SOCIETE

PostHeaderIcon L’Essor titre « de la belle ouvrage » : QUELLE (BELLE) HISTOIRE !

Le titre de notre article d’hier sur l’inauguration de la route de Kangaba – « De la belle ouvrage » - nous a valu une avalanche de coups de téléphone de lecteurs intrigués par cette formule et parfois déçus et très fâchés de ce qu’ils considéraient comme une faute commise par un journal qu’ils tiennent en haute estime pour sa tenue.

L’Essor titre « de la belle ouvrage » : QUELLE (BELLE) HISTOIRE !

Dans le cas d’espèce, si nous sommes fautifs c’est d’avoir employé une expression effectivement peu usitée (sauf au Canada) qui pouvait désorienter les lecteurs. Qu’ils reçoivent nos excuses pour cela. Grammaticalement cependant, il n’y a pas eu faute comme tous les bons dictionnaires en attesteront. « Ouvrage » est toujours masculin sauf dans cette expression populaire qui signifie : « du bon travail ». Deux explications sont fournies pour cette exception. La première se réfère à la poésie toujours soucieuse de rime, de sonorité et d’harmonie, même au prix de quelques acrobaties. Les lycéens se souviennent certainement du fameux « percé jusques au fond du cœur … ». Dans le parler habituel, on dit bien ainsi « un bel homme » et non « un bon homme » pour éviter la peu élégante collision de deux sons de voyelles ouvertes. « De la belle ouvrage » aurait donc été forgé simplement pour que ça sonne mieux. La deuxième explication est aussi logique. Elle indique que le parler populaire a transformé « le bel ouvrage » en « la belle ouvrage » lorsque l’expression était utilisée à propos de travaux dits féminins comme la couture ou la dentelle. L’expression aurait ainsi été féminisée pour coller à son objet. Pas de regrets en définitive pour l’épisode de « la belle ouvrage » puisqu’il nous a permis de converser avec nombre de lecteurs que nous remercions de leur vigilance et d’une soif d’apprendre que nous partageons avec eux. Il nous a donné l’opportunité de creuser un sujet inattendu et, finalement, passionnant et, surtout, de nous hisser un peu vers le haut. Ce qui est la vocation fondamentale du journal.