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PostHeaderIcon Liaison « mixte » : PAS TOUJOURS CELLE RêVée

Vivre avec un homme « blanc », tel est le souhait de nombreuses jeunes filles maliennes. Mais dans beaucoup de cas, l’aventure se termine dans une désillusion totale

Liaison « mixte » : PAS TOUJOURS CELLE RêVée

Le couple mixte, l’homme « blanc » et sa copine noire, traduit le rêve de réussite sociale de nombreuses jeunes filles dans notre pays, surtout dans notre capitale. Les nuits, dans de nombreux temples de loisir de Bamako, sont animées aussi par ces couples atypiques et noctambules. Vivre avec un homme « blanc » est donc devenu le rêve inavoué de nombreuses jeunes filles maliennes. Lorsqu’elles en ont l’occasion, elles foncent sans arrière-pensée. Même si en fin de compte l’aventure se termine dans une désillusion totale, le grand désespoir. Le prince charmant blanc, détenteur de la corne d’abondance, est retourné dans son pays d’origine. Il s’est révélé un égoïste profiteur des charmes de la belle malienne. Les cas sont nombreux où le séducteur fortuné, originaire de l’Occident riche de toutes les merveilles et des promesses infinies de bonheur, s’en retourne chez lui, abandonnant "femme" et parfois "enfant". Ces affabulateurs ne se donnent pas le souci de faire bénéficier à leurs maliennes lâchées les avantages du filet social. Qu’est ce qui encourage ce phénomène de chasser l’amant blanc ? La plupart de nos interlocutrices sont motivées par la perspective d’aller vivre à l’étranger dans des meilleures conditions de vie. Tous les moyens sont bons pour y arriver. Certaines jeunes filles ne jettent leur dévolu que sur l’homme "blanc". Les rencontres de ce genre peuvent réussir ou finir très mal pour la jeune fille. Malgré tout la tendance de capter "son blanc" ne faiblit pas dans les cercles des jeunes maliennes décidées à se lancer à la conquête de l’occident. Elles ne sortent plus qu’avec les « blancs ». C’est le chemin le plus court pour atterrir en France, en Allemagne ou ailleurs en Europe. Il est reconnu que l’aspect financier motive les jeunes filles et même leurs familles. Mais le fait de vivre avec un homme blanc est considéré comme un privilège, une grandeur. Ces couples mixtes et heureux sont dans les discothèques, les rues, les marchés. Ils sont devenus incontournables dans le paysage bamakois. Loin de nous l’idée d’être raciste. Nous n’avons rien contre cette union entre une femme noire et homme « blanc ». Cette union ne devrait pas poser problème si elle est fondée sur un amour vrai. L’amour n’a pas de couleur. Il ne définit pas une race. Un jour, une personne rencontre sa moitié et le doux feu commence à consumer leur coeur. Le langage du cœur ne connaît pas de connotation raciste. La plupart des "blancs" arrivent sur le sol malien comme coopérants pour une période déterminée. Une fois leur mission achevée, ils sont obligés de retourner chez eux, où leurs femmes et leurs enfants les attendent. Quelques expatriés célibataires en arrivent au mariage après quelques mois de relation amoureuse avec leur malienne. Voilà l’aubaine recherchée par les jeunes élégantes. Ces hommes ont souvent des arrière-pensées. Ils convolent en noces et emportent leurs épouses sans laisser de trace de vie. Plusieurs mois après les parents de la nouvelle mariée se rendent compte que leur fille a disparu dans son nouveau pays d’adoption. L’adresse laissée par le mari blanc se révélera fausse. Cette mésaventure est arrivée à la fille de Mme Keïta Fadima.

désespérée- Cette mère désespérée raconte l’histoire pathétique de sa fille, que nous appellerons Alice. Elle était universitaire quand elle rencontra "son prince blanc". La maman soutient qu’Alice aurait connu son ami à travers Internet. Quelque temps après, le mystérieux amant est venu spécialement au Mali pour mieux connaître Alice. Et comme dans le conte Alice et son prince charmant ont vécu plus d’un mois de romance. Avant de regagner son pays d’origine l’étranger, qui ne pouvait plus se passer de son amie malienne, décidera d’officialiser leur union. Les fiançailles furent célébrées et le blanc retourna dans son pays. Six mois plus tard le fiancé toubab est revenu auprès de sa femme. Après le mariage, le couple décidera d’aller vivre en Europe. La famille Keïta depuis le jour du départ de leur fille n’a plus reçu de ses nouvelles. "Alice n’a plus fait signe de vie. Elle n’a ni téléphoné, ni écrit" murmure sa maman les larmes aux yeux. Cette mère éplorée avait pourtant tenté de joindre sa fille deux jours après son départ. À la grande surprise de Fadima, une vieille dame blanche avait décroché le téléphone à l’autre bout du fil dans la ville européenne. Cette interlocutrice ne connaissait ni Alice, ni son mari. Pire la voix lointaine expliqua qu’elle n’a pas de fils. Elle raccrocha en faisant remarquer que Fadima s’était trompée de numéro." La peur et toutes sortes de questions submergèrent la pauvre mère d’Alice. Elle avait bel et bien appelé le numéro et l’adresse que son soi-disant gendre leur avait communiqué" explique-t-elle triste. La mère désorientée sonna l’alarme. Elle informa ses connaissances qui vivent en France. Ceux-ci à leur tour ont contacté l’ambassade du Mali, mais sans succès. Tout laisse à croire que le jeune homme « blanc » qui est venu séduire Alice appartenait à un réseau de proxénètes. Inconsolables, Fadima et son époux se sont rendus en France plusieurs fois " Dieu m’est témoin, nous avons tout fait pour retrouver notre fille, mais jusque-là elle reste introuvable" affirme cette mère désorientée. Dont le regard en dit long sur sa souffrance. Comme Alice, Anna aussi est une victime des arnaqueurs blancs. Cette femme malchanceuse est aujourd’hui clouée sur une chaise roulante, ayant perdu ses deux jambes Anna. Elle raconte son calvaire. Anna avait épousé un homme « blanc ». Le couple ira vivre au pays du « blanc ». Contrairement à Alice tout se passa très bien pour elle. Anna avait connu le grand bonheur pendant un bon moment. Après un an d’union la jeune fille contracta une grossesse. " J’étais très fragile. Je me suis retrouvée paralysée à la suite de mon accouchement." confie une Anna très triste. Les médecins lui avaient annoncé qu’ elle ne pourrait plus jamais marcher. Pour se débarrasser de son épouse, son inconscient de mari l’a convaincue de revenir au Mali consulter les traditionalistes. Accompagnée de son époux Anna débarqua à Bamako. Le couple avait placé leur fils sous la garde de sa grand-mère. "J’ai compris tardivement que mon faux mari voulait se débarrasser de moi" martèle t-elle. En effet un jour l’époux blanc d’Anna est venu lui demander ses papiers pour aller confirmer la date de leur retour au service des visas de l’ambassade de son pays au Mali. Depuis ce jour, il y a presque 4 ans, elle n’a plus jamais revu son inconscient de mari. Notre dernier témoin est Awa dont l’amant Blanc est rentré après lui avoir fait miroiter le pays aux milles merveilles. Elle a aujourd’hui du mal à réintégrer son milieu social et à subvenir à ses besoins alimentaires. Malgré ces mésaventures des jeunes filles naïves sont toujours nombreuses à rêver d’une liaison avec un "Blanc". "A chacune sa chance" se disent-elles pour conjurer le sort. Mais prudence !