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PostHeaderIcon Situation au Nord : LES MARCHEUSES DE KATI REÇUES A KOULOUBA

Leur porte-parole a demandé aux jeunes de ne pas reprendre le mouvement aujourd’hui, le chef de l’Etat ayant promis de les rencontrer à nouveau ce vendredi

Situation au Nord : LES MARCHEUSES DE KATI REÇUES A KOULOUBA

La contestation des épouses, parents et amis des militaires engagés dans le nord, est encore montée d’un cran hier. Partie mardi de Kati et gagnant en violence au fil des jours, elle a débordé hier sur Bamako avec son cortège de rues jonchées de pierres et de pneus en feu. La manifestation qui a chamboulé la circulation de Bamako, ne s’est estompée que vers le petit soir. Les marcheurs ont vu leurs rangs grossis par des badauds et des délinquants attirés par la possibilité de profiter de troubles éventuels pour piller ou casser, notamment des stations d’essence. Les manifestants partis de Kati ont, eux, marché jusqu’à l’entrée officielle du palais de Koulouba. Ils ont ensuite été reçus par le président de la République, Amadou Toumani Touré. C’est aux environs de 9 heures, comme ils le font depuis deux jours, que les manifestants composés essentiellement de jeunes ont commencé à se regrouper pour finir par former une foule importante. Armés de bâtons et de pierres, ils saccagent, dans leur colère, la station implantée au carrefour des routes du Point G et de Kati et décident d’aller jusqu’au palais présidentiel. Les éléments des forces de l’ordre et sécurité dépêchés sur lieux, tentent de les contenir à coup de gaz lacrymogène. Le face à face durera plus d’une heure. Aux environs de 11 heures, ce sont les forces de l’ordre qui sont contraintes de battre en retrait. Les manifestants avancent d’une centaine de mètres pour se heurter à l’embranchement des routes de Kati et de Koulouba à un cordon de forces de l’ordre renforcé par des éléments du Groupement mobile de sécurité. La marche est stoppée non sans difficultés. Mais pas pour longtemps. Vers 11 h 50, des femmes de militaires venues également de Kati se joignent aux jeunes. Les manifestants forcent le barrage et reprennent leur progression. Plusieurs bâtiments situés sur leur chemin ont été évacués. A 12 h 05, les manifestants arrivent à la porte officielle du palais de Koulouba. Une délégation de six femmes est alors constituée. Le président de la République les reçoit au rez-de-chaussée avant de les conduire dans une des salles du palais. Après une trentaine de minutes d’entretien, le président décide de s’adresser directement aux manifestants. Après plusieurs tentatives, cette option fut abandonnée sur les conseils de forces de sécurité. On avait cru que les choses s’arrêteraient là. Mais les manifestants optent cette fois pour un sit-in qui durera encore plus d’une heure tandis que des hauts gradés de l’armée tentaient de les raisonner. Le président de la République accorda alors une deuxième audience, cette fois, à une dizaine de femmes. L’entretien a duré environ 45 minutes. A leur sortie, les représentantes des manifestants ont exprimé leur satisfaction. « Nous avons expliqué au chef de l’Etat que c’est l’absence d’information qui nous fait mal. Aussi, il faut qu’on donne les moyens à nos époux et enfants qui ont choisi le métier des armes. Nous ne sommes pas contre la mort d’un militaire, mais quand on l’envoie sur un champ de guerre, il faut lui donner les moyens d’accomplir sa mission. Nous avons demandé donc que le président mette les moyens à la disposition des combattants, notamment de la nourriture et des armes », a expliqué Mme Coulibaly Oumou Konaté, la porte-parole de la délégation, qui a invité les jeunes au calme. Elle leur a aussi demandé de ne pas reprendre le mouvement aujourd’hui, le chef de l’Etat ayant promis de les rencontrer ce vendredi. Pendant ce temps, à Bamako, les événements étaient plus confus, divers groupuscules semblant se croiser sans coordination. La rumeur aidant, une certaine psychose des pillages s’est répandue, provoquant la fermeture de nombreux commerces, incitant des Bamakois à rentrer chez eux. La police a dispersé à l’aide de gaz lacrymogènes, les groupes qui tentaient de barrer les rues mais rien de véritablement grave n’était survenu à notre connaissance.