Le phénomène de la circulation anarchique des armes est en net recul dans trois cercle de la Région de Kayes grâce au projet Armes contre développement. Les conflits entre communautés sont également en diminution
Au cours des deux dernières décennies, l’Afrique de l’ouest a été le théâtre de nombreux conflits armés. Ceux-ci sont favorisés dans une large mesure, par la circulation anarchique des armes légères et leur détention illicite par des civils. Pour diminuer ou contrôler la circulation de ces armes, divers projets ont été initiés dans notre pays et dans la sous-région. Le projet Armes contre développement (ARCODEV) de Kayes fait partie de ces initiatives. Il a organisé voilà une dizaine de jours, un atelier de vulgarisation des textes législatifs et réglementaires en vigueur dans notre pays sur les armes légères et de petit calibre. Cette session était destinée aux agents de l’Administration, élus locaux, forces de sécurité, services paramilitaires (Douane et Eaux et forêts), artisans fabricants d’armes et vendeurs d’armes. L’atelier s’est attaché à conseiller, appuyer et former ces acteurs locaux sur les procédures d’acquisition et de restitution d’armes, à éclairer sur la problématique de la prolifération des armes légères dans notre pays et dans la sous-région, à capitaliser et diffuser les acquis du projet ARCODEV. Les experts de la Commission nationale de lutte contre la prolifération des armes légères (CNLPAL) qui ont animé l’atelier, ont mis la journée à profit pour expliquer les enjeux de la prolifération de ces armes et la menace que celle-ci représente pour le développement de nos pays. Les participants ont écouté un exposé sur la loi n°04-050 du 12 novembre 2004 régissant les armes légères et munitions en République du Mali et le décret n°05-441/P-RM du 13 octobre 2005 portant modalités d’application de cette loi. La session a aussi été l’occasion de parler des institutions créées au Mali et en Afrique de l’Ouest pour le contrôle des armes légères et de petit calibre, et du rôle et des responsabilités de chacun dans l’application de ces textes. Le coordinateur du projet, le commandant d’aviation Souleymane Dembélé, a expliqué la stratégie d’appui du projet. Celle-ci repose sur le transfert des compétences techniques aux acteurs locaux pour assurer la durabilité de l’impact du programme. Un accent particulier est donc mis sur le renforcement des compétences et capacités techniques des acteurs et groupes d’acteurs afin qu’ils puissent maîtriser les textes législatifs et réglementaires relatifs aux armes légères dans notre pays. Le gouverneur de la Région de Kayes, le colonel Mahamadou Maïga qui présidait la cérémonie d’ouverture des travaux a souligné le gros travail abattu par la Commission nationale de lutte contre la prolifération des armes légères avec l’appui de la société civile et des partenaires au développement. Ces actions ont déjà permis de récupérer des milliers d’armes dans le pays. Il a aussi salué les efforts déployés par la Commission nationale pour sensibiliser et informer les populations sur les dangers que constituent les armes légères. Ces efforts sont soutenus par la CEDEAO à travers son programme de contrôle des armes légères dénommé ECOSAP. La lutte contre la prolifération des armes légères dans notre espace sous-régional ne peut, en effet, réussir qu’à travers une collaboration franche, loyale et soutenue entre les États et la société civile. Le chef de l’exécutif régional a assuré que depuis son lancement en 2007, le projet Armes contre développement de Kayes a notablement contribué à améliorer l’environnement sécuritaire dans la Région de Kayes en général et particulièrement dans les trois cercles où il intervient. Ainsi, le trafic des armes et leur détention illégale par les particuliers reculent régulièrement. En effet, à force de multiplier les séances d’information, de sensibilisation, de communication et d’éducation, les mentalités changent et l’on enregistre des restitutions d’armes légères. A travers des activités de formation et la réalisation de micro-projets en faveur des communautés partenaires, ARCODEV a contribué à donner aux habitants des zones transfrontalières l’espoir d’une vie sereine. Les résultats de l’évaluation SEPO (succès, échecs, potentialités, obstacles) ont montré que les circuits habituels empruntés par les trafiquants d’armes ont été abandonnés dans le cercle de Kéniéba. On assiste aussi à une diminution sensible des conflits entre les communautés dans la zone. Bref, le projet évolue dans un contexte de prise de conscience générale des populations quant aux dangers de la détention et de la prolifération des armes légères de petit calibre. A l’issue de l’atelier, de nombreuses recommandations ont été faites : l’extension du projet à toute la Région de Kayes, la mise en place de commissions régionale, communales et locales, l’adoption d’une stratégie de communication plus vigoureuse à travers les leaders d’opinion et les radios de proximité. Les participant ont préconisé de réhabiliter ou de réactiver les activités des bureaux militaires des cercles, de renforcer les capacités des militaires en charge des magasins d’armement. L’atelier a aussi recommandé la construction de nouveaux magasins d’armement correspondant aux normes édictées en la matière. La création de nouveaux postes de sécurité sur la ligne frontalière et le renforcement de ceux existant déjà figurent également parmi les recommandations.
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Sécurité transfrontalière : MALIENS ET SENEGALAIS PARTISANS D’UN DIALOGUE PERMANENT
La commune de Saraya dans le département de Kédougou au Sénégal vient d’abriter une rencontre transfrontalière entre notre pays et le Sénégal. Cette rencontre visait à renforcer les relations de bon voisinage entre les deux pays pour la sécurité et le développement des zones frontalières. La délégation malienne était conduite par le conseiller aux affaires sociales du gouverneur de la Région de Kayes, Moussa Aly Maïga. Dans la nouvelle vision de la mise en œuvre pratique de l’ECOSAP, le programme de la CEDEAO pour le contrôle des armes légères, les commissions nationales du Mali et du Sénégal ont développé respectivement le projet Armes contre développement (ARCODEV) et le Projet pour la réduction des armes légères au Sénégal (PRAS). Cette démarche a pour objectif de mettre en synergie les efforts afin de lutter efficacement contre la prolifération des armes légères et de petit calibre. La rencontre de Saraya a regroupé plus de cent participants maliens et sénégalais. Pendant les deux jours qu’elle a durés, plusieurs thèmes ont été développées : la problématique des armes légères en Afrique de l’Ouest, la coopération transfrontalière, gage de paix et de développement, le rôle des médias dans la sensibilisation pour la non prolifération des armes légères et de petit calibre. L’atelier d’information et de communication a permis aux acteurs étatiques et à la société civile travaillant sur la sécurité transfrontalière, aux communautés installées de part et d’autre de la frontière, de débattre franchement de la sécurité transfrontalière. Au terme de la rencontre, des mesures ont été préconisées pour améliorer la sécurité et le développement des zones frontalières, notamment l’instauration d’un dialogue permanent entre les autorités des deux pays chargées de la sécurité à la frontalière, des mesures communautaires de part et d’autres (écoles communes, marché commun et…). A la fin des travaux, le chef de la délégation malienne, Moussa Aly Maïga, a remercié les autorités sénégalaises et la population de Saraya pour leur accueil chaleureux et a invité tous les acteurs (civiles, militaires, Etats) à s’impliquer davantage dans la lutte contre la prolifération des armes légères et de petit calibre. Le représentant du gouverneur de Kédougou a, lui, salué cette initiative et souhaité qu’elle soit pérennisée. Le coordinateur du projet Armes contre développement (ARCODEV) de Kayes, le commandant Souleymane Dembélé, s’est dit très satisfait des résultats de cette rencontre transfrontalière. « Nous sommes vraiment satisfait de ceux jours d’échanges et de partage entre Maliens et Sénégalais. Je souhaite que les populations de part et d’autre s’engagent davantage pour consolider les acquis », a-t-il ajouté. La rencontre était placée sous l’égide des commissions nationales de lutte contre la prolifération et la circulation illicite des armes légères. Elle s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de projets à impact rapide financé par le programme ECOSAP et de la convention de la CEDEAO sur les armes légères et de petit calibre et matériels connexes, signée en juin 2006 à Abuja et entrée en vigueur le 30 septembre 2009.