle, mieux qu’aurait fait une mère. "Je ne me souviens avoir envié mes camarades d’enfance. Ma grand mère se pliait en quatre pour subvenir à tous mes besoins raisonnables ou non jusqu’à ma majorité. » Awa Koné continue toujours de confier ses soucis à sa grand’mère. Les conseils reçus l’aident à éviter des erreurs. Aïssata TRAORé