La problématique de la réinsertion des migrants et autres candidats à l’exile demeure une préoccupation dans la sous-région en général et dans notre pays en particulier.
La question était au centre d’une rencontre régionale dont les travaux se sont déroulés mardi à l’hôtel Massaley. Le Délégué général adjoint aux Maliens de l’extérieur, Dianguina dit Yaya Doucouré en a présidé la cérémonie d’ouverture. C’était en présence du représentant régional de l’Organisation internationale des migrations pour l’Afrique de l’ouest et du centre, Abye Makonnen. Le conseiller politique de l’Union européenne dans notre pays, Richard Hands et plusieurs autres invités ont pris part à l’ouverture de la rencontre. Dénommé "Conférence finale", la réunion a débattu de l’ensemble des paramètres régissant le phénomène de la migration sur le continent africain en général et dans la sous-région en particulier. Plusieurs sujets figuraient sur l’agenda dans la conférence, notamment l’importance du réseautage et de la société civile dans les pays d’origine, les procédures de pré-départ et la situation des candidats à l’émigration clandestine dans les pays de transit, le rôle des gouvernements des pays d’origine et de la société civile en matière de sensibilisation des jeunes. Le projet de stratégie nationale du Mali en matière d’accueil et d’appui à la réinsertion sociale et économique à l’endroit des migrants de retour et les résultats du programme Limo figuraient également au menu des débats. Il est admis que le phénomène de la migration est favorisé par l’envie de la jeunesse d’aller à la recherche d’une vie meilleure. Plusieurs facteurs concourent à ce départ pour d’autres cieux : le manque d’emplois et de repères économiques, la déscolarisation ou la déperdition scolaire, le chômage chronique et l’appât du gain rapide sous-tendu par des images d’ailleurs. L’Organisation internationale des migrations a décidé d’assister les migrants à travers le programme Assistance au retour volontaire et la réintégration, dénommé « Programme Limo » qui a démarré en avril 2009. Ce programme qui visait environ 2250 migrants dont 800 Maliens est soutenu par un financement de l’Union Européenne, des gouvernements d’Italie, du Royaume Uni et de la Suisse. Le programme Limo consiste à assister les migrants pour leur faciliter le retour dans leur pays d’origine et mieux appuyer leur réinsertion dans la vie active. La rencontre du mardi a permis de présenter les enseignements appris au cours de ce programme Limo. Selon Abye Makonnen, le mécanisme du retour volontaire et de la réintégration est un des services principaux de gestion de la migration proposés par l’OIM. De son point de vue, ses programmes sont conçus afin d’offrir une alternative humaine et durable aux migrants vulnérables qui demandent l’assistance de l’OIM pour rentrer dans leur pays d’origine. Le conseiller politique de l’Union européenne Richard Hands a indiqué que le financement de l’UE contribue au développement d’une coopération régionale dans le cadre de la gestion des flux migratoires dans les pays d’origine, de transit et de destination des migrations, dans la perspective une approche globale sur les migrations. Pour Richard Hands, les résultats atteints par le programme sont importants à capitaliser et peuvent ainsi alimenter la réflexion sur la question. En expliquant les raisons de la tenue de cette conférence dans notre pays Dianguina dit Yaya Doucouré a dit que le Mali est devenu une étape importante dans les itinéraires des candidats à l’émigration clandestine vers l’Europe. Cela en raison de sa position géographique entre l’Afrique subsaharienne et le Maghreb.