L’incidence et la propagation du Vih/Sida sont importants chez les exclus au plan social, culturel et économique
Dans le cadre de la Journée mondiale de lutte contre le sida, l’Union malienne des associations et comités des femmes handicapées (UMAPH) et la plate-forme "Handicap et Vih/Sida" en collaboration avec l’Ong "Handicap International" ont organisé une conférence-débat samedi à la Maison des aînés. "La stigmatisation, un frein dans la prévention et la prise en charge des personnes handicapées face au Vih/Sida, était le thème de la rencontre où on notait la présence du représentant de la direction nationale du développement social, de la solidarité et des personnes âgées, Issiaka Coulibaly, de la présidente de l’UMAPH et vice-présidente de la plate-forme "Handicap et Vih/Sida", Mme Djikiné Hatouma Gakou. Le représentant de "Handicap International", Mamadou Kéita, et le président de la Fédération des associations des personnes handicapées (FEMAPH), Adama Diakité, étaient également présents. La conférence s’est employée à renforcer les connaissances sur le handicap et le Vih/Sida, sensibiliser les différents acteurs pour une meilleure inclusion des personnes handicapées dans la réponse au Vih/Sida et développer un plaidoyer pour des mesures spécifiques de prévention et de prise en charge des personnes handicapées, afin de réduire leur vulnérabilité face au Vih/Sida. La vice-présidente de la plate-forme "Handicap et Vih/Sida", a souligné le problème posé par la vulnérabilité des femmes handicapées. Les risques de la maladie sont liés à l’accouchement et surtout, à la stigmatisation, l’exclusion, la pression sociale et surtout les violences physiques et sexuelles exercées sur celles-ci, a-elle noté. Les femmes handicapées sont, en effet, victimes de violences du fait de leur fragilité, leur vulnérabilité et surtout leur extrême pauvreté, a résumé Mme Djikiné Hatouma Gakou. Le représentant de Handicap international a confirmé que sa structure et la plate-forme "Handicap et Vih/Sida" portaient le projet de « renforcement des initiatives locales dans la lutte contre le Vih/Sida en faveur des personnes handicapées ». L’opération vise non seulement à sensibiliser la société à la vulnérabilité des personnes handicapées, mais aussi à renforcer l’approche et mettre un accident particulier sur cette couche sociale. Le président de la Fédération des associations des personnes handicapées a constaté le haut niveau de l’incidence et de la propagation du Vih/Sida chez les plus exclus sur le plan social, culturel et économique. Dans notre pays, a souligné Adama Diakité, de multiples efforts ont été déployés par l’État et les partenaires au développement, mais il est nécessaire et vital de redoubler d’ardeur dans la lutte contre le fléau. Ce combat, a souhaité Adama Diakité, doit être accentué pour les exclus et surtout les personnes handicapées. La dimension du handicap doit également être prise en compte dans l’offre des services de la prévention, du dépistage, du traitement et de la prise en charge. Le président de la FEMAPH s’est félicité que notre pays ait étendu la couverture de l’accès universel à la prévention. Ainsi de 29.260 malades initiés en 2009, le chiffre est passé à 32.575 cette année. Des progrès similaires ont également été enregistrés dans la création des centres de dépistage volontaire (CDV). Ils sont passés de 260 unités en 2009 à 370 cette année, a-t-il noté. Adama Diakité a admis que depuis la découverte du premier cas de sida au Mali en 1984, la situation épidémiologique du Vih est devenue une préoccupation des autorités. Environ 70% des millions de personnes à travers le monde infectées par le Vih/Sida vivent en Afrique sub-saharienne, a-t-il relevé. Créée en 1999, l’Union malienne des associations et comités des femmes handicapées s’attache à coordonner les activités de l’Union, développer un plaidoyer pour la prise en compte des femmes handicapées dans les programmes de développement et favoriser l’insertion sociale, professionnelle et économique de la femme handicapée.