SOCIETE

PostHeaderIcon Habitat social : LE NŒUD GORDIEN DU FINANCEMENT

La salle de conférence du Centre d’appui aux mutuelles, associations et sociétés coopératives (CAMASC) a abrité mardi dernierun préparatoire au forum national sur le financement de l’habitat social.

Habitat social : LE NŒUD GORDIEN DU FINANCEMENT

Les travaux étaient dirigés par le président de la Fédération nationale des sociétés coopératives d’habitat du Mali (Fenascoh), Moussa Koné. L’atelier a regroupé les représentants des 110 coopératives d’habitat membres de la Fenascoh, de la Confédération québécoise des coopératives d’habitat (Socodevi), de l’Office malien de l’habitat, du Haut conseil des collectivités, de l’Assemblée nationale du Mali et d’organisations non gouvernementales. Organisée par la Socodevi en partenariat avec la Fenascoh, les ONG Ader et And Defar, la session avait pour thème "Le financement de l’habitat social". Les participants étaient appelés à définir un modèle de développement des coopératives d’habitat pour le Mali, établir les grandes orientations et les priorités d’action du secteur des coopératives d’habitat du Mali et adopter une stratégie de plaidoyer en vue du financement de l’habitat social. Moussa Koné s’est félicité de la mobilisation des coopératives d’habitat pour la cause car, dira-t-il, il y a un bénéfice à être solidaire dans la recherche des solutions aux problèmes récurrents et cruciaux de logement pour les ménages à revenus faibles ou intermédiaires. La présente session a été l’occasion pour le partenaire canadien (Socodevi) de présenter les résultats d’un sondage effectué auprès de 91 coopératives d’habitat membres de la fenescoh. Le sondage établit que les unions de coopératives souffrent d’un manque de ressources financières du fait que les banques ne leur accordent pas de crédit. À cela s’ajoutent des facteurs comme l’inadéquation des ressources et le manque de ressources longues à taux concessionnels, le défaut d’épargne et d’apport personnel chez les coopérateurs, l’absence de politique en matière d’épargne et de garantie, la non-application de la bonification et l’insuffisance des techniques de financement ou de construction appropriée. Appuyés sur ce diagnostic, deux schémas de financement ont été développés par la Socodevi afin de remédier aux problèmes des unions de coopératives. Le premier sollicite l’appui de l’État et dégage les avantages comparatifs de ce partenariat par rapport à d’autres méthodes d’interventions étatiques. Pour financer l’habitat, le rapport propose le versement d’un apport personnel des coopératives et la copropriété immobilière. Cette manière de construire apparait la plus adaptée à la frange des membres des coopératives d’habitat ne possédant pas de terrains et n’ayant pas la capacité financière de verser un apport personnel conséquent ou qui ont des revenus faibles. Pour le financement bancaire qui permet l’auto construction assistée comme moyen de montage et de réalisation des projets des coopératives d’habitat, deux hypothèses ont été développées : primo, un programme immobilier avec terrain acquis auprès de l’État et sans apport personnel ; secundo, un programme immobilier avec terrain acquis auprès de l’État mais avec un apport personnel requis. Le premier cas de figure n’est pas accessible actuellement aux coopérateurs. L’épargne logement serait mieux indiqué pour les coopérateurs, estime le rapport. Les exposés ont fait ressortir la nécessité pour les coopératives d’explorer de nouvelles pistes comme la possibilité d’accepter de nouveaux modèles de construction ou de financement comme la copropriété immobilière, les logements évolutifs. Il convient aussi de développer la culture de l’épargne et de favoriser la mise en place d’un fonds de garantie.