SOCIETE

PostHeaderIcon Intégration régionale : LE FONCIER RURAL EN CATALYSEUR

Certains pays du Sahel et d’Afrique de l’Ouest possèdent d’importantes ressources naturelles dont la mise en valeur est limitée par des contraintes de manque de main d’œuvre qualifiée, coût élevé de l’énergie, instabilité socio-politique et inadaptation de la législation en la matière.

Intégration régionale : LE FONCIER RURAL EN CATALYSEUR

Une solution serait de recourir à d’autres pays présentant des avantages comparatifs. La mobilité des populations et le caractère transfrontalier de certaines ressources naturelles comme les eaux, les terres, les forêts et la biodiversité renforcent ce besoin de s’appuyer sur l’intégration. C’est dans cette optique que le secrétaire général du ministère de l’Agriculture, Moussa Léo Sidibé, a présidé lundi à la Maison des aînés, une conférence débat sur le foncier rural comme facteur d’intégration, le thème choisi cette année pour célébrer la Journée du Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS), célébré le 12 septembre de chaque année. L’objectif de cette Journée est de sensibiliser les Etats membres, leurs habitants et la communauté internationale sur la nécessité et l’importance de l’intégration régionale dans le développement durable des pays du Sahel et d’Afrique de l’ouest. Par ce thème, le CILSS invite les Etats et tous les acteurs à lever les contraintes liées à la gestion du foncier pour faire de l’intégration régionale, un facteur de développement et d’épanouissement des populations. Le directeur général de l’Institut du Sahel, Antoine Somé, a profité de cette occasion pour illustrer le thème de la gestion foncière, par un exemple touchant directement à la construction du siège de l’INSAH. Le terrain attribué à cet effet a subi une forte pression foncière et « de 10 ha au début, puis de 7 ha, on se retrouve de nos jours avec une portion de 2 ha », a-t-il déploré. Plus généralement, l’évaluation de la situation réalisée par le CILSS montre que la question foncière reste dominée par la persistance et l’approfondissement des situations de crises foncières, avec pour conséquence une insécurité alimentaire aussi bien en milieu rural qu’urbain. Moussa Léo Sidibé note que l’espace sahélien est confronté à de nouvelles questions liées au développement de l’agrobusiness avec des conséquences sur la consommation d’espace et la marginalisation des communautés pauvres. C’est dans ce cadre qu’il a exhorté les institutions et les services à analysé la sécurité foncière, l’accès équitable aux ressources naturelles, la décentralisation et le foncier, de l’agriculture durable pour trouver des solutions aux problèmes posés. L’intégration, estime-t-il, ne peut se réaliser sans une gestion adéquate des problèmes fonciers. « Bien géré, le foncier rural peut accélérer l’intégration régionale mais mal géré il sera un échec et tout progrès pour un mieux-être des populations sahéliennes et ouest africaine sera compromis », a-t-il indiqué. L’un des mandats du CILSS est de poursuivre le processus d’élaboration d’une feuille de route pour la mise en œuvre d’une charte foncière sous-régionale avec l’ensemble des acteurs de l’UEMOA et de la CEDEAO. Moussa Léo Sidibé a appelé les participants à réfléchir aux axes de sensibilisation des Etats membres du CILSS et de la CEDEAO pour qu’ils investissent davantage dans la résolution des problèmes fonciers. Ces débats inciteront, de son point de vue, les Etats à adopter des politiques foncières saines répondant aux aspirations des populations sahéliennes et ouest africaines. Les participants débattront de deux thèmes : « pression démographique, pression foncière et intégration régionale au sahel et en Afrique de l’Ouest rural » et « la loi d’orientation agricole du Mali ». En marge de l’événement, le Premier ministre, Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé, a présidé samedi dernier une cérémonie de plantation d’arbres sur le site qui accueillera le futur siège de l’Institut du Sahel à Sotuba. Elle a demandé à l’institut d’édifier une clôture pour protéger l’espace.