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PostHeaderIcon Les ministres africains de l’Environnement réunis à Bamako : DANS L’ANTICHAMBRE DES NEGOCIATIONS DE DURBAN

L’Afrique doit consolider sa position commune pour peser sur les décisions qui sortiront des négociations prévues en décembre prochain

Les ministres africains de l’Environnement réunis à Bamako : DANS L’ANTICHAMBRE DES NEGOCIATIONS DE DURBAN

Notre capitale abrite depuis hier la quatrième session extraordinaire de la Conférence des ministres africains de l’Environnement (CMAE). La rencontre s’est ouverte au Centre international des conférences de Bamako (CICB) sous la présidence du Premier ministre, Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé. A la cérémonie d’ouverture, on notait la présence de plusieurs membres du gouvernement, dont le ministre de l’Environnement et de l’Assainissement, Tiémoko Sangaré, qui est le président en exercice de la CMAE. Parmi les autres personnalités présentes, l’on peut retenir la commissaire de l’Union africaine à l’agriculture et au développement rural, Rhoda Peace Tumusine, l’envoyé spécial de la Banque mondiale, Andrew Steer, le secrétaire exécutif de la Convention pour la lutte contre la désertification, Luc Niakadia, la directrice du Fonds mondial pour l’environnement (FEM), Monique Barbi, et la responsable des Nations Unies pour le développement de l’environnement (UNED), Amina Mohamed. A quelques encablures du début des négociations sur les changements climatiques prévues à Durban, en Afrique du sud, le continent africain doit définir une position commune pour peser sur les décisions qui, au lieu de propositions concrètes et contraignantes, se sont toujours limitées à des consensus mous. Ne participant à la destruction de la couche d’ozone qu’à hauteur de 3%, l’Afrique paie pourtant le plus lourd tribut aux effets du réchauffement de la terre. Compte tenu de la complexité des négociations, on n’enregistre aucune proposition allant en faveur de réelles actions de protection et d’adaptation aux effets des changements climatiques.

PRAGMATISME ET REALISME. Après l’échec du sommet de Copenhague (Danemark) en 2009 et celui de Cancun (Mexique) en 2010 qui n’a pas fait mieux, l’Afrique doit maintenant faire preuve de pragmatisme et de réalisme, a estimé la directrice du FEM. Le continent ne doit plus beaucoup attendre des autres, a ainsi préconisé Monique Barbi. Le Fonds mondial pour l’environnement est la plus importante source de financement des projets et programmes de protection de l’environnement et d’adaptation aux changements climatiques depuis 20 ans, a-t-elle indiqué. On estime à 500 milliards de Fcfa, le montant consenti par le FEM pour le financement de 2700 projets dans 167 pays. Soit une subvention annuelle de 150 milliards de Fcfa. Malgré cet effort consenti, le financement du domaine reste très faible au regard des défis qui attendent l’Afrique. Evoquant les crises économiques et financières qui frappent les principaux bailleurs de fonds de l’organisme onusien avec en tête, les Etats-Unis, l’Allemagne, l’Angleterre et la France, Monique Barbi prévoit un ralentissement des financements dans les années à venir. C’est pourquoi la présente réunion de Bamako doit servir aux pays africains à imaginer des solutions simples et pratiques, a-t-elle estimé, avant d’insister sur la nécessité de mettre en place un Fonds vert. Ce Fonds devra jouer un rôle de coordination des investissements. Les efforts doivent être aujourd’hui concentrés sur la simplification des procédures de décaissement en travaillant d’arrache-pied pour obtenir des financements, a estimé de son côté l’envoyé spécial de la Banque mondiale, Andrew Steer. Avec une économie basée essentiellement sur le secteur primaire (l’agriculture occupe 70% de sa population), le continent africain doit beaucoup investir dans les projets de développement vert, a indiqué Andrew Steer. Il a aussi recommandé l’accélération de l’électrification tournée vers des technologies moins polluantes qui sont aujourd’hui disponibles. A ce cet effet, pourquoi ne pas profiter de l’immense potentiel hydrique, s’est interrogé le fonctionnaire international, réaffirmant le soutien total de la Banque mondiale à l’Afrique. UN COMBAT DE LONGUE HALEINE. Faisant suite à la 17è session ordinaire de l’Union africaine tenue du 30 juin au 1er juillet, à Malabo (Guinée Equatoriale), la présente session se penchera sur la forme juridique d’un accord sur le climat, la nécessité de trouver une meilleure option après le protocole de Kyoto et la mobilisation de fonds sûrs et nécessaires au financement de la lutte contre les changements climatiques sur le long terme. Elle devra également renforcer et consolider la position commune africaine de négociation avant l’échéance de Durban. D’autres préoccupations telles que l’élimination de la pauvreté, le cadre institutionnel du développement durable, l’instauration d’une économie verte et la gouvernance internationale en matière d’environnement, doivent faire l’objet de discussions. En ouvrant la rencontre, le Premier ministre a salué la participation de qualité des pays africains à la session. « L’Afrique s’est beaucoup investie ces dernières années dans la lutte pour un développement durable planétaire », a noté Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé. En effet, a-t-elle souligné, depuis une décennie, le continent est partie prenante de toutes les initiatives, tous les engagements qui, à l’échelle internationale, militent pour une meilleure protection de l’environnement. L’Afrique a adhéré à de nombreux accords et protocoles multilatéraux et adopté les déclarations des grandes concertations organisées par les Nations Unies. Le Forum africain sur le développement durable que notre pays s’apprête à accueillir en octobre prochain, marquera une étape importante de ce combat de longue haleine, a souligné le chef du gouvernement. Invitant les participants à une analyse approfondie des dossiers, Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé a assuré de sa conviction qu’hier comme aujourd’hui, la réussite du développement durable tant pour l’Afrique que les autres continents, passe forcement par une lutte efficace et solidaire contre les changements climatiques.