Les jeunes africains de l’ère post coloniale ont expliqué à leur hôte leurs préoccupations et leurs espérances
Le CICB a abrité samedi une conférence de restitution de la rencontre du président des États-Unis, Barack Obama, avec les jeunes leaders africains, à laquelle trois de nos compatriotes avaient pris part dans la capitale américaine. Le ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Maïga Sina Damba, et de nombreux invités ont assisté à cette restitution organisée par l’ambassade américaine, en partenariat avec les membres de la délégation malienne. On se rappelle que le président américain avait invité 120 jeunes leaders africains à une conférence qui s’est tenue du 3 au 5 août dernier à Washington DC. Notre pays était représenté à ce rendez-vous par Fatoumata Amadou Sangho, présidente de l’Association pour le développement de l’Afrique (ADA-Mali), Fatimata Traoré, vice-présidente de la Jeune chambre internationale de Bamako élite (JCI) et Mariam Diallo Dramé, coordinatrice régionale et animatrice de langue française en Afrique subsaharienne du Réseau international de connaissances sur les femmes en politiques (iKNOW politics). La conférence a eu lieu successivement à la Maison-Blanche, au département d’État ainsi qu’en d’autres lieux dans la région de Washington, avec des dirigeants américains du monde des affaires et des représentants d’organisations non gouvernementales. Les participants, venus de 46 pays, représentaient tous les milieux sociaux. L’un des principaux événements de la conférence a été une réunion débat avec Barack Obama, qui s’est tenue à la Maison-Blanche, où le président a prononcé une allocution d’une dizaine de minutes, avant d’annoncer à son auditoire : "Je ne suis pas censé être le seul à parler. Je veux entendre ce que vous avez à dire". "Vous êtes les héritiers de la génération de l’indépendance que nous célébrons cette année, a indiqué le président américain aux participants. Grâce à leurs sacrifices, vous êtes nés dans des États africains indépendants". Les représentantes du Mali ont expliqué les préoccupations de la jeunesse (sécurité alimentaire, emploi, santé, éducation, corruption) sans oublier la liberté de la presse, les nouvelles technologies, le renforcement de la société civile. Les jeunes Africains ont été édifiés sur les volontaires du Corps de la Paix, une initiative du président John F. Kennedy. Depuis 1960, les États-Unis envoient des volontaires dans plusieurs pays, dont le nôtre, pour assister les populations locales dans les secteurs-clés de développement (éducation, agriculture, santé, parmi tant d’autres). L’assistance du CICB a assisté à des projections vidéo sur la rencontre. Des interventions ont porté sur la participation malienne et le suivi de la rencontre de Washington DC. Il faut relever que la première question au président Obama a été posée par Fatoumata Amadou Sangho sur l’organisation de la rencontre. Barack Obama a répondu en substance : "Je veux être certain que vous aurez l’occasion de faire connaissance les uns avec les autres parce que vous pouvez vous épauler mutuellement dans vos tentatives et vos combats pour un meilleur avenir pour vos pays". Fatoumata Amadou Sangho propose des solutions globales aux problèmes de l’Afrique. Fatimata Traoré préconise de valoriser l’entrepreneuriat, ses responsabilités. Mariam Diallo Dramé estime qu’il faut renforcer le pouvoir économique des femmes. Elle a souligné la nécessité pour les jeunes de s’engager dans la vie publique. Ces trois jeunes femmes souhaitent s’accorder avec les autres composantes de la jeunesse pour constituer un réseau et contribuer au développement du pays et du continent. "Nous comptons sur vous pour que cette rencontre puisse déboucher sur des projets", a souhaité Mme Maïga Sina Damba. Le ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille a relevé la similarité des thèmes abordés avec le contenu de la déclaration de la jeunesse africaine lors du sommet Afrique-France de Bamako. Des thèmes pris en compte par les Objectifs pour le développement du millénaire. La directrice des Affaires Publiques de l’ambassade des États-Unis, Kathleen Peoples, s’est inscrite dans la continuité de la rencontre de Washington : « C’est aux jeunes de s’engager en tant qu’espoirs des générations futures pour bâtir un pays démocratique et prospère ».