Le ministre de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, Sadio Gassama, a présidé mardi à l’école nationale de police une réunion consacrée à la situation sécuritaire à Bamako. C’était en présence de responsables et officiers de la police, de la gendarmerie et de la garde nationale. Malgré les multiples efforts de recrutement, le bilan 2009 de la lutte contre le banditisme dans le district de Bamako laisse à désirer. La police nationale embauche 750 agents par an. Les mêmes efforts sont relevés à la gendarmerie et à la garde nationale. Le public, lui, peine à percevoir l’impact de ces recrutements massifs sur sa tranquillité au quotidien. Des actions menées par les forces de sécurité ont pourtant permis de traquer et d’arrêter des bandits ces mois derniers. Mais dans le même temps, le phénomène de la délinquance semble gagner en ampleur car il ne se passe pas de jour sans que l’on apprenne que des bandits ont commis tel acte crapuleux dans un des quartiers de Bamako. Ces forfaits se passent, la plupart du temps, non loin de nos forces de sécurité. De tout ceci, le général Gassama a parlé dans son introduction face à des interlocuteurs à la mine grave. On se rappelle qu’il y a quelques mois, le ministre avait déjà interpellé les directeurs de service sur la question. La rencontre de mardi était destinée à discuter avec les acteurs de terrain des freins à la résolution des problèmes sécuritaires à Bamako, des difficultés auxquelles sont confrontées les forces de l’ordre dans leur combat contre le banditisme, des propositions de sortie de crise. Chacun était appelé à s’exprimer, à proposer. Les commissaires des 15 arrondissements qui sont en première ligne, furent aussi les premiers à se jeter à l’eau. Les cas d’insécurité qu’ils ont relevés sont divers : meurtres, vols qualifiés, braquages, détention illégale d’armes à feu, consommation de stupéfiants. Les commissariats organisent, tant bien que mal, des patrouilles qui ont permis d’arrêter des bandits, de démanteler des bandes et de retrouver des objets volés. Les auteurs ont été déférés devant le parquet des communes du district. Les difficultés soulignées à ce propos par les commissariats, sont analogues : les auteurs de ces forfaits sont des repris de justice et, pourtant, à peine en prison, ils sont relaxés et commettent les mêmes actes crapuleux. Il faut aussi, de leur point de vue, résoudre les problèmes logistiques, de carburant pour faire fonctionner les véhicules de patrouille et étoffer les effectifs des unités pour parvenir à stopper la progression de l’insécurité à Bamako. Des solutions concrètes ont été proposées, notamment par le contrôleur général de la brigade anti-criminalité, Billal Sow. Il suffit, assure-t-il, de rendre opérationnelle 24 heures sur 24 l’unité dont il a la charge. Le chef de la BAC se propose d’installer 2 équipes sur chaque rive du fleuve Niger.Le manque de collaboration du grand public et l’inadéquation entre l’appareil répressif et la montée de la criminalité ont été évoqués par nombre de chefs de brigade comme des freins à l’éradication du phénomène. Le commissaire divisionnaire de la compagnie de circulation routière, Mohamed Koureïchi, a requis l’autonomie de son service compte tenu des sollicitations dont il fait l’objet. Le problème des véhicules immatriculés CH ou arborant de fausses plaques apparaît comme un vrai casse-tête qu’il est urgent résoudre. Les mêmes problèmes ont été soulevés par la gendarmerie et la garde nationale au cours de la rencontre.