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PostHeaderIcon Les frères prédateurs de Kalabancoro (suite) : DANS LA GUEULE DU LOUP ?

Il s’est rendu de lui-même à la gendarmerie pour porter plainte contre les frères Mounékata. Mais ses réponses aux questions des gendarmes feront peser des soupçons sur lui. Il serait impliqué dans plusieurs agressions

Les frères prédateurs de Kalabancoro (suite) : DANS LA GUEULE DU LOUP ?

Nous avons eu le pressentiment que les deux articles publiés dans deux nos éditions de la semaine dernière ne constitueraient pas l’épilogue du feuilleton policier qu’il convient désormais d’appeler « l’affaire des frères Mounékata ». Le dossier est très complexe. Les interventions pour un allègement des charges contre les prévenus étaient devenues nombreuses. Les habitants de Kalabancoro s’en sont rendus compte. Ils ont juré de s’opposer de toute leur force à la relaxe des prévenus. Comme nous l’écrivions la semaine dernière, l’arrestation des frères Mounékata ne s’est pas déroulée sans difficulté. L’aîné des suspects, qui fut dans un passé récent, un élément des commandos parachutistes avait férocement résisté et déployé toute sa science du combat au corps à corps lors de son interpellation. « Nous avons senti qu’il fallait utiliser d’autres moyens pour le neutraliser. Et n’eut été l’intervention des populations, je me demande si l’on allait pas faire usage de nos armes », confesse un agent qui était sur le terrain. Le policier ajoute que « nous n’étions pas très nombreux. Lorsque Aboubacar Mounékata a été neutralisé, il fallait disperser la foule déterminée à le lyncher sur place. Ce qui n’était pas facile. Nous avons été encerclés par plusieurs dizaines de personnes. Elles voulaient à tout prix nous empêcher de sauver la vie du jeune homme. Nous avons tenté de l’extraire de la cohue, mais la foule qui faisait semblant de nous écouter, continuait à frapper avec tout ce qui lui tombait sous la main. Nous avons eu toutes les peines du monde pour l’extraire des mains des assaillants et de les éloigner, lui et son jeune frère garde. » Aboubacar Mounékata est mort sur la route de l’hôpital. Son jeune frère a survécu. Mais les populations ne voulaient pas voir l’affaire se terminer en queue de poisson. Elles ont assiégé la gendarmerie pendant deux jours et barré la route. La boutique de produits de beauté qui appartenait aux frères a été brûlée. Les habitants s’en prendront ensuite à celle d’un certain Kébé (différent de Kaba que certains appellent par le même nom). Dans son audition, Bakary avait donné le nom d’un certain Issiaka Keita. Il a affirmé que cet ingénieur et frère d’un officier supérieur était partie prenante dans toutes leurs opérations. Les gendarmes ont naturellement cherché à le coincer. Issiaka Keita n’a pas attendu longtemps pour se manifester. Dès la parution de notre premier article, il s’était rendu de lui même pour porter plainte contre les frères Mounékata. Il les accusait de l’avoir braqué une fois et de lui avoir retiré une moto. Confronté à son accusateur, des indices apparents de sa complicité dans certaines agressions sont apparus aux gendarmes. Les enquêteurs lui ont fait part de ces indices compromettants à son encontre. Ils l’ont placé en garde à vue. L’ingénieur est soupçonné de connaître la cache de l’arme utilisée par les frères Mounékata pour perpétrer beaucoup de crimes. Cette arme se trouverait dans une voiture vendue par Bakary Mounékata avec la complicité de Issiaka Keita, qui est lui-même vendeur de pièces détachées. Une de nos sources nous révèle que les frères Mounékata ont pu intégrer les corps habillés de notre pays, grâce à une intervention décisive d’un officier supérieur, un parent de Issiaka Keita. Ce dernier, las des actes d’indisciplines répétés de ses protégés ne s’était pas opposé à leur radiation de l’armée et de la garde nationale. La citation de Issiaka Keita dans les procès verbaux d’audition de Bakaridian serait un acte de vengeance contre cet ancien protecteur qui les aurait laissé tomber. Notre source estime que Bakaridian ne voulait pas couler seul. Aussi a t-il voulu entraîner Issiaka dans sa chute. Le truand ne sait pas que les gendarmes sont convaincus que l’ingénieur est bel et bien le complice des deux grands bandits. L’arrestation des deux malfrats a fait remonter la côte de confiance des gendarmes de Kalabancoro aux yeux des populations. A l’Essor nous avons reçu des appels de certains officiers. Ils affirment n’etre, ni de loin ni de près, en accord avec les collègues venus intercéder en faveur des bandits et que nous avons vus à la brigade territoriale de gendarmerie de Kalabancoro. « Ce sont des gens (ces officiers) qui ne savent pas ce qu’il font. Ils doivent laisser la justice suivre son cours » conseillent nos interlocuteurs au téléphone.

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Sogoniko : UN FÂCHEUX QUIPROQUO

La mairie de Sogoniko ne cesse d’enregistrer des histoires rocambolesques. L’opinion se souviendra longtemps du jeudi 19 mars 2009. Ce jour là une certaine, Sadio Gakou, drapée dans sa robe de mariée avait dit « non » à son « futur époux » Djanguiné Konté, devant l’officier d’Etat civil de Sogoniko. Mais, le temps du chagrin n’a pas duré longtemps pour le jeune homme. Dès la nouvelle connue, une autre fille, la providentielle Mariam Kanté se proposa pour prendre la place. A l’époque, la nouvelle avait rapidement fait le tour du pays. Dans les « grins » comme dans les familles, le fait extraordinaire était commenté. Chacun ajoutant sa pincée de sel. Partout, tout le monde se posait la même question : qu’est-ce-qui a poussé cette fiancée à dire non à son « futur époux » ? Face à la situation, le jugement de la population avait été unanime « La fiancée a humilié son « futur époux » et Dieu lui a donné aussitôt une autre femme, plus belle ». Dans les jours qui suivront des pagnes frappés à l’effigie du nouveau couple furent vendus comme des petits pains à travers le pays. Au moment où la population de Sogoniko s’apprêtait à oublier cette fâcheuse trahison de dernière minute, des faits semblables viennent de se produire dans la même mairie. En effet, Dimanche 08 janvier dernier, une autre fiancée s’est rebiffée au moment de la signature de l’acte de mariage. Selon les informations recueillies sur place, la jeune femme a refusé de signer l’acte de mariage parce que son fiancé a opté pour la polygamie. Les célébrations de mariage ont explosé depuis deux mois, à Bamako et à travers le pays. Les jeudis, samedis et dimanches sont les jours les plus sollicités pour officialiser les unions devant le maire. Ainsi, de la mi-novembre à ce jour, des centaines de couples ont défilé devant le maire pour officialiser leur union. En réalité, les 18, 22, 25 décembre et le 01, 08 janvier 2012 ont été les jours choisis par la grande majorité des Bamakois pour célébrer les mariages. Ces jours là, à Bamako le rituel était immuable aux alentours des mairies. Une fois la cérémonie officielle terminée devant l’officier d’état-civil, d’imposants cortèges s’ébranlent. Ils sont constitués de belles voitures ornées de guirlandes. Devant les voitures une horde de cascadeurs insouciants se livrent à des imprudences sur la voie. Ils sont perchés sur des deux roues de toutes cylindrées. Ils prennent possession des principales artères de la ville. La vedette du jour, la jeune mariée, arbore une robe digne des plus beaux contes de fées. Sa coiffure et son maquillage étaient bien soignés. Ce dimanche 08 janvier, à la mairie de Sogoniko, les parents et amis d’un nouveau couple furent assommés. Les fiancés étaient sortis de la mairie sans avoir signé l’acte de mariage. Le maire, après avoir informé le couple sur le contenu du code de mariage, interrogera le marié sur le choix du régime matrimonial du couple. Le jeune homme répondit qu’il optait pour la polygamie. Cette affirmation sonna comme une bombe dans l’oreille de la jeune fille. Elle riposta violemment à son « futur mari » en ces termes. « Tu as dit polygamie ? Je ne suis pas d’accord », a elle violement lancé. L’officier d’Etat civil était sidéré. Le couple ne s’était-il pas consulté sur ce sujet avant de venir à la mairie. La fiancée répondit « On était plutôt d’accord sur la monogamie et je ne sais pas pourquoi il a changé d’avis maintenant ». Comprenant bien la situation, le maire isola le couple dans une autre salle pour discuter calmement du sujet. Cette décision sage de l’édile n’arrangea en rien la situation. Une violente discute éclata dans la salle d’isolement. Quelques minutes plus tard, la mariée sortit en sanglotant. Elle se dirigea vers ses tantes qui la remirent dans une voiture. Le fiancé également très abattu a rejoint ses parents et ses amis. Il expliqua que l’ex future mariée refusait de signer l’acte de mariage tant qu’il n’optera pas pour la monogamie. C’est dans ce cafouillage que la foule se dirigea vers la mariée. Certains essayaient de la convaincre d’autres lui donnaient des coups. Une bagarre rangée éclata entre les deux camps qui s’accusaient mutuellement. Les fiancés se quittèrent à la mairie dans des voitures différentes. Chaque semaine, les officiers d’Etat civil sont confrontés à des dissensions de dernière minute qui éclatent entre plusieurs nouveaux couples sur l’option matrimoniale.

D. DJIRE