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PostHeaderIcon Mare de Gossi : vitale MAIS...

Les années de grande crue font toujours planer une menace d’inondation sur la ville

Mare de Gossi : vitale MAIS...

La ville de Gossi est située au bord de la route nationale 6. Cette voie traverse le pays de Bamako, à Gao. Elle suit un axe sud-ouest/nord-est, parfois ouest-est, longeant plus ou moins le cours du fleuve Niger, en restant sur sa rive droite. C’est l’une des principales voies de transport du pays. Zone d’élevage par excellence, la cité de Gossi est aussi un carrefour entre le nord et le sud du Mali. C’est le chef lieu de la commune rurale de Gossi, dans le cercle de Gourma Rharous. La cité est ceinturée à moitié par une grande mare pérenne qui porte son nom. La légende de cette étendue d’eau remonte à des temps immémoriaux. Elle a servi de lieu de concentration de tous les animaux de la faune sauvage de l’écosystème du Gourma. Les lions, les girafes, les éléphants y cohabitaient en parfaite harmonie. Mais, la forte présence des hommes avec son corollaire de prédation a considérablement contribué à la disparition de ces espèces. Aujourd’hui, le pourtour de la mare de Gossi fait l’objet de convoitise entre les éleveurs, les pêcheurs venus d’ailleurs, et les habitants de Gossi. Si cette source d’eau est essentielle pour la vie dans la zone, elle représente aussi un danger pour les habitants de la ville, reconnaît l’édile de la commune, Moussa Ag Almouner. Pendant les périodes de sécheresse, on constate une affluence massive des hommes et des troupeaux autour de la mare. Les séjours de ces étrangers durent souvent longtemps, témoigne Mossa Abdoul Salam, éleveur à Gossi. C’est la période où l’on enregistre aussi beaucoup de maladies animales liées à la pollution de l’eau. Les hommes et les animaux boivent la même eau croupie provenant directement du plan d’eau. Même si l’on retrouve quelques puisards autour de la mare, ces ponts d’eau sont souillés à cause de la nappe alimentée par la mare, explique un technicien des services de santé de la commune. La ville de Gossi, malgré le potentiel hydrique dont elle dispose, est confrontée à d’énormes difficultés d’accès à l’eau potable. Le réseau d’adduction d’eau est vétuste et insignifiant. Elle satisfait à peine le 1/3 des abonnés. « Nous achetons le fût d’eau de 20 mètres cubes à 750 Fcfa », lance amèrement Mohamed Ould Sidi Amar, homme politique de la commune. Il fustige l’incapacité des autorités municipales à qui incombe la tâche, selon lui, de résoudre le problème d’eau potable à Gossi. Il évoque avec amertume les années de ravage des populations et des animaux par les épidémies liées à la consommation de l’eau de la mare.

HORS D’USAGE. Malgré les interventions des autorités politiques et administratives, la mare demeure toujours une menace pour la ville, avertit l’homme politique. En plus du danger quelle représente pour la santé publique, la mare menace d’inonder la ville chaque fois que des fortes pluies arrosent la contrée. Cette année les pluies ont été particulièrement abondantes dans la zone. Une partie de la ville a été envahie par la mare. La voie principale d’une longueur d’environ 1500 mètres, reliant le centre ville à la route nationale est hors d’usage. Aboubacrine Maïga, résident de la ville rappelle que depuis 1990 la mare de Gossi n’avait connu un tel débordement. « Si les pluies continuent, nous avons vraiment peur d’une catastrophe », s’inquiétait Ousmane Thiéo, sous-préfet de la commune, lors de notre passage en fin du mois de septembre dernier. La commune enregistre déjà des sinistrés à cause de la mauvaise campagne dernière. « Dieu merci, personne ne dor dehors à cause de l’inondation », se félicite le chef de l’administration locale. Aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée. Mais les jours à venir sont appréhendés dans une grande angoisse par les riverains de la mare. En effet un autre débordement risque de mettre en péril des biens, des vies humaines, si des dispositions adéquates ne sont pas prises. Les autorités administratives sont à pied d’œuvre, déclare Ousmane Thiéo pour faire face aux menaces d’inondation. « Il n’est pas facile de changer les habitudes des gens. Nous procédons par la sensibilisation d’abord. Ensuite, par la coercition, s’il le faut pour faire déguerpir ceux qui sont sous la menace d’un danger imminent, et qui refusent de partir », souligne l’administrateur. La mare de Gossi, malgré les services qu’elle peut rendre si elle est bien exploitée, est désignée aujourd’hui comme un voisin encombrant. L’exploitation rationnelle et rentable de la vaste étendue d’eau passe par le sur creusement de la mare, l’organisation et le contrôle des activités de pâturage et de pêche. Il est urgent de traiter l’eau aux fins de consommation. Cette entreprise, à cause de son importance et de son coût, implique les collectivités d’abord, mais aussi l’État et ses partenaires au développement. La ville de Gossi est riche de sa position de carrefour sur l’axe principal nord-sud du pays. Mais la localité peine à sortir des ténèbres du sous-développement. Il existe des infrastructures de base (écoles, centres de santé). Cependant il existe une insuffisance criarde de personnel qualifié à tous les niveaux. L’électrification de la ville est en cours avec l’appui de l’Agence malienne de l’énergie domestique et de l’électrification rurale (AMADER). La magie de l’électricité pourrait impulser le pas développement socio-économique à Gossi pour le bonheur des braves populations.