Bien positionnée géographiquement et administrativement, cette commune a pourtant peu bénéficié d’interventions en nutrition. Elle est jugée vulnérable par la direction nationale de la santé
Au Mali un enfant meurt toutes les 15 minutes à cause de la malnutrition et 36 800 enfants décèdent chaque année des conséquences de ce fléau. Selon la dernière enquête nutritionnelle réalisée en juin-juillet 2011, la malnutrition aigue est estimée à 8,4%, la malnutrition aigue sévère à 1,3% et celle modérée à 7,1% dans le District de Bamako. Cela représente 6.500 enfants maigres par an en Commune V, dont 1000 enfants extrêmement maigres qui nécessitent une assistance immédiate. C’est pour lutter contre cette tendance que la Croix rouge malienne en collaboration avec la Croix rouge française et l’Unicef a engagé un projet dénommé « prise en charge et prévention de la malnutrition aigue et introduction de nouvelles technologies de rapid-SMS pour le système de suivi nutritionnel en commune V du District de Bamako ». Le projet a été lancé jeudi au centre de santé de référence de la Commune V sous la présidence de la représentante du gouverneur du District, Mme Diallo Fanta Siby, et en présence du représentant de l’Unicef, responsable des programme nutrition, Denis Garnier, du secrétaire exécutif de la Croix rouge malienne (CRM), Mamadou M. Traoré, de la déléguée de la Croix rouge française au Mali, Sophie Goudet, du représentant du maire de la Commune V, Moussa Timbiné et de plusieurs partenaires techniques et financiers. Le projet vient en appui à la prise en charge et à la prévention de la malnutrition en Commune V. Il va s’employer à réduire la morbidité des enfants de 6 à 59 mois et permettre, par ses résultats positifs, d’améliorer la prise en charge médico-nutritionnelle de cette tranche d’âge. Il favorisera également l’introduction des connaissances sur les pratiques familiales essentielles chez les populations. Le projet va utiliser de nouvelles technologies de la communication (rapide SMS) pour la collecte et la transmission des données de malnutrition. Pendant 6 mois 44 361 personnes bénéficieront des activités : 41 102 enfants de 6 à 59 mois seront dépistés, 2 977 enfants de la même tranche d’âge malnutris aigus modérés et 164 enfants malnutris aigus sévères. Durant la même période, 3205 personnes bénéficieront de l’éducation aux pratiques familiales essentielles, 36 volontaires de la Croix rouge malienne et 18 agents de santé seront formés. Mme Diallo Fanta Siby a sollicité la participation des structures de santé et des services techniques concernés par le projet avant de souhaiter que des actions similaires se multiplient dans tout le pays. Elle a assuré que les interventions du projet seront menées en collaboration avec les chefs de quartier, les conseillers communaux, les autorités sanitaires et le comité communal de la CRM par une implication effective de ses volontaires qui seront chargés de la détection rapide des malnutris, de la sensibilisation du public sur les pratiques familiales essentielles. Sophie Goudet a relevé que la Commune V, pourtant bien positionnée géographiquement et administrativement, a peu bénéficié d’interventions en nutrition et est considérée comme vulnérable par la direction nationale de la santé. Cela s’explique par son accroissement démographique et la présence en son sein de quartiers défavorisés. L’extension de ce projet au niveau national dépendra des résultats obtenus à chaque phase d’où l’élaboration d’un plan stratégique, a-t-elle précisé. Ce plan vise un appui direct de 9 centres de santé de la Commune V, l’installation d’un réseau de volontaires de la CRM formés et assignés aux activités et l’introduction de la collecte nutritionnelles par envoi d’informations via SMS. Mme Diallo Fanta Siby a estimé que le projet allait apporter un impact global en matière de santé et de nutrition. Financé à 80% par l’Unicef, le projet va coûter plus de 77 millions de Fcfa.