Le forum de Bamako vise à promouvoir un dialogue constructif sur les politiques de santé, en associant les parlementaires, les gouvernements et les partenaires techniques et financiers sur l’évaluation de la maladie en Afrique
Le paludisme est un problème mondial de santé publique aux conséquences dévastatrices. Chaque année, il tue plus d’un million de personnes en Afrique. Les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes paient le plus lourd tribut à cette maladie. Face à ce triste constat les pays de l’Afrique de l’ouest se sont engagés dans un vaste programme de lutte contre cette maladie. Après la rencontre des chefs de l’Etat à Abuja qui a permis de réorienter les objectifs spécifiques de réduction de la maladie, ce sont les parlementaires et la société civile qui se mobilisent. A cet effet, les parlementaires d’Afrique de l’ouest et du centre se sont donnés rendez-vous à Bamako à travers un forum régional sur la question. La cérémonie d’ouverture de la rencontre a eu lieu hier à l’hôtel Salam. Sous la présidence du Premier ministre, Modibo Sidibé. Elle s’est déroulée en présence du président de l’Assemblée nationale, Dioncounda Traoré, de la directrice exécutive du partenariat : « Faire reculer le paludisme », Prof. Awa Marie Coll-Seck, des membres du gouvernement. Outre les parlementaires, la rencontre de Bamako regroupe d’experts, de chercheurs et des représentants des institutions internationales engagées dans l’éradication du paludisme. Ce forum marque un tournant décisif dans la lutte contre le paludisme en Afrique de l’ouest et du centre, car il reste moins d’une année aux pays africains pour réaliser les objectifs 2010 visant à fournir de manière performante et abordable des moyens de protection et des traitements antipaludiques à toutes les personnes à risque. Initié par l’Assemblée nationale, en partenariat par le projet « Les Voix du Mali », ce forum analysera pendant trois jours, la situation du paludisme et les actions communes à mener pour éradiquer cette pandémie. A exactement 170 jours de l’échéance des objectifs « Roll back malaria » fixés à Abuja par les chefs d’Etats africains en 2000 et de l’appel du Secrétaire général des Nations unies pour la couverture universelle des interventions de lutte contre le paludisme, il est impérieux d’intensifier la lutte. Ainsi, il reste 5 ans pour réaliser les Objectifs du millénaire. En Afrique l’accélération de la lutte s’est matérialisée par la distribution massive de moustiquaires imprégnées, la pulvérisation intra domiciliaire, le traitement et la prise en charge adéquate des malades de paludisme. Cela a permis de réduire de plus 60 % les décès liés à cette maladie. La directrice exécutive du partenariat « Faire reculer le paludisme », a développé les raisons qui ralentissent la lutte contre de fléau. Selon la spécialiste, la prévention du paludisme sauve plus de vies par dollar dépensé et à un impact plus important sur la santé en Afrique sub-saharienne que toutes les autres actions en matière de santé. Le présent forum a pour but de mobiliser les dirigeants, hommes et femmes de pouvoir dans chaque pays endémique en Afrique, a dit Prof. Awa Marie Coll-Seck.
UN PARTENARIAT CONFIRME. Le président de l’Assemblée nationale, en souhaitant la bienvenue aux parlementaires des 25 pays de la sous-région présents à ce forum, a expliqué cette rencontre constitue un défi majeur pour les élus du peuple. « Pour nous élus du peuple, cette rencontre est porteuse d’espoir. Car, il s’agit d’intensifier la lutte à travers un partenariat entre les pouvoirs exécutifs et législatifs. Nous allons veiller à l’augmentation du budget national annuel octroyé à la santé, conformément aux résolutions prise par les chefs d’Etat à Abuja. L’Assemblée nationale du Mali est prête à faire partir du peloton de tête pour la croisade contre le paludisme », a explicité Dioncounda Traoré en sollicitant l’adhésion des partenaires techniques et financiers. La réussite du combat contre le paludisme dépendra du degré de mobilisation des fonds et de l’engagement soutenu des partenaires technique et financiers. La Banque islamique de développement (BID) est consciente de cette réalité. C’est pourquoi l’institution bancaire a octroyé des fonds aux pays endémiques pour la lutte contre cette pandémie. Il s’agit pour le représentant de la BID, Dr. Daouda Mallé d’une nouvelle stratégie de l’institution financière qui vise à aider le continent à atteindre les Objectifs du millénaire à travers le programme spécial pour le développement de l’Afrique (PSDA). Le Premier ministre a félicité les élus de la nation pour l’organisation cette importante rencontre. Modibo Sidibé a expliqué que l’implication des parlementaires dans cette lutte est la preuve que l’éradication du paludisme est en marche en Afrique. « Votre forum, loin d’être un forum de plus vise à promouvoir un dialogue constructif sur les politiques de santé, en associant les parlementaires africains, les gouvernements et les partenaires techniques et financiers à vos assises sur l’évaluation des endémies majeures comme le paludisme en Afrique. Votre expertise est un atout pour assurer une allocation adéquate des ressources budgétaires à la lutte contre de fléau dans les pays endémiques », a t-il insisté, exhortant les parlementaires à cerner les différents contours de la problématique du paludisme. Pendant trois jours, les parlementaires africains s’imprégneront de la problématique de la lutte contre le paludisme à travers les exposées d’éminents professeurs venus d’Afrique, d’Europe et des Etats-Unis. Ils analyseront les cadres législatifs et réglementaires de nos pays en matière de lutte contre le paludisme et proposeront des solutions pour l’éradication du fléau.